Article de revue

Les limites politiques de la philosophie sociale

Pages 80 à 93

Citer cet article


  • Hunyadi, M.
(2015). Les limites politiques de la philosophie sociale. Esprit, Août-septembre(8), 80-93. https://doi.org/10.3917/espri.1508.0080.

  • Hunyadi, Mark.
« Les limites politiques de la philosophie sociale ». Esprit, 2015/8 Août-septembre, 2015. p.80-93. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-esprit-2015-8-page-80?lang=fr.

  • HUNYADI, Mark,
2015. Les limites politiques de la philosophie sociale. Esprit, 2015/8 Août-septembre, p.80-93. DOI : 10.3917/espri.1508.0080. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2015-8-page-80?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.1508.0080


Notes

  • [*]
    Professeur de philosophie à l’université catholique de Louvain, il a récemment publié la Tyrannie des modes de vie. Sur le paradoxe moral de notre temps, Lormont, Le Bord de l’eau, 2015.
  • [1]
    Axel Honneth, la Réification, trad. de Stéphane Haber, Paris, Gallimard, 2007, p. 122.
  • [2]
    Jürgen Habermas, Théorie de l’agir communicationnel, t. I et II, Paris, Fayard, 1987.
  • [3]
    J. Habermas, Morale et communication, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 1999 ; De l’éthique de la discussion, Paris, Flammarion, coll. « Champs Essais », 2013.
  • [4]
    Id., Droit et démocratie. Entre faits et normes, Paris, Gallimard, coll. « Nrf essais », 1997 ; l’Intégration républicaine. Essais de théorie politique, Paris, Fayard, 1998.
  • [5]
    Id., le Discours philosophique de la modernité, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2011.
  • [6]
    Id., Entre naturalisme et religion. Les défis de la démocratie, trad. de Christian Bouchindhomme et Alexandre Dupeyrix, Paris, Gallimard, coll. « Nrf essais », 2008.
  • [7]
    Stéphane Haber, Habermas et la sociologie, Paris, Puf, 1998, p. 126.
  • [8]
    Honneth, Un monde de déchirements, trad. Pierre Rusch et Olivier Voirol, Paris, La Découverte, 2013, p. 212-228.
  • [9]
    Traduction personnelle de l’anglais oral. La vidéo est visible sur https:/www.youtube.com/watch?v=jBl6ALNh18Q
  • [10]
    Ce cas est traité dans J. Habermas, De l’éthique de la discussion, trad. de Mark Hunyadi, Paris, Le Cerf, 1992, p. 149. La question est reprise dans l’Avenir de la nature humaine, trad. de C. Bouchindhomme, Paris, Gallimard, 2002, p. 49-61, cette fois à la faveur d’une distinction entre « dignité de la vie humaine » et « dignité humaine ». L’argument de la dignité de la vie est ici mobilisé pour montrer, en contraste avec le recours généralisé aux manipulations génétiques en vue de façonner la nature humaine que prônent certains, la force de l’enracinement éthique de nos convictions morales : « Mais, a contrario, nous ne devons pas non plus, concernant cette abstraction progressive qui a conduit à la “dignité humaine” et au “droit humain” […], oublier que la communauté morale des sujets du droit humain, libres et égaux, ne constitue pas non plus un “royaume des fins” dans un au-delà nouménal, mais qu’elle demeure enchâssée dans des formes concrètes de vie et dans leurs règles de comportement – dans leur ethos » (p. 61). Cela veut dire que même les conditions d’impartialité qui garantissent la justesse morale s’enracinent dans une compréhension éthique préalable de nous-mêmes, comme libres, égaux, auteurs de nos propres vies notamment.
  • [11]
    J. Habermas, Entre naturalisme et religion, op. cit., p. 195.
  • [12]
    Ces deux citations sont tirées de son Introduction à l’édition française de Ce que social veut dire. II. Les pathologies de la raison, trad. Pierre Rusch, Paris, Gallimard, 2015, p. 30.
  • [13]
    Mark Hunyadi, la Tyrannie des modes de vie, Lormont, Le Bord de l’eau, 2015.
  • [14]
    J. Habermas, Philosophische Texte, Studienausgabe, Bd. 3, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp Verlag, p. 171.
  • [15]
    Ibid.
  • [16]
    J’ai montré dans la Tyrannie des modes de vie, op. cit., en quoi la morale autonome, se retirant du monde pour se concentrer sur les personnes, constituait en fait le facteur immatériel le plus important dans la reproduction matérielle de nos sociétés. J’ai aussi tenté de montrer que l’éthique libérale, en consacrant la séparation entre le public et le privé, contribuait à la « neutralisation éthique du monde » – une neutralisation dont participe aussi l’entreprise de Habermas, notamment en distinguant sévèrement « éthique » et « morale ».
Français

Dans la lignée de la Théorie critique, Habermas appréhende la société à travers l’expérience privilégiée des acteurs eux-mêmes, en l’occurrence l’expérience communicationnelle, plutôt que par des principes abstraits. Mais le modèle de Habermas sous-estime la pression exercée par le système sur les acteurs, notamment en matière de modes de vie.


Date de mise en ligne : 03/08/2015

https://doi.org/10.3917/espri.1508.0080

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