Ödön von Horváth dans les mises en scène d’André Engel : la « cinématisation » du théâtre
Pages 123 à 130
Citer cet article
- PERRUCHON, Véronique,
- Perruchon, Véronique.
- Perruchon, V.
https://doi.org/10.4000/germanica.20739
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- Perruchon, V.
- Perruchon, Véronique.
- PERRUCHON, Véronique,
https://doi.org/10.4000/germanica.20739
Notes
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[1]
Cette appellation a d’abord été employée par Philippe Madral en titre de son ouvrage Le Théâtre hors les murs, Paris, Éditions du Seuil, 1969, dans lequel il désigne ainsi le théâtre créé hors des murs de la capitale. Elle désigna ensuite les spectacles créés dans des salles non dédiées au théâtre. Voir Véronique Perruchon, André Engel : œuvre théâtrale, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2018, p. 3-10.
-
[2]
Textes français de Henri Christophe publiés aux éditions L’Arche.
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[3]
Guy Debord, La Société du spectacle, Paris, Buchet-Chastel 1967, rééd. Gallimard, 1992, p. 16.
-
[4]
Il s’agit d’un hangar qui faisait partie depuis le XIXe siècle d’un ensemble conçu par Garnier en même temps que l’Opéra de Paris et destiné à la construction et au stockage des décors – un lieu historique dont la transformation en salle de spectacle fut inaugurée par Patrice Chéreau avec Phèdre début 2003. Le Jugement dernier d’André Engel sera le deuxième spectacle créé dans la salle qui devait être temporaire alors.
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[5]
Ce néologisme me permet de désigner le rapport spécifique que le théâtre d’André Engel entretient avec le cinéma, comme Jean-Pierre Sarrazac a pu parler de « romanisation » du théâtre.
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[6]
Cf. « Ödön von Horváth. Mode d’emploi (au public) », in : Heinz Schwarzinger, Ödön von Horváth, repères, Arles, Actes Sud-Papiers, 1992, p. 79-82.
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[7]
Jean-Claude François, Histoire et fiction dans le théâtre d’Ödön von Horváth, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 1978. Propositions de complément :
Nicole Streitler-Kastberger et Martin Vejvar (dir.), « Ich denke ja gar nichts, ich sage es ja nur. » Ödön von Horváth, Erotik, Ökonomie und Politik, Salzburg, Jung und Jung, 2018.
Julia Bertschik, « Das Gesicht als mediales Artefakt: die Totenmaske der ‘Inconnue de la Seine’: faciale Kontexte und Schreibweisen », in : Nicole Streitler-Kastberger et Martin Vejvar (dir.), Horváth lesen, Wien [u.a.], Böhlau, 2013, p. 89-102.
Hajo Kurzenberger, « Horváth-Spielräume: zu Inszenierungen von Breth, Kriegenburg, Kušej und Marthaler », in : Klaus Kastberger (dir.), Ödön von Horváth: Unendliche Dummheit – dumme Unendlichkeit, Wien, Zsolnay, 2001, p. 155-178. -
[8]
Ibid., p. 191.
-
[9]
Cité par J.-C. François, in : ibid., p. 193.
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[10]
Gilles Deleuze et Félix Guattari, Kafka : pour une littérature mineure, Paris, Les Éditions de Minuit, 1975.
André Engel fut un metteur en scène français phare des années 1970-1980, période de pleine explosion artistique, où son théâtre « hors les murs » incarnait la volonté de contourner la tradition théâtrale bourgeoise et la recherche d’un nouveau rapport au public. Durant sa carrière, qui s’étire jusqu’à la première décennie des années 2000, André Engel s’empare à trois reprises de l’œuvre d’Ödön von Horváth : les Légendes de la forêt viennoise en 1992, Le Jugement dernier en 2003 et enfin, en 2013, La Double mort de l’horloger, son dernier spectacle de théâtre créé d’après deux courtes pièces de Horváth présentées en diptyque, Meurtre dans la rue des Maures de 1923 et L’Inconnue de la Seine de 1933. Les trois spectacles sont imprégnés d’un réel revu par le cinéma d’après-guerre qui réactive une histoire collective constituée à travers et par la représentation cinématographique. La forme et le fond « cinématisés » créent un lien avec la fausseté de l’univers des personnages du théâtre d’Ödön von Horváth dans un rapport complexe entre vérité et mensonge que l’auteur dénonce de manière subtile par les faux-semblants du langage.
- théâtre
- Ödön von Horváth
- André Engel
- cinématisation
- mise en scène
Mots-clés éditeurs : André Engel, cinématisation, mise en scène, Ödön von Horváth, théâtre
Ödön von Horvath in André Engels Inszenierungen: Die "Cinematographisierung" des Theaters
André Engel war einer der wichtigsten französischen Regisseure der 1970er und 1980er Jahre, inmitten einer Periode gewaltiger künstlerischer Umwälzungen, in der sein Theater „hors les murs“ den Willen darstellte, die bürgerliche Theatertradition zu umgehen und einen neuen Bezug zum Publikum zu suchen. Während seiner Laufbahn, die bis in das erste Jahrzehnt des 21. Jahrhunderts andauerte, hat sich André Engel dreimal eines Werkes von Ödön von Horváth angenommen: Légendes de la forêt viennoise (Geschichten aus dem Wiener Wald) 1992, Le Jugement dernier (Der Jüngste Tag) 2003 und schließlich, 2013, La Double mort de l’horloger, seine als Diptychon aufgeführte letzte Inszenierung, die zwei kurze Stücke von Horváth verarbeitet: Meurtre dans la rue des Maures (Mord in der Mohrengasse, 1923) und L’Inconnue de la Seine (Die Unbekannte aus der Seine, 1933). Die drei Aufführungen sind von einer durch das Nachkriegskino geprägten Sicht auf die Realität gekennzeichnet, die eine kollektive Geschichte durch die cinematographische Darstellung wiederbelebt. Von der cinematographischen Ästhetik inspiriert, erzeugen Form und Inhalt einen Bezug zur Falschheit des Milieus der Personen im Theater von Ödön von Horváth in einem komplexen Verhältnis von Wahrheit und Lüge, das der Autor auf subtile Weise durch die Doppelbödigkeit der Sprache denunziert.
- Ödön von Horváth
- Theater
- André Engel
- Kino
- Inszenierung
Mots-clés éditeurs : André Engel, Inszenierung, Kino, Ödön von Horváth, Theater
Ödön von Horvath in the theatre productions of André Engel: the "cinematization" of drama
André Engel was a leading French director in the 1970s and 1980s, a period of great artistic explosion, when his “outside the walls” theatre embodied the desire to bypass the bourgeois theatrical tradition and the search for a new relationship with the public. During his career, which lasted until the first decade of the 2000s, André Engel took up the work of Ödön von Horváth three times: Tales from the Vienna Woods in 1992, The Last Judgement in 2003, and finally, in 2013, The Double Death of the Watchmaker, his last theatre production based on two short plays by Horváth presented as a diptych, Murder in Muslim Street from 1923 and The Stranger of the Seine River from 1933. The three shows are impregnated with a reality revisited by post-war cinema, which reactivates a collective history constituted through and by cinematographic representation. The “cinematizetion” form and content create a link with the falseness of the universe of the characters in Ödön von Horváth’s theatre in a complex relationship between truth and lies that the author subtly denounces through the falseness of language.
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- theatre
- André Engel
- cinematization
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Mots-clés éditeurs : André Engel, cinematization, Ödön von Horváth, stage direction, theatre