La prolifération fasciste
Une perspective métacritique
- Par Boyan Manchev
Pages 137 à 148
Citer cet article
- MANCHEV, Boyan,
- Manchev, Boyan.
- Manchev, B.
https://doi.org/10.3917/lignes.048.0137
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- Manchev, B.
- Manchev, Boyan.
- MANCHEV, Boyan,
https://doi.org/10.3917/lignes.048.0137
Notes
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[1]
W. Benjamin, « Critique de la violence », trad. par Maurice de Gandillac, revue par Rainer Rochlitz, Œuvres I, Paris, Gallimard, 2000, p. 238.
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[2]
« [L]e royaume de Dieu n’est pas le telos de la dunamis historique ; il ne peut être posé comme but. Historiquement, il n’est pas un but, il est un terme. » (W. Benjamin, « Fragment théologico-politique », Œuvres I, op. cit., p. 263).
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[3]
« Bien loin de nous révéler une sphère plus pure, la manifestation mythique de la violence immédiate se montre très profondément identique à toute force du droit » (W. Benjamin, « Critique de la violence », op. cit., p. 237).
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[4]
Cf. la critique de Jacques Derrida dans Force de loi, Paris, Galilée, 1994, p. 141-143.
-
[5]
W. Benjamin, « Sur le concept d’histoire », Œuvres I, op. cit., p. 433.
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[6]
W. Benjamin, « Théories du fascisme allemand », trad. par Pierre Rusch, Œuvres II, Paris, Gallimard, 2000, p. 215.
La question du fascisme est la question du jour. Ce mot sombre, déjà banalisé par ses multiples usages métaphoriques, fait aujourd’hui son retour en force pour réclamer sa consistance charnelle : la chair tangible d’un mort-vivant qui n’arrête pas de croître, tendant à surplomber l’horizon du réel avec sa présence néfaste. Une fois de plus, c’est cette ombre, ce nom, ce mort-vivant, qui nous appelle à son Sabbat sanglant. C’est le fascisme qui vient de nouveau en premier.
Abordons le fascisme à présent. On constate d’abord une prolifération rhétorique du fascisme : le mot « fascisme » devient le signe ou la marque rhétorique utilisés par les discours « critiques » de gauche pour décrire ou stigmatiser la position d’un antagoniste radical. Néanmoins, au cours de ces opérations herméneutico-rhétorico-idéologiques, on observe une telle prolifération de cette désignation que le volume du concept paraît difficile à identifier, il devient de plus en plus flou, se trouvant à la fin au seuil de l’explosion. On peut traiter de « fascistes », parfois de la même position rhétorique, et souvent à juste titre, des phénomènes et des pratiques politiques aussi divergents que les nouvelles droites extrêmes européennes et le néo-libéralisme ou le capitalisme financier, le « djihadisme » et la politique totalitaire des régimes séculiers de passé anti-colonial du Proche-Orient (qui ont été déclarés ennemis à la fois par les régimes « démocratiques » de l’« Occident » et des nouveaux djihadistes), les actions terroristes d’Al Qaeda ou de Daech…
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