Article de revue

‪L’alimentation, arme du genre‪

Pages 19 à 49

Citer cet article


  • Fournier, T.,
  • Jarty, J.,
  • Lapeyre, N.
  • et Touraille, P.
(2015). ‪L’alimentation, arme du genre‪ Journal des anthropologues, 140-141(1), 19-49. https://doi.org/10.4000/jda.6022.

  • Fournier, Tristan.,
  • et al.
« ‪L’alimentation, arme du genre‪ ». Journal des anthropologues, 2015/1 n° 140-141, 2015. p.19-49. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-journal-des-anthropologues-2015-1-page-19?lang=fr.

  • FOURNIER, Tristan,
  • JARTY, Julie,
  • LAPEYRE, Nathalie
  • et TOURAILLE, Priscille,
2015. ‪L’alimentation, arme du genre‪ Journal des anthropologues, 2015/1 n° 140-141, p.19-49. DOI : 10.4000/jda.6022. URL : https://shs.cairn.info/revue-journal-des-anthropologues-2015-1-page-19?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/jda.6022


Notes

  • [1]
    Jarty J., Fournier T. « Mise en perspective des problématiques "genre" et "alimentation" », communication à la journée d’études « Genre et alimenta­tion » organisée par l’université de Toulouse Jean Jaurès dans le cadre du séminaire doctoral ARPEGE « Genre, environnement, écologie, alimenta­tion », mai 2014.
  • [2]
    « Division sexuelle du travail » est l’expression courante sous laquelle la thématique est connue tant en ethnologie qu’en sociologie. Elle est utilisée préférentiellement par trois des coordinateurs de ce dossier (N. Lapeyre, J. Jarty et T. Fournier) et par certains des contributeurs. P. Touraille utilise l’expression division « genrée » du travail pour des raisons expliquées ailleurs (2008, 2011). Les auteur-e-s de l’Introduction aux études sur le genre utilisent, pour une autre raison épistémologique encore, celle de division « sexuée » du travail (Bereni et al., op.cit. : 169). Ces trois formulations cohabitent dans ce dossier sans qu’il y ait désaccord théorique cependant entre les auteur-e-s sur ce que cette division recouvre.
  • [3]
    Touraille P. « Le silence des interdits : les anthropologues et la division genrée du travail », communication au colloque « Interdits et genre. Constructions, représentations et pratiques du féminin et du masculin », université François Rabelais, Tours (France), mai 2009.
  • [4]
    Ethnologue, directrice de recherche émérite au CNRS (Laboratoire d’anthropologie sociale, Collège de France, Paris) avec laquelle P. Touraille s’est entretenue.
  • [5]
    « Anthropologie des sexes », à l’EHESS, Paris, dans les années 1990.
  • [6]
    Séminaire de Cécile Barraud, EHESS, Paris, fin des années 2000.
  • [7]
    Les supposés bienfaits de cette même diète pour l’énergie et la vitalité (sexuelle) des hommes révèlent l’injonction éminemment binaire et dichotomique de l’ordre du genre, « impensé » au cœur même de ses contradictions.
  • [8]
    Les études sur le genre doivent notamment renoncer au paradigme hyperconstructiviste dans lequel elles se sont engagées (Touraille, 2011) pour voir ce que le social fait au biologique (Goodman, 1999), et ce que le genre fait au sexe (Touraille, 2008).

Ce dossier est le fruit d’une rencontre entre trois sociologues et une socio-anthropologue autour du constat suivant : un vide théorique caractérise le croisement des champs du genre et de l’alimentation dans le monde francophone. L’appel à contribution lancé en 2014 par le Journal des anthropologues avait pour objectif de sonder ce vide et de permettre l’émergence de questionnements inédits et de données susceptibles d’alimenter le peu d’études empiriques disponibles sur le sujet. Nous espérions, par cet appel, « essayer de savoir et de faire savoir ce que l’univers du savoir ne veut pas savoir », selon la formulation de Bourdieu (1997 : 14).
Les études sur l’alimentation et les études sur le genre ont plusieurs points communs. Elles ont dû extraire leurs objets de la gangue naturaliste où la pensée commune – et savante – les tenait (non, l’alimentation ne sert pas qu’à combler des besoins vitaux ; non, les catégories « hommes » et « femmes » ne sont pas données par la nature). Elles sont par constitution transdisciplinaires. Et elles entendent rendre compte dans toute sa complexité du fonctionne­ment de politiques sociales qui cherchent à s’ignorer comme telles (Lapeyre, 2014). À tous ces titres, elles ont rencontré des résistances académiques majeures.
Aujourd’hui en France, elles constituent des champs émergeants, et toutes deux font partie des axes prioritaires du CNRS. Mais ces axes restent étrangers l’un à l’autre. L’absence de connexion est très visible. La thématique de l’alimentation est quasiment absente de l’…


Date de mise en ligne : 18/06/2015

https://doi.org/10.4000/jda.6022

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