Le parrainage en Bohême dans le milieu rural, du XVIe au XIXe siècle
Pages 106 à 122
Citer cet article
- SKOREPOVÁ, Markéta,
- Skorepová, Markéta.
- Skorepová, M.
https://doi.org/10.3917/hes.184.0106
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- Skorepová, M.
- Skorepová, Markéta.
- SKOREPOVÁ, Markéta,
https://doi.org/10.3917/hes.184.0106
Notes
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[1]
La présente étude est issue du projet de recherche GAČR 17-17160S The Transformation of Godparenthood in the Rural Environment in the 19th Century (Nový Rychnov, 1800-1899).
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[2]
Nous avons établi un bilan des recherches menées à l’étranger dans l’article : Markéta Skořepová, « Kmotrovství jako badatelský problém. K sociálním dějinám raného novověku a 19. století », Český časopis historický, 2016, 114 (1), p. 58-82.
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[3]
Guido Alfani, « Spiritual Kinship Between Formal Norms and Actual practice : A Comparative Analysis in the Long Run (from the Early Middle Ages Until Today) », dans New Directions in Spiritual Kinship : Sacred Ties across the Abrahamic Religions, dir. Todne Thomas et al., Cham, Palgrave Macmillan, 2017.
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[4]
Sur la position de la religion catholique pendant le siècle de recatholicisation en Bohême, voir par exemple Marie-Elizabeth Ducreux, « Piété baroque et recatholicisation en Bohême au 17e siècle : quelques acquis et des questions », dans Baroque en Bohême, dir. Marie-Elisabeth Ducreux, Xavier Galmiche, Martin Petráš et Vít Vlnas, Lille, Université de Lille, Editions du Conseil Scientifique (CEGES) de l'Université Lille−3 (Travaux et Recherches), 2009, p. 75-107.
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[5]
À partir des années 1950, les registres de la population anciens ont été déposés aux archives nationales régionales et ont été mis à la disposition des chercheurs. Actuellement, ces documents sont en cours de numérisation et de mise en ligne.
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[6]
Le plus ancien registre baptismal non catholique fut ouvert en 1542 à Jáchymov, non loin de la frontière avec la Saxe luthérienne.
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[7]
Eduard Maur, « O počátcích a vývoji církevních matrik se zvláštním zřetelem k českým poměrům », Historická demografie, 1969, vol. 3, p. 4-19 ; id., « Církevní matriky jako historický pramen (se zvláštním přihlédnutím k historické demografii) », Sborník archivních prací, 1970, 20, p. 425-457 ; id., « Vývoj matričního zápisu v Čechách », Historickádemografie, 1972, 6, p. 40-58.
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[8]
Les décisions du Concile ont été reprises immédiatement par l’archevêque Antonín Brus z Mohelnice (1561-1580) ; néanmoins, à cette époque-là, elles rèsterent sans grand effet. Ce furent seulement les synodes qui confirmèrent les décrets du Concile comme obligatoires. Les statuts du synode de Prague de 1605 donnèrent même lieu à publication imprimée. Josef Grulich, « Slavnostní okamžiky – svatební a křestní obřad v období raného novověku. (Závěry tridentského koncilu a pražské synody ve světle jihočeských matričních zápisů z 2. poloviny 17. století », Historickádemografie, 2000, 24, p. 49-82. Les décisions du synode de Prague sont abondamment citées par Miroslava Melkesová, « Adhiberi solent, qui compatres vocantur. Kmotrovství ve venkovském prostředí raného novověku na základě výzkumu chýnovské matriky », Historickádemografie, 2003, 27, p. 63-120.
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[9]
Après la publication de la Patente de tolérance en 1781, on vit apparaître plusieurs règlements se rapportant aux non-catholiques, toujours soumis à la surveillance du clergé catholique.
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[10]
Hana Stoklasová, Katolické přechodové rituály v „dlouhém“ 19. století, Pardubice, Univerzita Pardubice, Fakulta Filozofická, 2017, p. 109-117.
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[11]
La problématique est brièvement mentionnée de cette manière par Martin Holý, « Křest ve šlechtickém prostředí českých zemí na prahu novověku », Historickádemografie, 2004, 28, p. 21-23.
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[12]
Par exemple Gustav Hofmann, « Vývoj křestních jmen na Ptenínsku v letech 1651-1921 », Zpravodaj místopisné komise ČSAV, 1968, t. IX, p. 337-350 ; Petr Mužík, « Vývoj křestních jmen v Domažlicích v letech 1631-1830 », Zpravodaj místopisné komise ČSAV, 1979, t. XX, p. 530-553. Ce dernier évoque de manière fort concise la possibilité d’étudier le parrainage au moyen de la reconstitution des familles se fondant sur les registres de la population.
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[13]
Il s’agit avant tout de brèves notices informatives publiées au tournant des xixe et xxe siècles dans la revue ethnographique Český lid. Plus récemment, les rituels liés à la naissance de l’enfant ont été étudiés par Marie Kovářová, « Z lidových zvyků Podblanicka. Narození dítěte – v šestinedělí – křest a úvod », Sborník vlastivědných prací z Podblanicka, 1972, vol. 13, p. 192-217, et Pavel Popelka, « Narození člověka na moravských Kopanicích », dans Čas života. Rodinné a společenské svátky v životě člověka, dir. Václav Frolec, Brno, Blok, 1985, p. 118-126. Les modifications de l’importance du baptême à l’époque du communisme ont été analysées par Alexandra Navrátilová, « K analýze tendencí vývoje rodinných obřadů na současné vesnici. Obřady spojené s narozením », Český lid, 1984, vol. 71, p. 29-36. Les connaissances apportées par les recherches antérieures au sujet du baptême et du parrainage sont présentées dans l’ouvrage de vulgarisation d’Alexandra Navrátilová, Narození a smrt v české lidové kultuře, Praha, Vyšehrad, 2004.
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[14]
J. Grulich, « Slavnostní okamžiky», op. cit. ; id., Populační vývoj a životní cyklus venkovského obyvatelstva na jihu Čech v 16. až 18. století, České Budějovice, Jihočeská univerzita v Českých Budějovicích, 2008, p. 178-198.
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[15]
H. Stoklasová, Katolické přechodové rituály, op. cit.
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[16]
M. Melkesová, « Adhiberi », op. cit. ; id., « Geografický horizont křtů v polovině 17. století na Chýnovsku », Historickádemografie, 2006, 30, p. 205-242.
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[17]
Josef Kadeřábek, « Protireformace Slaného v letech 1610-1635 a její dopad na sociální vazby radních », Historickádemografie, 2009, 33, p. 9-44.
