Article de revue

Quand la valeur n'est plus monnayable

Pages 98 à 117

Citer cet article


  • Perret, B.
(2010). Quand la valeur n'est plus monnayable. Esprit, Janvier(1), 98-117. https://doi.org/10.3917/espri.1001.0098.

  • Perret, Bernard.
« Quand la valeur n'est plus monnayable ». Esprit, 2010/1 Janvier, 2010. p.98-117. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-esprit-2010-1-page-98?lang=fr.

  • PERRET, Bernard,
2010. Quand la valeur n'est plus monnayable. Esprit, 2010/1 Janvier, p.98-117. DOI : 10.3917/espri.1001.0098. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2010-1-page-98?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.1001.0098


Notes

  • [*]
    A publié récemment : Le capitalisme est-il durable ?, Paris, Carnet Nord, 2008. Voir son précédent article dans Esprit : « L’évaluation des politiques publiques. Entre culture du résultat et apprentissage collectif », décembre 2008.
  • [1]
    Voir le discours prononcé le 13 septembre 2009 à l’occasion de la remise du rapport de la commission Stiglitz : « Nous ne changerons pas nos comportements si nous ne changeons pas la mesure de nos performances. Et nos comportements doivent absolument changer. »
  • [2]
    Voir Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice, les Nouveaux indicateurs de richesse, Paris, La Découverte, 2007.
  • [3]
    Dominique Méda, « Quel progrès faut-il mesurer ? », Esprit, juin 2009, p. 86.
  • [4]
    François Fourquet, « Économie et pouvoir », De l’économie non politique, Paris, Revue du Mauss/La Découverte, 1er trimestre 1989, p. 17.
  • [5]
    Georg Simmel, Philosophie de l’argent, Paris, Puf, 1987, p. 49.
  • [6]
    Alain Caillé, Dé-penser l’économie, Paris, La Découverte, 2005, p. 13.
  • [7]
    Thomas Malthus, cité par Dominique Méda, Qu’est-ce que la richesse ?, Paris, Aubier, coll. « Alto », 1999, p. 54. Voir toute la discussion de D. Méda.
  • [8]
    Ibid., p. 51
  • [9]
    Commission Attali, Rapport de la Commission sur la libération de la croissance française, 2007.
  • [10]
    Entre 12 000 et 18 000 dollars annuels par personne, selon les cas. Je m’appuie ici sur des graphiques communiqués par Jean Gadrey.
  • [11]
    Comme le dit un récent document de la Commission européenne, « la traduction en valeur monétaire des coûts occasionnés par les dommages environnementaux et des bénéfices de la protection environnementale peut aider à centrer le débat politique sur le fait que notre prospérité et notre bien-être dépendent des biens et des services fournis par la nature ». Le document mentionne cependant les deux approches : étendre la comptabilité nationale pour qu’elle prenne mieux en compte les enjeux sociaux et environnementaux et, d’autre part, d’ajouter des indicateurs sociaux et environnementaux au Pib (« Au-delà du Pib, mesurer le progrès dans un monde qui change », août 2009).
  • [12]
    Collectif Fair, « Les avancées et les limites du Rapport Stiglitz », Esprit, août-septembre 2009, p. 227.
  • [13]
    Rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social, septembre 2009.
  • [14]
    Amartya Sen, Development as Freedom, Oxford, Oxford University Press, 1999, p. 253.
  • [15]
    Collectif Fair, « Les avancées et les limites du Rapport Stiglitz », art. cité.
  • [16]
    La Stern Review : « L’économie du changement climatique http://www.hm-treasury.gov.uk/media/E/F/stern_longsummary_french.pdf
  • [17]
    Ce qui est cohérent avec le fait que 100 euros d’aujourd’hui deviendront à peu près 104 l’an prochain s’ils sont convenablement investis. On retrouve donc les taux d’intérêt réels, bien qu’il s’agisse de deux notions différentes.
  • [18]
    Fitoussi et Laurent, la Nouvelle écologie politique, Paris, Le Seuil, 2008.
  • [19]
    On entend par soutenabilité forte une conception qui, contrairement à la soutenabilité faible, refuse de considérer le progrès technique comme capable de réparer les dégâts causés à l’environnement et remplacer indéfiniment les ressources naturelles consommées.
  • [20]
    Par convention, j’appelle ici marchandise les biens typiques de la croissance capitaliste. Une marchandise possède idéalement les caractéristiques suivantes : c’est un objet matériel dont la production requiert du travail humain, des ressources naturelles et de l’énergie ; il peut être produit en grande quantité et facilement échangé, il peut être possédé par un individu qui détient de ce fait le monopole de son usage.
