Les enfants pensent-ils en image ?
- Par Paule du Bouchet
Pages 73 à 78
Citer cet article
- DU BOUCHET, Paule,
- Du Bouchet, Paule.
- Du Bouchet, P.
https://doi.org/10.3917/lpp.251.0073
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- Du Bouchet, P.
- Du Bouchet, Paule.
- DU BOUCHET, Paule,
https://doi.org/10.3917/lpp.251.0073
Les enfants pensent-ils en image ? Ce pourrait être le point de départ d’une réflexion visant à orienter une production éditoriale destinée à la jeunesse – un « marché ». On pourrait légitimement se demander si cette question a présidé au formidable essor de l’édition jeunesse dans les années 1970. Mais si le langage qui vient aux enfants a bien la couleur de la poésie « en images », si, comme nous en avons tous fait l’expérience enfants, les mots dont nous ne comprenons pas la signification se présentent d’abord à nos sens comme des images, de quelles images la littérature jeunesse actuelle parle-t‑elle ?
Je partirai de ma propre expérience d’enfant. Un souvenir très vif de la détestation immédiate, intuitive, que me provoquait un certain type d’images « destinées aux enfants », à l’âge de la découverte des mots et même un peu plus tard, toute littérature enfantine qui me proposait des images. Je les percevais, très distinctement, comme « fausses ». Je pense ici aux images véhiculées par la langue, davantage qu’à celles produites par l’illustration.
L’enjeu de l’écriture jeunesse est de taille puisqu’il s’agit de produire une image qui sonne « vraie ». Or, qu’est-ce qu’une image « vraie » ? En tout état de cause, une image « vraie » n’est en aucun cas une imagerie produite par un adulte qui tenterait d’y injecter « de l’enfance », comme on rajouterait un peu de blanc pour obtenir un gris plus clair, on pense encore au sucre en poudre que l’on versait autrefois dans le verre d’eau pour faire passer l’aspirine écrasée…
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