Chapitre d’ouvrage

10. Recruter des étrangères pour l’agriculture espagnole

De la Pologne au Sénégal en passant par Huelva

Pages 225 à 245

Citer ce chapitre


  • Toronjo, D.-R.
(2010). 10. Recruter des étrangères pour l’agriculture espagnole De la Pologne au Sénégal en passant par Huelva. Dans
  • A. Morice
  • et S. Potot
De l'ouvrier immigré au travailleur sans papiers : Les étrangers dans la modernisation du salariat (p. 225-245). Karthala. https://doi.org/10.3917/kart.moric.2010.01.0225.

  • Toronjo, Dolores Redondo.
« 10. Recruter des étrangères pour l’agriculture espagnole : De la Pologne au Sénégal en passant par Huelva ». De l'ouvrier immigré au travailleur sans papiers Les étrangers dans la modernisation du salariat, Karthala, 2010. p.225-245. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/de-l-ouvrier-immigre-au-travailleur-sans-papiers--9782811103255-page-225?lang=fr.

  • TORONJO, Dolores Redondo,
2010. 10. Recruter des étrangères pour l’agriculture espagnole De la Pologne au Sénégal en passant par Huelva. In :
  • MORICE, Alain
  • et POTOT, Swanie,
De l'ouvrier immigré au travailleur sans papiers Les étrangers dans la modernisation du salariat. Paris : Karthala. Hommes et sociétés, p.225-245. DOI : 10.3917/kart.moric.2010.01.0225. URL : https://shs.cairn.info/de-l-ouvrier-immigre-au-travailleur-sans-papiers--9782811103255-page-225?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/kart.moric.2010.01.0225


Notes

  • [1]
    Le nouveau gouvernement espagnol du 11 avril 2008 a établi un ministère du Travail et de l’immigration. Les premières déclarations du nouveau ministre sont claires : on ne peut concevoir l’immigration que de travail. L’Espagne se situe ainsi en concordance avec les déclarations de l’Union européenne et des autres États membres.
  • [2]
    La province est en Espagne un échelon territorial à peu près l’équivalent au département en France.
  • [3]
    « La nouvelle agriculture apparaît comme encore un des processus de décentralisation productive qui se développent dans l’État espagnol (…) Ce cadre ou contexte qu’est l’Andalousie comme formation économique et sociale dépendante à l’intérieur de l’État espagnol est celui qui donne à la nouvelle agriculture ses caractéristiques essentielles : sa forte situation de dépendance, qui à son tour agit comme un facteur de consolidation des centres et périphéries du système capitaliste, démontrant une fois de plus que l’on peut changer le modèle de production sans altérer qualitativement les conditions des groupes et territoires sujets au processus de modernisation. D’après cette perspective, la « Californie d’Europe » montre sa faiblesse face au modèle qui lui sert de référence. Il n’y a aucune correspondance entre les différentes structures économiques. »
  • [4]
    Sur les travaux de l’Observatoire local de l’emploi, consulter http://www.ole.uhu.es
  • [5]
    Statistiques publiées par le Boletín de Estadísticas Laborales del Ministerio de Trabajo y Asuntos Sociales.
  • [6]
    La différence entre les deux indicateurs est celle des demandeurs d’emploi agricoles, qui reçoivent une prestation et qui ne travaillent pas ; nous estimons qu’il n’y a aucune raison pour ne pas les considérer comme des chômeurs. Au premier semestre 2007, le nombre de DENOS dans la province de Huelva était de 38 590 personnes, tandis que le chômage enregistré était de 27 811 personnes.
  • [7]
    Un « travailleur nominatif » reçoit ce label s’il a respecté la promesse de retour et a bien travaillé durant les campagnes antérieures.
  • [8]
    Pour que le contingent de saison soit autorisé, il faut montrer que la demande ne peut être satisfaite dans le marché du travail national.
  • [9]
    Le salaire est soumis aux conditions météorologiques. Cela signifie qu’en cas de pluie les journées de travail ne sont pas payées, car la récolte des fruits doit se faire par temps sec.
  • [10]
    Fédération d’entreprises de Huelva.
  • [11]
    Le programme Aeneas que nous évoquons plus loin a présenté un nouveau projet à l’Union européenne afin de transférer le modèle de contrats en origen au secteur de la pêche. Le Sénégal était alors le pays choisi (publié dans la presse locale le 23 mars 2008).
  • [12]
    Les stéréotypes véhiculés par le patronat sont les suivants : « Les travailleurs du Nord sont plus intelligents et leur intégration est plus facile, tandis que les Africains sont plus méfiants et même plus racistes avec les autres étrangers » ; « les Maghrébins sont de culture différente et s’adaptent moins bien, ils ne veulent pas s’intégrer. Ils ont des coutumes différentes, ainsi que leur religion ou leur manière de s’habiller. »
  • [13]
    Déclaration à la presse locale du gérant de Freshuelva (la plus grosse coopérative de production de fraise).
  • [14]
    Programme Aeneas dans le cadre de l’initiative européenne pour la démocratie et les droits de l’homme (aide à la coopération). Ce programme répond parfaitement au discours européen sur la migration circulaire et son objectif de codéveloppement. Les responsables de Cartaya (Huelva) le présentent comme un projet pour la gestion éthique et socialement responsable des flux de la migration de travail entre l’Afrique et l’Europe. Il s’agit de profiter de l’expérience des contrats en origine de Huelva dans les pays de l’Est et de la diffuser dans des pays comme le Maroc et le Sénégal.
  • [15]
    Déclaration à la presse locale (février 2006) de Antonio Luis Martín, délégué de la Asociación de Citrícultores de la province de Huelva.

Bien que la nature des flux migratoires soit prioritairement perçue dans sa composante économique, la dynamique et la complexité des mouvements à la fin du xx e siècle et au début du xxi e siècle nous obligent à rechercher de nouveaux cadres théoriques qui permettront une meilleure compréhension des scénarios dans lesquels se développent ces dynamiques. Cela ne veut pas dire que les migrations d’aujourd’hui sont totalement différentes de celles d’hier ; mais le fait que celles-ci se produisent dans un contexte de globalisation génère de nouvelles dynamiques de mobilité non seulement au regard de la diversification des nationalités, mais également quant aux types de migrations. Il existe à cet égard de fortes disparités entre les États européens : au milieu du xx e siècle, les flux migratoires se concentraient vers les pays du nord et du centre de l’Europe, tandis qu’aujourd’hui les principaux flux s’orientent vers les pays du sud de ce continent. De la même manière, les politiques nationales en matière d’immigration en Europe sont très variées ; les divergences entre pays seraient dues notamment à l’état de leurs économies, à leurs histoires migratoires, mais aussi à leurs politiques d’intégration.
Traditionnellement, l’expérience migratoire a été associée au genre masculin – fait assez discutable –, mais ces dernières années les migrations féminines internationales ont joué un rôle tel qu’il est inconcevable aujourd’hui d’analyser le phénomène sans le replacer dans la perspective de genre…


Date de mise en ligne : 05/06/2018

https://doi.org/10.3917/kart.moric.2010.01.0225

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