La terre, un paysage en voie de disparition ?
- Dossier coordonné par Isée Bernateau
Pages 23 à 24
Citer cet article
- Dossier coordonné par BERNATEAU, Isée,
- Dossier coordonné par Bernateau, Isée.
- Dossier coordonné par Bernateau, I.
https://doi.org/10.3917/lcp.264.0023
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- Dossier coordonné par Bernateau, I.
- Dossier coordonné par Bernateau, Isée.
- Dossier coordonné par BERNATEAU, Isée,
https://doi.org/10.3917/lcp.264.0023
« Le terrain était raviné et érodé et nu. Les os des créatures mortes épars dans les coulées. Des décharges d’ordures anonymes. Dans les champs, des maisons de ferme aux murs décapés jusqu’à la dernière trace de peinture et les lattes gauchies tombant de leurs montants. Tout cela sans ombres et indéfinissable. La route descendait à travers une jungle de puéraires mortes. Un marais où les roseaux morts étaient couchés sur l’eau. Au-delà de la limite des champs, le morne brouillard s’accrochait indifféremment à la terre et au ciel » (p. 159). Dans La Route de Cormac McCarthy, un père et son fils marchent du Nord vers le Sud pour tenter de survivre. Ils traversent les paysages post-apocalyptiques d’une Terre dévastée qui n’abrite plus que les déchets du monde vivant qui fut autrefois le sien. Publié en 2006, le roman dystopique de Cormac McCarthy prend chaque année un accent plus prophétique. Ces deux héros anonymes parcourant les territoires saccagés d’une Terre recouverte de cendres, constituent un symbole visionnaire de notre condition contemporaine face au phénomène sans précédent que constitue la crise écologique mondialisée. Roman implacable du monde d’après, La Route raconte en réalité l’étrange processus qui accompagne la disparition du monde d’avant, le monde du vivant : « Il avait éprouvé ce sentiment avant, au-delà de l’engourdissement et du morne désespoir. Le nom des choses suivant lentement ces choses dans l’oubli. Les couleurs. Le nom des oiseaux. Les choses à manger…
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