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[18]
Ladislav Nekvapil, « Kmotrovské vazby ve farnosti Hlinsko v letech 1645-1650 z hlediska sociálně-náboženského (sonda) », Historická demografie, 2011, 35, p. 33-44.
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[19]
Le sujet du baptême est évoqué dans la monographie de Milena Lenderová et Karel Rýdl, Radostné dětství? Dítě v Čechách devatenáctého století, Praha-Litomyšl, Paseka, 2006, notamment p. 95-102.
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[20]
Projet de recherche GAČR 17-17160S The Transformation of Godparenthood in the Rural Environment in the 19th Century.
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[21]
M. Skořepová, « Kmotrovství », op. cit., p. 74-78.
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[22]
Dans le milieu tchèque, aucune directive indiquant impérativement le délai de présentation du nouveau-né au baptême n’est attestée. Il était cependant recommandé encore au début du xxe siècle d’organiser le baptême dans les huit jours suivant la naissance. Jan Pauly, Právní rádce pro duchovní správu v Čechách, na Moravě a ve Slezsku. Systematický soubor církevních a státních zákonů, nařízení, rozhodnutí, norem a příslušných formulářů s praktickým návodem pro duchovní správu, Praha, 1902, p. 10.
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[23]
On retrouve ici des pratiques existant en France, étudiées par Arnold Van Gennep, Le Folklore français. Du berceau à la tombe. Cycles de Carnaval-Carême et de Pâques, Paris, Robert Laffont, 1998, p. 115-121, cf. aussi en tchèque A. Navrátilová, Narození a smrt,op. cit., p. 124-144. Miroslava Melkesová, « Křtiny a úvod ve venkovském prostředí raného novověku », Historický obzor, 2003, 14, p. 262-276.
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[24]
H. Stoklasová, Katolické přechodové rituály, op. cit., p. 133-135.
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[25]
A. Navrátilová, Narození a smrt, op. cit., p. 88-95.
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[26]
M. Melkesová, « Adhiberi », op. cit., p. 80-81.
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[27]
J. Kadeřábek, « Protireformace », op. cit., p. 23, 26.
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[28]
La problématique du parrainage à l’époque qui suivit la publication de l’Édit de tolérance est abordée par Zdeněk R. Nešpor, Náboženství na prahu nové doby. Česká lidová zbožnost 18. a 19. století, Prague, Albis international, 2006, p. 244.
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[29]
M. Melkesová, « Adhiberi », op. cit., p. 74-76. L. Nekvapil, « Kmotrovské vazby », op. cit., p. 36-38.
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[30]
J. Kadeřábek, « Protireformace », op. cit., p. 22-23.
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[31]
L’Église autorisa ce type de mariage dès le concile de Mayence en 813 (Françoise Zonabend, « La parenté baptismale à Minot (Côte d’Or) », Annales économies, sociétés, civilisations., 1978, 33, p. 656-676, ici p. 665).
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[32]
Dans les pays tchèques, cette conception du parrainage s’imposa progressivement bien que le synode de Prague tenu en 1605 ait expressément interdit le parrainage commun d’un couple d’époux. Cf. M. Melkesová, « Adhiberi », op. cit., p. 75, 89-90.
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[33]
En Bohême du Sud et de l’Ouest, il était d’usage de donner au fils aîné le prénom du parrain, au deuxième fils le nom du père et au troisième celui du grand-père ; les autres enfants recevaient leur prénom en fonction de la date de leur naissance. František Jílek, Jihočeský člověk a jeho řeč, České Budějovice, Krajské nakladatelství, 1961, p. 197. À ce jour, aucune recherche quantitative tenant compte des groupes de frères et sœurs et de l’ordre de naissance n’a cependant été menée.
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[34]
M. Melkesová, « Adhiberi », op. cit., p. 82-84.
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[35]
Les réformes inspirées des Lumières imposèrent aux sages-femmes une formation obligatoire et des examens périodiques ; à partir de 1825, les noms des sages-femmes étaient nécessairement indiqués dans les registres des baptêmes. La sage-femme avait pour obligation de veiller à l’état de santé de l’enfant et de la mère ainsi que d’assurer les démarches administratives nécessaires. Daniela Tinková, Tělo, věda, stát. Zrození porodnice v osvícenské Evropě, Praha, Argo, 2010. Miroslava Melkesová, «…skrze něž Pán Bůh svět, církev i nebe množí… Raněnovověké venkovské šestinedělky, porodní báby a kmotry », dans : Dějiny žen aneb Evropská žena od středověku do 20. století v zajetí historiografie, dir. Kateřina Čadková, Milena Lenderová et Jana Stráníková, Pardubice, Univerzita Pardubice, 2006, p. 263-290 ; H. Stoklasová, Katolické přechodové rituály, op. cit., p. 117-125.
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[36]
Dans la société tchèque, ce fait est connu sans être pour autant attesté au moyen d’études quantitatives.
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[37]
L’expression est utilisée par Jan Sedlák, « Kmotrové při křtu », Časopis katolického duchovenstva, 1884, vol. 3, p. 158-162. Sur un plan quantitatif, la popularité du couple de parrains composé de la sage-femme et du sacristain dans la ville de Pacov, en Bohême du Sud, dans la seconde moitié du xixe siècle a été démontrée par Kristýna Kubíčková (Blechová), Babická praxe v pacovské farnosti ve druhé polovině 19. století, Mémoire de master de Filozofická fakulta Univerzity Karlovy, Praha, 2015, p. 57-62. Selon ses calculs, dans les années 1871-1883, une sage-femme et un sacristain y assistèrent à près d’un baptême sur cinq.
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[38]
La présente étude se fonde en partie sur notre ouvrage Markéta Skořepová, Ovdovění a osiření ve venkovské společnosti. Panství Nový Rychnov, 1785-1855, České Budějovice, Jihočeská univerzita v Českých Budějovicích, 2016.
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[39]
On a pu retrouver un constat comparable dans le cas de l’Istrie. Voir Danijela Doblanović et Marija Mogorović Crljenko, « Godparents and Marriage Witnesses in Istria from the Fifteenth to the Seventeenth Century », Dubrovnik Annals, 2017, vol. 21, s. 9-29.
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[40]
Le rôle des parrains dans les soins apportés aux orphelins est supposé par J. Grulich, « Slavnostní okamžiky », op. cit., p. 61. Agnès Fine, qui a étudié le parrainage dans une perspective d’ethnographie comparée, estime en revanche que le parrainage ne se voyait pas superposer d’autres types d’obligations et qu’il remplaçait dans une certaine mesure l’adoption telle qu’elle fut pratiquée dans la Rome antique. Agnès Fine, « Adoption et parrainage dans l’Europe ancienne », dans Adoption et fosterage, dir. Mireille Corbier, Paris, De Boccard, 1999, p. 339-350.
