Chapitre 1. De la loi-cadre Defferre à la Communauté : les rails institutionnels du néocolonialisme
Pages 219 à 230
Citer ce chapitre
- YOUDJI TCHUISSEU, Ghislain
- et DELTOMBE, Thomas,
- BORREL, Thomas,
- BOUKARI-YABARA, Amzat,
- COLLOMBAT, Benoît
- et DELTOMBE, Thomas,
- Youdji Tchuisseu, Ghislain.
- et al.
- Youdji Tchuisseu, G.
- et Deltombe, T.
- T. Borrel,
- A. Boukari-Yabara,
- B. Collombat
- et T. Deltombe
https://doi.org/10.3917/ls.colle.2021.01.0219
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- Youdji Tchuisseu, G.
- et Deltombe, T.
- T. Borrel,
- A. Boukari-Yabara,
- B. Collombat
- et T. Deltombe
- Youdji Tchuisseu, Ghislain.
- et al.
- YOUDJI TCHUISSEU, Ghislain
- et DELTOMBE, Thomas,
- BORREL, Thomas,
- BOUKARI-YABARA, Amzat,
- COLLOMBAT, Benoît
- et DELTOMBE, Thomas,
https://doi.org/10.3917/ls.colle.2021.01.0219
Le roman national français présente les réformes coloniales entreprises par le gouvernement à la fin des années 1950 comme un moyen de préparer l’indépendance des territoires d’outre-mer. Certains historiens spécialistes des questions coloniales valident ce récit en se focalisant sur les avancées « démocratiques » de la loi-cadre Defferre et de la Communauté. La loi-cadre Defferre, mise en œuvre par la IVe République finissante entre 1956 et 1957, comme la Communauté, instaurée par la Ve République naissante entre 1958 et 1959, constitueraient les ultimes « étapes dans le processus d’émancipation » des colonies africaines de la France.
Un examen rigoureux de ces deux dispositifs, législatif et constitutionnel, incite pourtant à nuancer cette interprétation, qui fait la part belle aux dirigeants français. S’ils témoignent de la volonté de ces derniers d’« anticiper les événements », ces deux dispositifs sont loin de confirmer la volonté des gouvernements français d’accompagner les colonisés vers l’indépendance. L’objectif réel de ces deux réformes complémentaires est plutôt d’éviter la « séparation » des colonies africaines de la métropole française.
Dès sa naissance, la IVe République se débat avec les contradictions de la Constitution de 1946. Alors que celle-ci octroie la citoyenneté aux habitants de l’Union française, l’égalité reste purement théorique. Divers mécanismes légaux verrouillent le système électoral pour empêcher que la métropole ne devienne la « colonie de ses colonies », selon l’expression d’Édouard Herriot : double collège, restriction du corps électoral, sous-représentation de l’outre-mer dans les parlements métropolitains…
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