Chapitre 5. Mobutu, allié stratégique de la France au cœur de l’Afrique
- Par Maurin Picard
Pages 417 à 426
Citer ce chapitre
- PICARD, Maurin,
- BORREL, Thomas,
- BOUKARI-YABARA, Amzat,
- COLLOMBAT, Benoît
- et DELTOMBE, Thomas,
- Picard, Maurin.
- Picard, M.
- T. Borrel,
- A. Boukari-Yabara,
- B. Collombat
- et T. Deltombe
https://doi.org/10.3917/ls.colle.2021.01.0417
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- Picard, M.
- T. Borrel,
- A. Boukari-Yabara,
- B. Collombat
- et T. Deltombe
- Picard, Maurin.
- PICARD, Maurin,
- BORREL, Thomas,
- BOUKARI-YABARA, Amzat,
- COLLOMBAT, Benoît
- et DELTOMBE, Thomas,
https://doi.org/10.3917/ls.colle.2021.01.0417
Paris, 27 mars 1969. Le président congolais Joseph-Désiré Mobutu rencontre son homologue français Charles de Gaulle au palais de l’Élysée. La visite est une consécration pour un Mobutu en quête de reconnaissance internationale. D’autant que Paris et Kinshasa reviennent de loin. Depuis l’indépendance de l’ex-Congo belge en 1960, le gouvernement français a tout misé sur un autre dirigeant, Moïse Tshombé, président de la république séparatiste du Katanga, ramenée dans le rang par les troupes de l’ONU en janvier 1963. Paris a même cru voir cette politique porter ses fruits en avril 1964 lorsque Tshombé hérite, un peu par défaut, du poste de Premier ministre congolais.
Mais les espions et les diplomates français ont commis l’erreur de sous-estimer le colonel Mobutu, qui s’impose, grâce au soutien de la CIA, comme le dirigeant incontesté de ce pays grand comme cinq fois la France. Lorsque les services de renseignement américains appuient son coup d’État, le 24 novembre 1965, Mobutu pousse à l’exil Moïse Tshombé. La France prend désormais la mesure du nouvel homme fort du Congo. L’ambassadeur Jacques Kosciusko-Morizet résume le discours fondateur prononcé par Mobutu : celui-ci appelle à « balayer la politicaille », incite à « se retrousser les manches », geste à l’appui, et promet de « rester au pouvoir pendant cinq ans ».
La France tarde pourtant à choisir son camp. L’« homme des Américains » ne peut raisonnablement être jugé digne de confiance. En juillet 1967, Paris incite le mercenaire français Bob Denard, alors colonel de l’armée nationale congolaise, à appuyer une insurrection qui vise à évincer Mobutu et placer Tshombé au pouvoir…
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