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[41]
Vincent Gourdon, « Les mécanismes différentiels de mobilisation familiale autour des orphelins : L’exemple des grands-parents dans le système de la tutelle au xviiie siècle en France », dans Lorsque l’enfant grandit. Entre dépendance et autonomie, dir. Jean-Pierre Bardet, Paris, PUPS, 2000, p. 307-322.
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[42]
609 personnes membres de 232 familles perdirent précocement leur père, 590 personnes membres de 253 familles perdirent leur mère. 151 enfants au total (12,6 %) devinrent orphelins des deux parents, 64 ayant perdu d’abord le père, 87 ayant perdu d’abord la mère.
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[43]
Les données citées dans le cadre de la présente étude se fondent essentiellement sur une reconstitution familiale réalisée à partir des registres de la population tenus dans de la partie centrale du domaine épiscopal de Nový Rychnov. Státní oblastní archiv Třeboň, Sbírka matrik Jihočeského kraje, Farní úřad Nový Rychnov, livres no 1-12, en ligne : https://digi.ceskearchivy.cz/DA?menu=0&doctree=1nrno&id=6060. (Consultée le 18 avril 2018).
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[44]
La situation sociale, c’est-à-dire la profession des parrains, était indiquée dans les registres de la population. Les données ont été vérifiées et éventuellement précisées à l’aide d’autres sources, notamment des livres fonciers et des cadastres. Étant donné la persistance d’une stratification traditionnelle de la société dans la région de Nový Rychnov au cours de la période étudiée, la majorité des personnes peuvent être classées dans une des quatre catégories de la hiérarchie de la paysannerie, en fonction de la superficie des terres cultivées (grand paysan, petit paysan, propriétaire de maison rurale mais pas du sol, ouvrier sans terre ni maison). Une catégorie à part est représentée par les artisans et les employés des seigneurs, possédant souvent en même temps des propriétés agricoles. Une autre catégorie particulière correspond aux employés supérieurs de la seigneurie avec leurs familles et aux ecclésiastiques.
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[45]
90 des 248 parrains apparentés à l'enfant, soit 36,3 %, étaient de rang social plus élevé, contre 390 des non-apparentés, soit 48,7 % (voir tableau 2).
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[46]
248 enfants, soit 23,5 %, étaient en relation de parenté avec au moins un parrain. Dans 216 cas, le parrain et la marraine étaient des conjoints ; dans neuf cas, il s’agissait d’un autre type de lien familial.
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[47]
Dans la société tchèque, c’était le plus souvent le père du nouveau-né qui sollicitait les parrains. A. Navrátilová, « Narození a smrt », art. cit., p. 96-99.
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[48]
Ibid., p. 88-95.
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[49]
Rappelons que ne sont pris ici en compte que les parrainages des enfants appartenant à notre échantillon d'analyse. Si le comptage s'étendait à tous les enfants baptisés à Nový Rychnov dans la période, le nombre total des filleuls de Jan Kučera et de sa famille proche serait plus élevé, et atteindrait sans doute le double ou le triple. Nous retrouvons bien ici le phénomène des parrains « habituels » décrits dans d'autres contextes socio-historiques.
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[50]
Agnès Fine, Parrains, marraines. La parenté spirituelle en Europe, Paris, Fayard, 1994 ; ead., « Adoption », op. cit.
Introduction [1]
1Bien que, dans les pays tchèques, le parrainage ait constitué pendant des siècles l’une des relations sociales les plus importantes, l’historiographie accorde à ce phénomène une attention minimale. Les auteurs des études parues récemment dans le domaine de l’histoire sociale, dont l'utilité est néanmoins incontestable pour la compréhension du contexte historique et social, ne perçoivent généralement la problématique des liens de parrainage que comme un sujet marginal dans le cadre de leurs travaux. En République tchèque, il manque encore une recherche systématique au sujet de cette problématique de même qu’une réflexion approfondie sur les résultats obtenus par un nombre croissant de chercheurs étrangers. Les ethnographes et les historiens s’accordent cependant sur le fait que le parrainage a toujours représenté un lien exceptionnellement fort, souvent comparable à la parenté consanguine la plus étroite [2]. Compte tenu de la barrière linguistique, qui limite la connaissance de l’historiographie tchèque en Europe occidentale, la présente étude se donne pour premier objectif d’opérer, pour un public francophone, un bilan des recherches réalisées jusqu’à maintenant en République tchèque au sujet du parrainage, avant de présenter les principaux résultats de notre recherche actuelle consacrée aux liens de parrainage qui s'appuie sur l'exemple du domaine de Nový Rychnov au cours de la première moitié du xixe siècle.
2L’importance et le rôle des parrains sont attestés par les sources à caractère personnel aussi bien que par les ouvrages littéraires ou par les recueils de coutumes populaires. La source d’information la plus riche – quoiqu’absolument sous-estimée dans le cadre de l'histoire du parrainage en Bohême – est constituée par les registres des baptêmes où la place réservée aux parrains du nouveau-né est souvent plus importante que celle accordée aux parents. Allant au-delà des strictes stipulations ecclésiastiques, le parrainage créait non seulement une relation de filiation spirituelle entre l’enfant et la personne assistant à son baptême, mais aussi un lien entre des familles entières [3]. Notons qu’à la différence des langues romanes, qui font une distinction terminologique entre le parrain et le compère, la langue tchèque ne dispose pour les deux concepts que de l’unique terme de kmotr qui désigne aussi bien la relation entre le parrain et le filleul que celle entre le parrain et les autres membres de la famille de l’enfant recevant le baptême. Au féminin, existe le terme de kmotra qui désigne en même temps la commère et la marraine.
3Au début du xve siècle, l’action réformatrice menée par Jan Hus divisa les pays tchèques sur le plan religieux. L’accession des rois Habsbourg catholiques au trône de Bohême en 1526 renforça l’adhésion de certains membres des couches les plus hautes de la société au catholicisme. Parallèlement, le luthéranisme se propageait en Bohême à partir des régions allemandes alors que l’Unité des frères tchèques, une des branches du mouvement hussite, s’inspirait de manière croissante du calvinisme. Les querelles politiques et religieuses entre le souverain et les représentants des États tchèques débouchèrent en 1618 sur une insurrection marquant le début de la guerre de Trente Ans. Les États tchèques non catholiques furent cependant vaincus dès 1620 et leur défaite fut suivie de châtiments exemplaires et d’une réforme radicale de leur organisation.
