Chapitre 8. Manipulation française au Biafra
- Par Benoît Collombat
Pages 309 à 319
Citer ce chapitre
- COLLOMBAT, Benoît,
- BORREL, Thomas,
- BOUKARI-YABARA, Amzat,
- COLLOMBAT, Benoît
- et DELTOMBE, Thomas,
- Collombat, Benoît.
- Collombat, B.
- T. Borrel,
- A. Boukari-Yabara,
- B. Collombat
- et T. Deltombe
https://doi.org/10.3917/ls.colle.2021.01.0309
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- Collombat, B.
- T. Borrel,
- A. Boukari-Yabara,
- B. Collombat
- et T. Deltombe
- Collombat, Benoît.
- COLLOMBAT, Benoît,
- BORREL, Thomas,
- BOUKARI-YABARA, Amzat,
- COLLOMBAT, Benoît
- et DELTOMBE, Thomas,
https://doi.org/10.3917/ls.colle.2021.01.0309
Notes
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[1]
Préfet de police de Paris de 1958 à 1966, ministre du Budget de 1978 à 1981, condamné dans les années 1990 à dix ans de réclusion pour complicité de crimes contre l’humanité concernant son rôle pendant l’occupation nazie.
2 août 1968. Des trémolos dans la voix, le présentateur vedette de l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française), Pierre Sabbagh, implore les Français : « Je vous en prie, madame, monsieur, ne tournez pas le bouton de votre téléviseur ! En 1945, vous aviez dit, comme moi : “Plus jamais ça !” Quoi “ça !” ? Le génocide ! Aujourd’hui, un génocide est en cours au Biafra ! » Le journaliste ne se contente pas d’attirer l’attention des téléspectateurs sur les images insoutenables d’enfants squelettiques, le ventre gonflé par le manque de nourriture. Il les exhorte à faire des dons à la Croix-Rouge pour venir en aide aux habitants de cette province orientale du Nigéria qui a proclamé son indépendance le 30 mai 1967.
Derrière cet appel à la générosité populaire se cache une vaste intoxication médiatique de la « cellule africaine » de l’Élysée, sous la houlette de Jacques Foccart et des services spéciaux français qui, depuis plusieurs mois, soutiennent clandestinement la rébellion sécessionniste biafraise en guerre contre le pouvoir fédéral de Lagos.
Pendant toute la durée de cette guerre d’influence (juin 1967-janvier 1970), tous les coups sont permis s: en s’appuyant sur ses deux bases logistiques principales, la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest, et le Gabon en Afrique centrale, Paris envoie secrètement au Biafra des mercenaires, livre quantité d’armes et organise une propagande cynique en instrumentalisant dans le même mouvement la presse et les associations humanitaires…
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