  • [21]
    Bernard Perret, Le capitalisme est-il durable ?, Paris, Carnets Nord, 2008.
  • [22]
    Dominique Bourg, « Dématérialiser les biens de consommation », Pour la science, octobre 2009.
  • [23]
    G. Simmel, Philosophie de l’argent, op. cit., p. 374.
  • [24]
    Gaël Giraud et Cécile Renouard (sous la dir. de), 20 propositions pour réformer le capitalisme, Paris, Flammarion, 2009.
  • [25]
    Comme le note Ivar Ekeland, « les banquiers ont parfaitement compris les avantages de la responsabilité limitée, et sont devenus plus audacieux, tant pour les montants en jeu que pour la prise de risque. Les marchés… regorgent de produits qui sont en fait des paris sur l’évolution des cours, et qui ne nécessitent aucune mise de fonds initial : si les cours montent, on gagne x, s’ils baissent on perd x. Ceux qui ont à prendre ce genre de décision, managers ou traders, émargent aux gains, grâce aux stock-options, aux primes et autres bonus, mais ce sont les actionnaires qui encaissent les pertes. Pourquoi se gêner ? » (Pour la science, septembre 2009, p. 18).
  • [26]
    André Orléan, « Au-delà de la transparence de l’information, contrôler la liquidité », Esprit, novembre 2008.
  • [27]
    Bernard Lietaer, « Créer des monnaies régionales pour traiter la crise globale », exposé du 13 mai 2009 devant l’École de Paris du management (http://www.ecole.org) et Monnaies régionales. De nouvelles voies vers une prospérité durable, Éd. de la fondation Charles Léopold Mayer, novembre 2008.
  • [28]
    Voir l’expérience de Brixton dans le sud de Londres (Le Monde du 18 septembre 2009). On pourrait citer d’autres innovations sociales, plus anecdotiques, comme les systèmes d’échanges locaux (Sel) ou le mouvement des réseaux d’échanges réciproques de savoir. Sous des formes diverses, l’idée est toujours la même : recréer des espaces d’échanges partiellement déconnectés du marché global, encastrés dans des mondes sociaux particuliers.
  • [29]
    D’un point de vue fonctionnel, ils ont une certaine parenté avec les bons d’achat, tickets de rationnement ou autres vouchers créés pour gérer une situation de pénurie (par exemple au cours de la Seconde Guerre mondiale) ou pour permettre à des individus sans ressources d’accéder à certains biens.
  • [30]
    Guy Roustang, l’Emploi un choix de société, Paris, Syros, 1987.
  • [31]
    Voir les chiffres rassemblés par Arnaud du Crest, « Point de vue économique sur la crise et les territoires », communication au Conseil de développement de la Loire-Atlantique le 17 mars 2009.
  • [32]
    D’une part, le creusement des inégalités facilite la création d’emplois dans les services aux particuliers ; d’autre part, l’endettement permet de maintenir les ménages dans le circuit de consommation malgré la stagnation de leurs revenus.
  • [33]
    André Gorz, Métamorphoses du travail, Paris, Galilée, 1988, p. 175.
  • [34]
    On notera que la notion de service de proximité est plus large que celle de service relationnel.
  • [35]
    Jean-Louis Laville, le Travail, une nouvelle question politique, Paris, Desclée de Brouwer, 2008, p. 163.
  • [36]
    Le cas des « médicaments orphelins » qui soignent certaines maladies rares à des coûts importants pour la collectivité illustre parfaitement cette relativité des principes redistributifs aux biens sur lesquels ils portent.
  • [37]
    Michael Walzer, Sphères de justice, Paris, Le Seuil, 1997, p. 32.
  • [38]
    Henri Prévot, Trop de pétrole, Paris, Le Seuil, 2007, p. 128.
Français

Dans l’échange économique, la monnaie permet de rendre comparables des biens différents. Elle assure ainsi l’équivalence (littéralement : l’égale valeur) de grandeurs hétérogènes. Or, cette puissance de la monnaie est remise en cause par diverses évolutions de nos sociétés : les biens dont nous avons besoin (un environnement viable, une vie en commun harmonieuse, des services personnels adaptés...) ne sont plus des grandeurs monnayables et relèvent de gestions spécifiques. Comment organiser la coexistence nécessaire de tous ces biens incommensurables ?


Date de mise en ligne : 01/08/2012

https://doi.org/10.3917/espri.1001.0098

Cet article est en accès conditionnel

Acheter ce numéro

12,99 €

260 pages, format électronique (HTML et PDF, par article)

Acheter cet article

3,00 €

20 pages format électronique (HTML et PDF)
Membre d'une institution cliente ?