Chapitre d’ouvrage

En mouvement les signes

L’espace urbain à hauteur de talons

Pages 148 à 163

Citer ce chapitre


  • Jarrigeon, A.
(2016). En mouvement les signes L’espace urbain à hauteur de talons. Dans
  • Sous la direction de S. Chardonnet Darmaillacq,
  • avec la collaboration de G. Amar
  • et M. Apel-Muller
Le génie de la marche : Poétique, Savoirs et Politique des Corps Mobiles (p. 148-163). Hermann. https://doi.org/10.3917/herm.amar.2016.01.0148.

  • Jarrigeon, Anne.
« En mouvement les signes : L’espace urbain à hauteur de talons ». Le génie de la marche Poétique, Savoirs et Politique des Corps Mobiles, Hermann, 2016. p.148-163. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-genie-de-la-marche--9782705692827-page-148?lang=fr.

  • JARRIGEON, Anne,
2016. En mouvement les signes L’espace urbain à hauteur de talons. In :
  • Sous la direction de CHARDONNET DARMAILLACQ, Sabine,
  • avec la collaboration de AMAR, Georges
  • et APEL-MULLER, Mireille,
Le génie de la marche Poétique, Savoirs et Politique des Corps Mobiles. Paris : Hermann. Colloques de Cerisy, p.148-163. DOI : 10.3917/herm.amar.2016.01.0148. URL : https://shs.cairn.info/le-genie-de-la-marche--9782705692827-page-148?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/herm.amar.2016.01.0148


Notes

  • [1]
    Georges Amar et Véronique Michaud (dir.), La marche au cœur des mobilités. État des connaissances, Lyon, Éditions du Certu, 2009.
  • [2]
    Les réflexions présentées ici s’appuient largement sur ma thèse de doctorat Corps à corps urbains, vers une anthropologie poétique de l’anonymat parisien, soutenue en 2007 sous la direction de Yves Jeanneret et Yves Winkin. Certains des matériaux mobilisés pour l’analyse ont été produits plus récemment, en particulier la video La marche au ras du sol, projetée lors du colloque.
  • [3]
    Marcel Mauss, « Les techniques du corps », Sociologie et anthropologie [puf, 1950], Paris, puf, 1995, p. 380.
  • [4]
    « Le corps est le premier et le plus naturel instrument de l’homme. Ou plus exactement, sans parler d’instrument, le premier et le plus naturel objet technique et en même temps moyen technique, de l’homme, c’est son corps », souligne Marcel Mauss dans Sociologie et anthropologie, p. 372.
  • [5]
    M. Mauss, op. cit. p. 368.
  • [6]
    Mes recherches s’inscrivent dans la lignée des travaux précurseurs conduits au sein du Cresson (Centre de recherche sur l’espace sonore et l’environnement urbain, énsa Grenoble, umr 1563 « Ambiances architecturales et urbaines »), par Jean-François Augoyard, Pascal Amphoux, Grégoire Chelkoff, Jean-Paul Thibaud et Rachel Thomas.
  • [7]
    L’observation filmée fait partie de mes modes de recherche. Depuis 2002, je réalise des vidéos en milieu urbain qui s’intègrent à différents titres dans mes travaux.
  • [8]
    Camilla Morton, Comment marcher sur des talons aiguilles. Absolument tout pour être tendance, Paris, Le Livre de Poche, 2006 (How To Walk In High Heels, New York, Hodder & Stoughton, 2006).
  • [9]
    Idem, p. 40.
  • [10]
    Paul Smaïl, Ali le Magnifique [Denoël, 2001], Paris, Le Livre de Poche, 2003, p. 138.

« Vous marchez trop, et sans doute avec des chaussures pas tout à fait adaptées », m’explique le médecin consulté pour une douleur lancinante à la cheville, après avoir m’avoir diagnostiqué une tendinite : « Si vous voulez continuer à avoir ce mode de vie, il faudra sans doute porter des semelles sur mesure. » Je marche en effet beaucoup au quotidien : je vis à Paris, travaille en banlieue dans un laboratoire situé à un bon quart d’heure de la gare de rer et des lieux de restauration. Cette mobilité « active » n’est ni complètement subie ni véritablement choisie, même si j’ai fait mienne une vision positive de ces déplacements dynamiques, m’appropriant certaines des vertus de la marche : exercice physique, expérience de la continuité, autonomie, recentrement… Je me suis donc étonnée de la remise en question d’un « choix modal » a priori valorisé de façon consensuelle par le milieu médical. Ce soupçon pesant sur le port ergonomiquement incorrect de mes souliers (alors même que j’étais venue à mon rendez-vous en baskets), est même à l’origine de l’orientation de mes propos sur les aspects corporels de la marche dans les espaces publics urbains. Devoir pour me rendre à Cerisy à la fois retrouver mes « chaussures de marche » dans la perspective de promenades en milieu naturel, mais également prendre rendez-vous avec un podologue pour pouvoir continuer à marcher au quotidien, comme le font plus de la moitié des Parisiens, m’a poussée à une focalisation sur ces objets triviaux directement impliqués dans la mobilité, évoqués et faisant sens pour tous, mais peu analysés par les chercheurs en sciences sociales : les « chaussures » dites « de ville »…


Date de mise en ligne : 29/04/2021

https://doi.org/10.3917/herm.amar.2016.01.0148

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