4La base constitutionnelle de ces changements fut posée par l’adoption des Constitutions rénovées qui entrèrent en vigueur en 1627 pour celle de Bohême et en 1628 pour celle de Moravie. Elles réalisèrent l’unité religieuse en rendant obligatoire aussi bien en Bohême qu'en Moravie l’adhésion de la population chrétienne au catholicisme, laissant à ceux qui s’y refusaient la possibilité de quitter le pays. L’adhésion à la foi catholique fut vérifiée à l’occasion de l’établissement en 1651 des registres de la population selon la confession (Soupis poddaných podle víry), puis, régulièrement, lors de la rédaction des listes de confessions (zpovědní seznamy) préparées chaque année pendant le Carême, listes qui représentent aujourd’hui une source précieuse pour les recherches en démographie historique. Malgré le caractère violent de la répression de la Réforme, la foi catholique s’enracina profondément dans les pays tchèques et devint un élément important de l’identité d’une majorité de la population urbaine et rurale [4].
5En 1781, l’empereur Joseph II proclama la tolérance religieuse : luthéranisme et calvinisme acquirent ainsi un statut légal. Toutefois, jusqu’en 1848, les non-catholiques représentaient une minorité jouissant de droits limités ; ils n’étaient pas autorisés à établir des registres d’état civil indépendants, juridiquement valables. Sur la plupart du territoire, la proclamation de l’Édit de tolérance ne provoqua pas de passage massif du catholicisme vers d’autres confessions. La majorité de la population resta catholique, du moins sur le plan officiel, à l’époque de la montée de la sécularisation de la société au cours du xixe et au début du xxe siècle. Les registres d’état civil laïcisés furent mis en place par l’État en 1868 ; leur pratique était cependant entièrement fondée sur le consentement libre et demeurait réservée aux athées convaincus. Naissances, mariages et décès de la quasi-totalité des habitants étaient recensés au niveau des registres religieux, surtout catholiques, et cela se poursuivit à l’époque de la Tchécoslovaquie indépendante après 1918. L’expression « catholique de registre » (matrikový katolík), devenue courante, désignait alors une personne non pratiquante, mais qui restait toutefois fidèle à la tradition catholique au moment des rituels importants de l'existence. Le changement ne survint qu’après 1948 : la mise en place du régime communiste et les persécutions touchant les institutions religieuses eurent pour conséquence une complète étatisation des registres de population ainsi que des restrictions en matière de cérémonies religieuses en général [5].
6Les premières mentions concernant les formes du parrainage sur le territoire des pays tchèques sont relativement récentes et sont liées à l’établissement des registres de population. Les premiers registres apparaissent dans les milieux non catholiques [6] ; cependant, à compter du deuxième quart du xviie siècle, c’est uniquement l’Église catholique qui est à l’origine des sources permettant d’étudier le phénomène du parrainage [7].
7Les décrets du concile de Trente, y compris la réforme de la cérémonie de baptême et celle du parrainage, furent reçus en Moravie par le synode d’Olomouc de 1591, et en 1605 seulement en Bohême, lors du synode de Prague [8]. La cérémonie de baptême ne connut d’autres grandes modifications pour ce qui concerne les catholiques [9] qu’avec le décret du synode de Prague de 1860, qui respecta cependant sur tous les points importants les principes plus anciens datant du début du xviie siècle [10]. La mise en place des registres catholiques à l’échelle du pays eut lieu dans le cadre de l’instauration des Constitutions rénovées de 1627/1628 ; or, dans de nombreuses paroisses, les archives datant de cette période ne sont pas conservées. Les sources disponibles mettent également en évidence le fait que même dans le milieu recatholicisé, l’application des principes adoptés à Trente concernant le nombre et le choix des parrains se heurta dans un premier temps aux usages anciens.
Le parrainage dans l’historiographie tchèque
8Dans l’historiographie européenne, la problématique du parrainage tient une place incontournable, que ce soit dans les recherches en ethnographie, en démographie historique ou en micro-histoire. Il n’en est pas de même quant à la recherche menée dans ce domaine en République tchèque. L’historiographie tchèque a jusqu’à présent laissé presque entièrement de côté le parrainage, notamment quand il s’est agi de l’histoire moderne, et n'a fait que reproduire des stéréotypes qui ne se fondaient pas sur des recherches analytiques. Seules exceptions à ce constat, les mentions qui sont faites du parrainage dans les travaux s'appuyant sur des documents à caractère privé, établis par des membres de la haute société ayant noté le déroulement du baptême des enfants nés dans leur entourage [11]. Dans les années 1960 et 1970, les parrains ont suscité un certain intérêt du fait du développement de l’onomastique : les recherches ont alors permis de mettre en évidence une fréquente transmission des prénoms entre parrains et filleuls [12]. L’ethnographie tchèque contemporaine s’appuie avant tout sur des travaux plus anciens décrivant les coutumes liées à la naissance d’un enfant [13]. Les décisions du concile de Trente et du synode de Prague qui le suivit en 1605, dans leur rapport avec la problématique du baptême, ont été examinées de manière détaillée par Josef Grulich, dont le travail, bien que pionnier, n’a quasiment pas trouvé de successeur [14]. Les formes plus récentes du baptême constituent l’objet des recherches de Hana Stoklasová qui se fonde sur les sources secondaires d'origine catholique (statuts synodaux, traités et manuels destinés aux prêtres, journaux spécialisés, etc.) datant du xixe siècle [15].
