1. L’amnésie environnementale et le monde de l’immédiateté
Comment nous avons perdu nos propres repères vis-à-vis de notre environnement
Pages 15 à 25
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- DUBOIS, Philippe J.,
- Dubois, Philippe J..
- Dubois, P.-J.
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Notes
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[*]
Nous entendons ici par « environnement », la nature au sens large : les milieux naturels, les espèces qui les peuplent et les interactions humaines avec ses communautés.
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[1]
Pauly, D., « Anecdotes and the shifting baseline syndrome of ficheries », Trends in Ecology and Evolution, 10 : 430, 1995.
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[2]
Turvey, S.T., Barrett, L.A., Yujiang, H., Lei, Z., Xinqiao, Z., Xianyan, W., Yadong, H., Kaiya, Z., Hart, T, Ding, W., « Rapidly shifting baselines in Yangtze fishing communities and local memory of extinct species », Conservation Biology, 24 :778-87, doi : 10.1111/j.1523-1739.2009.01395, 2010.
-
[3]
Kahn Jr., P.H., « Children’s affiliations with nature : structure, development, and the problem of environnemental generational amnesia » in Kahn, P.H. et Kellert, S.T., Children and Nature : Psychological, Sociocultural, and Evolutionary Investigations, MIT Press, 2002.
-
[4]
Papworth, S.K., Rist, J., Coad, L. et Milner Gulland, E.J., « Evidence of shifting baseline syndrome in conservation », Conservation letters 2 : 93-100, 2009.
Avant de s’engager dans l’exploration des conséquences de la solastalgie et de son avatar l’éco-anxiété sur notre vie, il est nécessaire de se pencher sur les causes environnementales qui les génèrent. L’une des caractéristiques de l’espèce humaine est sa capacité à oublier le passé. Précisément une certaine forme du passé, liée à son environnement, à l’expérience quotidienne de ce qui l’entoure (tandis que la mémoire historique collective est conservée dans les livres et apprise dès le plus jeune âge).
Le premier à avoir ouvert le champ d’investigation sur cette « amnésie environnementale » est le biologiste marin franco-américain Daniel Pauly, dans un court article publié en 1995 sur un sujet a priori anodin puisqu’il s’agissait des pratiques de pêche et de la façon dont les scientifiques les appréhendaient au fil du temps. Cet auteur montre ainsi que chaque chercheur travaillant sur l’évaluation des stocks de poissons prend comme base les stocks qu’il observe au début de son travail (ou de sa carrière) pour évaluer d’éventuels changements quantitatifs et qualitatifs (temps T). À la génération suivante, les stocks se sont évidemment modifiés, mais c’est ce nouvel état (T + 1) qui sert de référence pour l’évaluation et la gestion des stocks de poissons. Il en résulte que les modes d’exploitation passés et les tendances de longue durée d’évolution des stocks sont souvent ignorés quand il s’agit de formuler des recommandations en matière de gestion. Celles-ci ne considèrent donc ni la richesse initiale du système de pêche antérieur, ni le phénomène de surpêche, par exemple…
Date de mise en ligne : 14/03/2025
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