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Article de revue

L’UDSR ou l’échec d’un renouveau

Page 116

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  • Mollier, P.
(2007). L’UDSR ou l’échec d’un renouveau. Humanisme, 278(3), 116-116. https://doi.org/10.3917/huma.278.0116.

  • Mollier, Pierre.
« L’UDSR ou l’échec d’un renouveau ». Humanisme, 2007/3 N° 278, 2007. p.116-116. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-humanisme-2007-3-page-116?lang=fr.

  • MOLLIER, Pierre,
2007. L’UDSR ou l’échec d’un renouveau. Humanisme, 2007/3 N° 278, p.116-116. DOI : 10.3917/huma.278.0116. URL : https://shs.cairn.info/revue-humanisme-2007-3-page-116?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/huma.278.0116


1L’UDSR (Union Démocratique et Socialiste de la Résistance) apparaît aujourd’hui comme l’exemple même des groupes politiques de la Quatrième République, la « République des Partis ». On l’imagine constituée essentiellement de notables, prête à tous les compromis pour entrer dans quelque nouvelle « combinaison ministérielle » et changeant de camp au gré de l’évolution des rapports de forces politiques. Elle est de plus identifiée à François Mitterrand qui en prit effectivement le contrôle au cours des années 1950. L’image contrastée de l’ancien Président de la République a aussi déteint sur cette formation vouée aux oubliettes de l’histoire. Or, à l’origine, l’UDSR est née d’un formidable projet de rénovation de la vie politique. Elle est créée au lendemain de la victoire par les cadres des mouvements de Résistance qui refusent d’abandonner tout le pouvoir aux anciens partis et qui veulent maintenir dans le débat public l’esprit et la générosité qui avaient présidé à leur révolte et à leurs combats. Le livre retrace la saga que fut la construction de cette nouvelle formation dans l’ambiance d’espoir et de difficulté de la Libération. Ses animateurs, pleins d’idéaux, ont pour noms : René Pleven, le bras droit de De Gaulle à Londres, Claudius-Petit, Malraux, René Capitant, Soustelle, Michel Debré, Léo Hamon… Pourtant, face à la pression des événements et au retour des clivages traditionnels, la plupart retourneront finalement dans leur famille d’origine : SFIO, gaullistes, démocrates-chrétiens, laissant à François Mitterrand, à l’issue de l’aventure, un petit parti parlementaire. « L’UDSR est enfin arrivé au pouvoir », disait ironiquement Claudius- Petit en 1981, tant l’épisode a compté dans la carrière de l’ancien Président de la République, à la fois par l’expérience qu’il en retira et par les hommes qui s’associèrent alors, pour toujours, à son destin. L’ouvrage que propose Éric Duhamel (L’UDSR ou la genèse de François Mitterrand) est donc aussi une contribution à l’histoire de Mitterrand auquel l’auteur s’est intéressé dans d’autres travaux. Son approche du personnage étant d’ailleurs originale en ce qu’elle souligne, à la différence de beaucoup d’autres, les constantes et les fidélités dans les idées du « candidat de la gauche ». D’une certaine manière, cette histoire de l’UDSR doit aussi être lue après Une jeunesse française de Pierre Péan, qui avait suscité bien des débats en 1994. Chronologiquement, à la semaine près… elle en prend la suite exacte.

    • É. Duhamel, L’UDSR ou la genèse de François Mitterrand, préface d’H. Védrine, Paris, CNRS, 2007, 25 €.

Date de mise en ligne : 01/02/2021

https://doi.org/10.3917/huma.278.0116