9Miroslava Melkesová a réalisé une recherche consacrée à la pratique concrète du parrainage à partir du cas du domaine de Chýnov en Bohême du Sud entre les années 1645 et 1654, en se focalisant notamment sur le choix de parrains dans le milieu rural [16]. Ses analyses quantitatives des notations extraites des registres de la population ne tiennent cependant compte que de l’identité des parrains, mais pas de leur relation à l’enfant baptisé et à sa famille. Une étude partielle récente traite des liens de parrainage dans la ville de Slaný en Bohême centrale ; ce travail s’inscrit dans un projet plus vaste centré sur les élites bourgeoises à l’époque de la recatholicisation [17]. L’étude des registres de la paroisse de Hlinsko en Bohême de l’Est datant de la même période a également visé pour l'essentiel la caractéristique confessionnelle des personnes inscrites en qualité de parrains [18]. Bien que les travaux mentionnés ci-dessus aient apporté des résultats intéressants, on ne peut parler en République tchèque d’une recherche systématique sur la question du parrainage. Le problème tient surtout à ce que l’attention se porte presque exclusivement sur la période de la première moitié du xviie siècle, tout à fait exceptionnelle du point de vue de l’évolution religieuse dans les pays tchèques, alors que les périodes plus récentes ne suscitent pas l’intérêt des historiens tchèques de la société [19]. L’auteur du présent article se consacre actuellement à un projet partiel au sujet des métamorphoses du parrainage dans une perspective etnographique et démographique sur l’exemple de la paroisse de Nový Rychnov en Bohême du Sud au cours du xixe siècle. [20]
10Lors des cérémonies de baptême catholiques, les parrains devaient répondre aux questions du prêtre à la place des enfants. Dans les années suivantes leur incombait la tâche de veiller à l’éducation religieuse de leurs filleuls, comme les diverses études ethnologiques citées ci-dessus le montrent [21]. Les parrains devaient également accomplir d’autres actes rituels visant à assurer la prospérité du nouveau-né ; ils étaient supposés lui offrir à l’occasion du baptême un cadeau de valeur et lui procurer un soutien dans la vie. Pour toutes ces raisons, le choix se portait d’habitude sur des personnalités importantes aptes à soutenir l’enfant à tous égards. De plus, selon une croyance généralisée que l'on retrouvait aussi dans les pays tchèques, les parrains et notamment les marraines pouvaient transmettre à leurs filleuls leurs qualités physiques ainsi que psychologiques. La parenté spirituelle fondée par le parrainage était mise sur un pied d’égalité avec la parenté charnelle. Selon l’avis général, les parrains étaient les personnes les plus importantes après Dieu et les parents, c’est pourquoi ils jouissaient du respect de la part des enfants comme de leurs géniteurs. Les parrains avaient aussi le droit de choisir le nom de l’enfant ou de lui transmettre le leur.
11Les parrains offraient aux filleuls des présents, assistaient aux moments importants de leur vie tels que la première communion, la confirmation ou le mariage et, en cas de décès prématuré, ils accompagnaient l’enfant lors des obsèques. Dans les travaux des chercheurs tchèques revient régulièrement l’idée que les parrains avaient aussi pour obligation de s’occuper de l’enfant dans un sens pratique et de prendre soin de lui si ses parents n’en étaient pas capables. Il est toutefois très difficile d’attester le véritable rôle des parrains dans la vie quotidienne de l’enfant, notamment si celui-ci perdait ses parents biologiques, car les parrains ne sont pas mentionnés dans les documents officiels. Nombre de parrains n’étaient guère en mesure d’accomplir leur mission, soit en raison d’une grande quantité d’obligations de parrainage, soit en raison de leur vieillesse ou, a fortiori, de leur décès.
12De crainte que l’enfant ne meure sans baptême, il était d’usage dans les pays tchèques jusque tard dans le xixe siècle de porter le nouveau-né à l’église le jour même de sa naissance ou le jour suivant [22]. Pour cette raison, le baptême n’était pas lié à des célébrations importantes ; malgré cela, tout au long de la période du xvie au xviiie siècle, se faisaient entendre les protestations des moralisateurs dénonçant non seulement les pratiques superstitieuses lors du baptême, mais aussi l’habitude néfaste des parrains de quitter l'église pour se rendre tout droit à la taverne, en emportant l’enfant avec eux. Selon la tradition, la mère n’assistait pas au baptême et la présence du père n’était pas non plus nécessaire. Notamment dans le milieu rural, une grande importance était attribuée encore vers la fin du xixe siècle aux coutumes et fêtes liées aux relevailles, achèvement cérémoniel de la période du post-partum (Benedictio mulieris post-partum, úvod en tchèque), quand la mère se rendait à l’église pour la première fois depuis l’accouchement afin de rendre grâces pour la naissance de l’enfant et afin de se soumettre à une purification symbolique [23].
13Le xixe siècle, et notamment sa seconde moitié, est habituellement considéré comme la période d’une profonde mutation des rituels religieux sous la pression de la sécularisation ainsi que sous l’effet d'une montée du degré d’intimité de la vie familiale. Cette tendance toucha aussi la forme du baptême, le transformant soit en fête en l’honneur du nouveau-né, soit au contraire en un acte purement formel matérialisé par une inscription au registre de la population.
14L’Église, du moins sur le plan théorique, ne réduisit pas ses exigences envers les parrains et la dignité de la cérémonie de baptême ; cependant à la fin du xixe et au début du xxe siècle, de nombreuses voix se plaignaient de la situation. Selon l’avis de certains représentants de l’Église, un grand nombre de parents étaient plus ou moins indifférents à l’égard du premier sacrement de leur enfant, tandis que pour d’autres le baptême représentait l’occasion d’organiser une fête de famille de facto profane se déroulant au domicile en présence du prêtre [24]. Dans les nouveaux quartiers ouvriers, il était souvent difficile de se procurer des témoins en vue du baptême alors qu’à la campagne, le parrainage conservait un grand prestige qui se traduisait par exemple par la pratique de la demande en parrainage rituelle [25].
15Jusqu’à la publication du Code de droit canonique de 1917, les prescriptions quant au choix des parrains découlaient de celles du concile de Trente, dans les pays tchèques comme partout dans l’Europe catholique. Ces prescriptions furent appliquées dans le milieu tchèque avec plusieurs décennies de retard ; la concordance temporelle entre leur proclamation et la mise en place des registres catholiques ne permet pas d’étudier de manière détaillée la progression de leur adoption en pratique. Il est d’autant plus intéressant d’observer les répercussions des mesures de la Contre-Réforme sur la pratique du parrainage. Il s’avère que jusque tard dans le xviie siècle en Bohême les baptêmes réunissant autour des fonts baptismaux des personnes de confession différente n’étaient pas exceptionnels, ce qui peut être la preuve d’un rythme souvent assez lent de l’action de l’Église catholique en matière de Contre-Réforme [26].
16Parfois, au contraire, le changement marquant des pratiques du baptême allait de pair avec une recatholicisation radicale. Par exemple à Slaný où, après 1623, le pouvoir passa entre les mains des seigneurs catholiques, le nombre habituel de parrains, qui se situait entre deux et onze par enfant, baissa rapidement à trois et les réseaux sociaux construits par le biais du parrainage réciproque entre familles connurent une véritable transformation [27]. Une analyse prosopographique au sujet des liens de parrainage pourrait être une contribution importante à la connaissance des liens mutuels entre les membres des confessions non-catholiques dans la période antérieure à la déclaration de l’Édit de tolérance en 1781 et dans les premières décennies suivantes [28].
