Pearl King sur le trapèze volant
- Par Gloria Leff
Pages 19 à 29
Citer cet article
- LEFF, Gloria,
- Leff, Gloria.
- Leff, G.
https://doi.org/10.3917/ess.055.0019
Citer cet article
- Leff, G.
- Leff, Gloria.
- LEFF, Gloria,
https://doi.org/10.3917/ess.055.0019
Notes
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[1]
Intervention au colloque de L’Instance lacanienne, « Le cas du psychanalyste et son objet », 1er juin 2024.
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[2]
J. Allouch, L’Autresexe, Paris, Epel, 2016, p. 19.
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[3]
P. King, « On a patient´s unconscious need to have “bad parents” (1963-1974) », dans Time Present and Time Past. Selected Papers of Pearl King, Grande-Bretagne, Karnac, 2005, p. 75. [En français, « Sur le besoin inconscient d’un patient d’avoir de “mauvais parents” (1963-1974) », dans N. Guérin (sous la direction de), Jacques Lacan et le cas de Pearl King. La possibilité d’une psychanalyse, Préface de E. Porge, trad. de l’anglais par S. Maubrun, Paris, érès, 2023, p. 41.
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[4]
J. Allouch, La scène lacanienne et son cercle magique. Des fous se soulèvent, Paris, Epel, 2017, p. 28, note 39.
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[5]
J. Lacan, Écrits, Paris, Le Seuil, 1966, p. 323-362.
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[6]
Voir L. E. Tower, « Le contre-transfert », dans Le contre-transfert, Paris, Navarin/Le Seuil, 1987, p. 121 ; G. Leff, Portraits de femmes en analyste. Lacan et le contre-transfert, Paris, Epel, 2009, p. 118-121.
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[7]
D. Estrín, Lacan día por día. Los nombres propios en los seminarios de Jacques Lacan, Buenos Aires, Pieatierra, 2002, p. 231.
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[8]
À la demande de Nicolas Guérin, j’ai contacté Christine English (British Psychoanalytical Society), Heather Wood (Institute of Psychoanalysis, iopa) et Ewan O’Neill (Archives de la bpa) pour demander l’autorisation de traduire et publier l’intervention inédite de Pearl King au pré-congrès de l’ipa en 1963. O’Neill m’a précisé que les documents de King, confiés en 2015, restent non catalogués (environ soixante-dix boîtes), et m’a alors demandé une copie du texte en ma possession. Après plusieurs mois d’échanges, la publication n’a pas été autorisée. Échanges personnels avec C. English, H. Wood et E. O’Neill, de juillet à octobre 2024.
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[9]
K. Robinson, « Introduction to Pearl King and her work », dans P. King, Time Present and Time Past. Selected Papers of Pearl King, Grande-Bretagne, Karnac, 2005, p. 7.
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[10]
M. Klein – qui a introduit l’importance de la mère, surtout dans les premiers stades du développement – ; Winnicott – qui a attiré l’attention sur le fait que la mère est aussi une personne avec ses propres conflits intrapsychiques – ; Balint et Bowlby – qui auraient mis en relief le père et l’environnement familial.
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[11]
P. King, « Sur le besoin inconscient d’un patient d’avoir de “mauvais parents” », op. cit., p. 23.
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[12]
C’est-à-dire que soit l’analyste est le siège de l’objet partiel – comme c’est le cas de Freud avec la « jeune homosexuelle », où, identifié à l’idéal du père, il reste érotiquement inaccessible, l’objet demeure enkysté en lui, et l’analyse devient interminable –, soit l’analyse devient l’espace où gît cet objet. À ne pas être logé chez l’analyste, l’objet peut se mettre à jouer chez l’analysant. Dans ce cas, l’analyse peut être portée au-delà de l’angoisse de castration, comme dans le cas « réussi » de Lucia Tower, tel que le lit Lacan. Ce franchissement devint possible quand l’analyste se laissa, même sans le savoir, prendre comme partenaire féminin : elle ne retint plus l’objet, n’opposa pas de résistance à l’équivoque, et se laissa mener par l’érotique analytique. Voir G. Leff, Portraits de femmes en analyste, op. cit.
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[13]
« […] et si l’analyste avait su justement repérer la fonction de son désir, elle se serait aperçue que le patient lui faisait à elle le même effet, c’est à savoir qu’elle était par lui transformée en objet a. Et la question est de savoir pourquoi elle a supporté dix ans une tension qui lui était à elle-même si intolérable, sans se demander quelle jouissance elle pouvait y prendre elle-même. Là est la véritable question. Comme c’est toujours le cas dans la névrose de transfert, dont on dit qu’elle est au ressort des analyses interminables, on voit ici se pointer ce qu’on appelle plus ou moins légitimement contre-transfert », J. Lacan, Le séminaire, Livre XII (1964-1965), Problèmes cruciaux pour la psychanalyse, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Le Seuil, 2011, séance du 3 février 1965, p. 168.
