Position. La papauté ramenée sur terre
Pages 6 à 8
Citer cet article
- ESLIN, Jean-Claude,
- Eslin, Jean-Claude.
- Eslin, J.-C.
https://doi.org/10.3917/espri.1303.0006
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- Eslin, J.-C.
- Eslin, Jean-Claude.
- ESLIN, Jean-Claude,
https://doi.org/10.3917/espri.1303.0006
Notes
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[1]
Ghislain Lafont, Histoire théologique de l’Église catholique. Itinéraire et formes de la théologie, Paris, Cerf, 1994, p. 272-273.
Six cents ans qu’un pape n’avait pas donné sa démission : les six cents ans pendant lesquels ont été construites une culture et une pratique « surnaturelles », ou sacrales, de la papauté. Aujourd’hui, le pape catholique redevient un homme, on peut espérer que demain les tâches seront diffractées, partagées, humanisées. C’est bien sous cet angle que le 11 février 2013 les commentateurs, en tout lieu, ont compris la renonciation de Benoît XVI à la charge d’évêque de Rome, surtout en ce qu’elle crée un précédent, une liberté pour d’autres successeurs. Le meilleur geste de Benoît XVI est le dernier, un acte de liberté.
Penser à la papauté, c’est à l’évidence s’obliger à penser à long terme. On lui reconnaît une extraordinaire tradition de continuité. La continuité impressionne aussi les incroyants, qui savent à quel point les institutions humaines sont fragiles. Parfois, mieux vaut considérer l’institution papale que les personnalités particulières qui l’incarnent, si remarquables soient-elles. La papauté est une culture qui oblige, qui trace pour vous un chemin, quelles que soient vos intentions et vos idées. C’est bien la tradition d’antijudaïsme et de diplomatie de la papauté, et pas seulement le caractère de Pie XII, qui le conduisit pendant la guerre au silence sur la Shoah. C’est aussi la fidélité à la tradition qui contraignit Paul VI en 1968 à prendre une décision controversée sur la contraception (la retirant au concile et allant contre la majorité de la commission qu’il avait nommée)…
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