17La lutte contre une laïcisation excessive des actes religieux amena l’Église catholique à réaffirmer la valeur fondamentale du baptême comme premier sacrement et à limiter le nombre de parrains à deux, un homme et une femme. Le parrain figurant dans le registre en première position se nommait le levans, le deuxième était appelé le patrinus (kmotr) ; les autres personnes présentes ne jouaient que le rôle de testes – témoins de la cérémonie. Les recherches réalisées révèlent le fait que vers le milieu du xviie siècle, dans les villes comme dans les campagnes de Bohême, il était d’usage d’enregistrer les noms de trois personnes : deux hommes et une femme pour les garçons et deux femmes et un homme pour les filles [29]. L’absence de recherches plus poussées ne permet pas de préciser la période où la restriction du nombre de parrains à deux se généralisa ; au cours du xviiie siècle, les registres des baptêmes indiquent cependant couramment deux personnes (un parrain et une marraine) nommés kmotr et kmotra.
18Théoriquement, les femmes étaient exclues de la participation au baptême dès lors qu'elles étaient elles-mêmes mères d’enfants nouveau-nés et qu'elles ne pouvaient pas assister aux offices pendant la période du post-partum. Ce fait est attesté par Josef Kadeřábek à partir de l’exemple de plusieurs bourgeoises vivant à Slaný dans la première moitié du xviie siècle [30]. Nous ignorons néanmoins si cette règle resta en vigueur au cours des périodes ultérieures où la diminution de l’importance de la purification rituelle de la femme suite aux couches est probable. Y compris dans les couches inférieures de la société, la charge de parrainage pouvait être acceptée par procuration ; dans ce cas, le curé était censé indiquer dans le registre le nom du parrain ainsi que celui de son représentant. Les notations « doubles » sont cependant rares dans les registres, la règle ne semble donc pas avoir été toujours scrupuleusement suivie.
19La restriction du nombre de personnes participant activement au baptême du nouveau-né a imprimé au parrainage une forme toute particulière en Bohême ainsi que dans d’autres pays catholiques. Tout au long de la période concernée, les parents ressentaient tout à fait le poids de l’obligation d’éviter que leur enfant ne meure sans avoir reçu le baptême. De ce fait, le choix des parrains se portait sur des personnes résidant dans les alentours immédiats. Plus tard, dans la seconde moitié du xixe siècle, compte tenu de la baisse de la mortalité infantile et des progrès dans les communications routières, l’horizon géographique des parrains commença à s’élargir. Or, un parrain géographiquement éloigné n’était pas en mesure d’assumer réellement son devoir envers le filleul et sa relation avec la famille de l’enfant était plutôt d'ordre symbolique. La proximité géographique était souvent liée à l’homogénéité sociale et à la parenté biologique.
20Les liens déjà existants étaient régulièrement renforcés, en particulier par la « transmission » du parrainage au sein d’une même famille ou par la parenté spirituelle réciproque de plusieurs familles. En particulier dans les périodes plus anciennes, les mêmes parrains étaient sollicités de manière répétitive, vraisemblablement parce qu’il y avait besoin de ne pas trop augmenter le nombre de personnes entre lesquelles le mariage était interdit. En effet, en matière de mariage, les parrains devaient obéir aux mêmes règles que les personnes qui possédaient une relation de parenté consanguine ou de parenté par alliance. En plus des prescriptions de l’Église, le mariage entre le parrain et la marraine du même enfant était également considéré comme portant malheur [31]. En revanche, s’imposa progressivement l’habitude de solliciter en parrainage non des individus mais plutôt une famille en tant qu’ensemble, souvent donc un couple d’époux [32].
21La raison la plus importante du parrainage répété était la volonté de renforcer les liens mutuels avec une famille avec laquelle on était déjà en relation de parenté. De ce fait, frères et sœurs avaient fréquemment le même parrain et la même marraine, la transmission du lien de parrainage entre les générations n’étant pas rare non plus. Dans les couches populaires de la société tchèque de certaines régions, un système se fixa pendant le xixe siècle selon lequel les nouveau-nés recevaient leurs prénoms en fonction de l’ordre de la naissance et dans lequel les parrains communs à tous les frères et sœurs jouaient un rôle décisif [33]. Il semble également que lors du choix des parrains la priorité était accordée à des personnes plutôt jeunes, c’est-à-dire habituellement celles qui étaient approximativement du même âge que les parents de l’enfant. Une analyse portant sur la région de Chýnov au milieu du xviie siècle a ainsi montré que la charge de parrains était remplie par des personnes jeunes, ayant moins de 34 ans [34].
22Un rôle tout à fait exceptionnel revenait, dans les premiers moments suivant la naissance de l’enfant, aux sages-femmes. Elles avaient le droit et l’obligation de procéder sans délai à l’ondoiement si le nouveau-né était mal portant. Les sages-femmes assistaient régulièrement au baptême des enfants qu’elles avaient accouchés car, à partir de la fin du xviiie siècle, leur fonction les obligeait à déclarer l’accouchement auprès de l’autorité paroissiale compétente et à lui transmettre les données correspondantes en vue de l’inscription sur les registres [35]. Elles devenaient souvent aussi des marraines officielles des enfants, sans appartenir toutefois aux couches sociales aisées [36]. Dans la seconde moitié du xixe siècle, semble-t-il, elles acceptaient ce rôle de plus en plus fréquemment, souvent accompagnées des sacristains, sans que d’autres parrains aient été sollicités. Le couple formé par la sage-femme et le sacristain pouvait ainsi devenir des « parrains universels » du hameau, sans être cependant en mesure d’honorer les engagements envers tous leurs filleuls [37].
23Ce fait, bien que pour le moment il n’ait pas été suffisamment vérifié au moyen d’analyses des registres paroissiaux, contredirait les théories du choix stratégique des parrains parmi les membres de la famille ou parmi des personnes haut placées dans la société. Or, le parrainage « universel » des sages-femmes et des sacristains ne saurait peut-être pas s’expliquer seulement par le peu d’importance accordé au baptême. Dans un certain nombre de cas individuels, l’absence d’autres parrains pourrait tenir à la santé précaire des nouveau-nés dont le baptême était organisé hâtivement et sans le délai qu’aurait nécessité l’invitation d'hôtes d’importance. Une recherche relativement simple, consistant à confronter les registres des naissances et des décès, pourrait confirmer cette théorie ; une telle analyse n’est cependant pas encore à disposition. L’indifférence évidente et généralisée à l’égard de la participation au baptême pourrait toutefois prouver de façon convaincante la tiédeur religieuse ou la disparité confessionnelle au niveau de la région examinée.