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[14]
Ibid., p. 159.
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[15]
P. King, « Sur le besoin inconscient d’un patient d’avoir de “mauvais parents” », op. cit., p. 29.
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[16]
J. Lacan, « Mise en question du psychanalyste », dans J-A. Miller et C. Alberti (sous la direction de) Ornicar ? Lacan Redivivus, Paris, Navarin éditeur, 2021, p. 98.
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[17]
P. King, « Sur le besoin inconscient d’un patient d’avoir de “mauvais parents” », op. cit., p. 37 ; voir P. King, « On a patient’s unconscious need to have “bad parents” (1963-1974) », op. cit., p. 73.
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[18]
J. Lacan, Problèmes cruciaux…, op. cit., p. 163.
-
[19]
J. Lacan, Le séminaire, Livre XV (1967-1968), L’acte psychanalytique, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Le Seuil, coll. « Le champ freudien », 2024, p. 79-93.
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[20]
« Il est assez frappant que, dans ces conditions, une analyste fort bien introduite dans les milieux officiels prenne le parti de faire en somme ce qu’on pourrait appeler, comme elle l’exprime elle-même, une sorte de supervision du cas – elle prend le patient en face à face. Et alors là, il arrive des choses tout à fait curieuses. Elle dit dans sa communication qu’elle s’est peut-être fourvoyée pendant dix ans à laisser tout l’accent se mettre du côté des ravages des mauvais parents, du père en l’occasion. Mais, dit-elle, la chose est peut-être révisable. […] En fin de compte, il peut venir à être mis en question que le père soit vraiment à l’origine des ravages », J. Lacan, Problèmes cruciaux…, op. cit., p. 163.
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[21]
J. Lacan, « Mise en question du psychanalyste », op. cit., p. 79, 97.
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[22]
J. Lacan, Le séminaire, Livre XIV (1966-1967), La logique du fantasme, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Le Seuil, coll. « Le champ freudien », 2023, séance du 11 janvier 1967, p. 123.
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[23]
Ibid.
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[24]
P. Mejía Reiss, « Es », Revue neutre, n° 1, 2023, https://revueneutre.net/es/
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[25]
J. Lacan, La logique du fantasme, op. cit., p. 124, 126-127. La citation se poursuit avec cet aveu de Lacan : « C’est pourtant un court-circuit et une erreur. »
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[26]
Ibid., p. 119.
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[27]
J. Lacan, « Mise en question du psychanalyste », op. cit., p. 100.
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[28]
Lettre de P. King à D. Estrín, le 23 janvier 2002. Je remercie Diana Estrín de m’avoir fait part de ces lettres et de l’article de King de 1963.
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[29]
J. Lacan, « Clôture du 9e Congrès de l’École freudienne de Paris sur “La transmission” (juillet 1978) », Lettres de l’École freudienne, n° 25, vol. 2, avril 1979, p. 219-220, disponible en ligne : https://ecole-lacanienne.net/wp-content/uploads/2023/04/LettresEFP-N25-La-Transmission-II.pdf
La publication récente de l’ouvrage, sous la direction de Nicolas Guérin, Jacques Lacan et le cas de Pearl King. La possibilité d’une psychanalyse a été, pour moi, une occasion précieuse de revenir sur ce qui fut, en son temps, un moment privilégié. J’ai alors eu le sentiment d’avoir trouvé une nouvelle voie d’accès aux séminaires de Lacan, en lisant les textes de quelques femmes analystes qu’il commente dans L’angoisse, avant de revenir à ce qu’il en fait dans les séances où ces textes sont mis au travail. Ce retour a ravivé pour moi la portée singulière de cet événement, d’autant que je n’ai pas participé directement à l’aventure intellectuelle et analytique qui s’est déroulée en France dans la seconde moitié du siècle dernier, grâce à la voie ouverte par Lacan. La distance qui me sépare de cette époque et de l’atmosphère créée autour de sa personne m’a cependant offert un point d’extériorité, d’où s’est dessinée la spécificité de mon propre parcours pour accéder à ses élaborations.
Il ne fait aucun doute que mon rapport aux propositions de Lacan a été, avant tout, une question de méthode de lecture. Passer du commentaire de Lacan à l’œuvre en question, pour regarder de plus près ce dont il s’agit du côté de l’auteur commenté, a été, dans bien des cas, la seule façon de mettre en valeur et de saisir l’opération qu’il effectuait à travers son commentaire ou sa présentation d’un auteur. Une opération qui, vue sous cet angle, était d’une grande délicatesse, parce que c’était comme entrer dans l’« atelier » de Lacan : là où il élaborait librement, hésitait, faisait des faux pas, forçait des textes, attribuait à divers auteurs des formulations qu’ils n’avaient jamais produites eux-mêmes – tout cela pour faire avancer une idée, même si ce n’était qu’à titre provisoire…