Le parrainage à l’époque du déclin de la société rurale traditionnelle : Nový Rychnov 1785-1855
24Le parrainage est devenu une des questions annexes de la recherche que nous avons menée sur le veuvage et l’orphelinage dans le milieu rural, réalisée à partir de l’exemple du domaine de Nový Rychnov, en Bohême du Sud à proximité de la frontière morave, entre les années 1785 et 1855 [38]. L’étude des liens de parrainage au sein de cette recherche a été justifiée par le fait que le parrainage dans la société traditionnelle est considéré par l’historiographie tchèque comme une « assurance » contre un avenir imprévisible [39]. Parmi les situations de crise auxquelles les familles rurales devaient fréquemment faire face, on comptait bien entendu la mort prématurée de l’un des parents [40]. C’était sans doute un moment où pouvaient intervenir des personnes n’appartenant pas à la famille la plus proche, afin d’aider celle-ci à surmonter les difficultés qu'engendrait le décès du père ou de la mère, le devoir le plus exigeant étant celui de prendre en charge les enfants du défunt. Le réseau social de solidarité formé autour de l’orphelin consistait en plusieurs sphères et pouvait intégrer également les parrains, particulièrement dans le cas où ceux-ci étaient (comme démontré plus loin) en même temps liés à l’enfant par des liens de parenté biologique [41].
25Notre recherche se fonde sur une analyse prosopographique incluant 485 familles, dans lesquelles soit le père, soit la mère des enfants mineurs décédèrent au cours de la période considérée. Au total, les analyses ont recensé 1 199 garçons et filles devenus orphelins de père ou de mère avant d’atteindre l’âge de vingt ans [42]. Au bout du compte, les liens du parrainage ont pu être analysés sur un échantillon de 1 054 enfants. Les données relatives aux familles et aux individus ont été puisées dans différentes sources, avant tout dans les registres de la population mais aussi dans les livres fonciers, les testaments, les contrats de mariage ou les listes de confessions [43]. De par sa dimension réduite, l’échantillon d‘analyse ne prétend pas fournir des valeurs statistiquement significatives, mais il paraît néanmoins offrir une image représentative de la nature des liens sociaux et de parenté dans le passé.
26Sur le plan de la parenté spirituelle, le rôle revenant aux hommes et aux femmes était comparable : à de rares exceptions près, l’enfant avait un parrain et une marraine dont les noms étaient indiqués dans les registres de la région de Nový Rychnov selon un ordre correspondant au sexe de l’enfant. Si l’enfant recevant le baptême était un garçon, la priorité était donnée au parrain ; s’il s’agissait d’une fille, le nom de la marraine figurait en premier. Le couple de personnes présentant l’enfant au baptême était régulièrement formé de deux personnes ayant une relation de parenté proche. Dans quatre cas sur cinq, il s’agissait de deux époux ; bien plus rarement, un veuf ou une veuve se présentait à l’église en compagnie d’un enfant adulte. Seuls 15,4 % des baptêmes furent administrés avec des parrains n’ayant aucun lien de parenté proche entre eux (tableau 1).
| Lien | Nombre de couples | % |
| Conjoints | 836 | 79,3 |
| Père et fille | 31 | 2,9 |
| Mère et fils | 8 | 0,8 |
| Frère et sœur | 9 | 0,9 |
| Relation de parenté non identifiée | 8 | 0,8 |
| Aucune relation | 162 | 15,4 |
| Total | 1 054 | 100 |
27Dans la région de Nový Rychnov, dans la première moitié du xixe siècle, deux modèles parallèles de parrainage s’appliquaient : vertical et horizontal. Il a été possible de comparer la situation sociale des parrains et de leurs filleuls dans 1 049 cas, et le résultat porte à croire que la part des parents spirituels appartenant aux mêmes couches sociales était approximativement la même que celle de ceux issus des couches plus élevées [44]. En effet, presque la moitié des parents choisissaient pour parrains des personnes du même milieu social alors que l’autre moitié préférait des parrains ayant une meilleure situation sociale (tab. 2). Dans quelques cas cependant, les parrains présentant l’enfant au baptême avaient un statut social légèrement inférieur à celui de la famille du nouveau-né baptisé. L’homogénéité sociale était un peu plus fréquente dans le cas où les parrains étaient liés aux filleuls non seulement par des liens spirituels mais aussi biologiques [45].
La position sociale des parrains en comparaison de celle des parents de leur filleul/filleule.
| Parrains de rang social | Apparentés | Non-apparentés | Total | |||
| No. | % | No. | % | No. | % | |
| Plus élevé | 90 | 18,8 | 390 | 81,2 | 480 | 45,8 |
| Équivalent | 134 | 25,6 | 389 | 74,4 | 523 | 49,8 |
| Plus bas | 24 | 52,2 | 22 | 47,8 | 46 | 4,4 |
| Total | 248 | 23,6 | 801 | 76,4 | 1 049 | 100 |
28Près d'un quart des enfants baptisés étaient en relation de parenté consanguine avec au moins un des parrains. Dans la grande majorité de ces cas, les deux parents spirituels étaient un couple d’époux, le lien de parenté était donc d’autant plus fort [46]. Le nombre de parrains du côté paternel et celui du côté maternel n'étaient guère différents. Dans 119 cas, les parents du baptisé sollicitèrent la famille de la mère, dans 120 cas celle du père, neuf couples de parrains étant composés de représentants des deux branches de la famille. La parenté spirituelle avait donc pour effet de renforcer les liens déjà existants et il est intéressant de noter que la famille de la mère jouissait à cet égard du même respect que la famille du père [47]. Le parrainage était susceptible de servir de moyen de rééquilibrage des relations entre les deux branches de la famille de l’enfant, fonctionnant pour le reste de manière surtout patriarcale et aussi patrilocale.
29Le fait que de très nombreux parrains spirituels appartenaient à la famille de l’enfant baptisé révèle un autre trait caractéristique du parrainage dans la région étudiée. La majorité des familles avaient tendance à renforcer au moyen du parrainage les relations déjà existantes plutôt que de créer des relations nouvelles. La domination du modèle « intensif » de parrainage est corroborée par les résultats des recherches ethnographiques plus anciennes selon lesquelles tous les frères et sœurs avaient le même parrain et, dans certaines familles, le parrainage se transmettait de génération en génération [48].
30Dans la région de Nový Rychnov, les parents avaient effectivement tendance à choisir pour parrains de leurs enfants toujours les mêmes personnes. Parmi les enfants du corpus analysé, 285 groupes de frères et sœurs ont été identifiés, dont il a été possible de comparer les noms des participants aux cérémonies de baptême. Dans plus de la moitié des cas (166 familles, soit 58,2 %), tous les frères et sœurs avaient des parents spirituels identiques, et ces derniers se trouvaient être souvent des membres de leur parenté proche. Dans seulement 39 familles (13,7 %), chaque enfant avait ses propres parrain et marraine, ce qui signifie qu’à chaque naissance les parents choisissaient et obtenaient pour leur progéniture de nouveaux parents spirituels. Dans le quart restant des familles (80 familles, soit 28,1 %), les frères et sœurs n’avaient pas tous des parrains identiques mais certains d'entre eux étaient néanmoins sollicités à plusieurs reprises. Le changement était généralement dû à l’âge ou au décès du parent spirituel des enfants aînés : dès lors, la charge de parrainage se transmettait au descendant du parrain ou de la marraine concerné, voire au nouveau conjoint de son veuf ou de sa veuve.
31Il est intéressant de noter que dans six familles, le parrain et la marraine restèrent les mêmes alors que leurs filleuls et filleules n’étaient que des demi-frères et demi-sœurs ayant un père commun. Dans deux familles, les parrains ne changèrent pas alors que les enfants naquirent d’une mère commune et de deux pères différents. Des choix atypiques de parrains sont attestés dans les familles de meuniers dont les branches, fort ramifiées et géographiquement relativement éloignées, étaient liées par des relations d’alliance ainsi que par celles de parrainage. Cette couche spécifique de la société rurale était très attachée à ses biens ainsi qu'à ses privilèges parmi lesquels la liberté personnelle. Ce fait se reflétait aussi dans le choix des parrains des enfants de meuniers : un parrain sur quatre était membre de cette même profession, quitte à ce que soient franchies en vue du baptême les limites de la paroisse et du domaine. C'est ainsi, par exemple, que le 13 novembre 1811, à Nový Rychnov, Eleonora Vopálenská, née la veille, fut parrainée par son oncle et sa tante venus de Jihlava en Moravie, à trois heures de marche.
32Certains parents voyaient dans le baptême de leur enfant une occasion de renforcer leur propre prestige et d’élargir ou de confirmer les contacts sociaux avec des personnes de rang plus élevé. Seuls 47 enfants (soit 4,5 %) bénéficièrent cependant d’un parrain réellement représentatif issu d’une couche sociale nettement supérieure. En majorité, il s’agissait de fonctionnaires seigneuriaux et de membres de leurs familles ; dans sept cas, un prêtre local fut sollicité malgré l’interdiction officielle défendant aux ecclésiastiques d’accepter la charge de parrain. Aux yeux de la société rurale, être un filleul du curé, de l’intendant de seigneurie ou de sa fille apparaissait sans doute comme un privilège et un honneur. En revanche, les prêtres ainsi que les officiers étaient relativement mobiles et changeaient souvent de poste ; de ce fait, leur présence auprès du filleul était d’une durée incertaine.
33Il était plus sûr de solliciter pour parrain un membre d’une couche sédentaire aisée de la société rurale, apte non seulement à offrir à l’enfant un présent de valeur à l’occasion du baptême mais aussi à le soutenir au cours de sa vie future, grâce entre autres à l’autorité dont le parrain jouissait au village. Cette tendance peut s’observer dans bon nombre de parrainages de gros paysans qui, au-delà de leur richesse, bénéficiaient d'une influence dans la communauté et d'un respect général, ou bien encore d'individus qui participaient à la gestion autonome locale. Par exemple, le boulanger Jan Kouřimský, sa femme et son fils eurent au total quinze filleuls et filleules vivants ; quant au maire Jan Pípal, il parraina au moins vingt enfants au sein de notre corpus.
34Le couple de parrains le plus populaire à Nový Rychnov dans la première moitié du xixe siècle était composé de membres de la famille du petit propriétaire immobilier Jan Kučera : sa femme, son fils, sa bru et lui parrainèrent 68 enfants de notre échantillon sans pour autant appartenir à l’élite de la société rurale [49]. La raison de la popularité de cette famille est sans doute à chercher dans leurs professions héréditaires de sacristain et de sage-femme, transmises de père en fils et de belle-mère en belle-fille. Comme nous l’avons vu, le sacristain et la sage-femme assistaient au baptême au titre de leur profession et les solliciter pour parrains constituait la solution la plus simple et la plus rapide, surtout si les parents craignaient pour la vie et pour le salut de l’âme de leur enfant.
35Or, quel était le rôle joué par les parrains dans la vie des filleuls grandissant ? En comparant les noms des parrains, des tuteurs et d’autres personnes ayant des responsabilités envers les orphelins, nous ne constatons aucune implication importante des parents spirituels. Dans seulement six des 142 cas connus, un parrain figure en qualité de tuteur : dans deux cas, le parrain était en même temps l’oncle paternel de l’enfant et, dans deux autres cas, il s’agissait du maire du village. Il s’ensuit que la relation de parrainage ne constituait pas un critère décisif de désignation des tuteurs des enfants [50].
Conclusion
36L’historiographie tchèque contemporaine ne s'est préoccupée de la problématique du parrainage que rarement et de manière peu systématique. Les études partielles donnent toutefois un aperçu de l’ampleur exceptionnelle de cet enjeu et de ses nombreux aspects intéressants qui ne sont pas évoqués pour l'heure dans les travaux des historiens tchèques. Or l’état actuel des recherches dans ce domaine offre davantage de questions que de réponses et ne cesse d’ouvrir de nouvelles perspectives d’études. Le concept de parrainage conforme aux prescriptions adoptées par le concile de Trente s’impose dans les pays tchèques au cours du deuxième quart du xviie siècle, lors de la recatholicisation du pays ordonnée par le souverain. À la même période sont ouverts de nombreux registres de la population catholiques. Dans le courant des xviie et xviiie siècles, le nombre de parrains est limité à deux ; au fur et à mesure s’impose l’usage de donner aux enfants nés dans la même famille les mêmes parrains, souvent un couple d’époux ou deux parents spirituels liés par une autre forme de relation de parenté.
37La recherche effectuée sur le domaine de Nový Rychnov en Bohême du Sud, qui concerne la période de la fin du xviiie et du début du xixe siècle, a révélé une importance comparable du parrainage horizontal et vertical ainsi qu’une proportion quasi-égale de parrains apparentés et non-apparentés. La sollicitation répétée des mêmes personnes pourrait s’expliquer par la volonté des parents de renforcer sans cesse les relations mutuelles.
38Des recherches fondées sur les sources d’archives font cependant défaut qui permettraient de valider l’hypothèse avancée par les historiens tchèques, selon laquelle le parrainage impliquait le devoir de prendre soin de l’enfant en cas d’incapacité ou de décès des parents. De ce fait, le rôle joué par les parrains dans la vie des enfants reste encore méconnu.