Article de revue

Le cerveau « social »

Chimère épistémologique et vérité sociologique

Pages 79 à 103

Citer cet article


  • Ehrenberg, A.
(2008). Le cerveau « social » Chimère épistémologique et vérité sociologique. Esprit, Janvier(1), 79-103. https://doi.org/10.3917/espri.0801.0079.

  • Ehrenberg, Alain.
« Le cerveau “social” : Chimère épistémologique et vérité sociologique ». Esprit, 2008/1 Janvier, 2008. p.79-103. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-esprit-2008-1-page-79?lang=fr.

  • EHRENBERG, Alain,
2008. Le cerveau « social » Chimère épistémologique et vérité sociologique. Esprit, 2008/1 Janvier, p.79-103. DOI : 10.3917/espri.0801.0079. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2008-1-page-79?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.0801.0079


Notes

  • [*]
    Je remercie Pierre-Henri Castel et Marc-Olivier Padis pour leur lecture critique.
  • [1]
    The Economist (23 décembre 2006) a intitulé (ironiquement ?) son “Survey on the brain”: “Who do you think you are?”.
  • [2]
    Sciences humaines consacre, dans sa livraison de mai 2006, un dossier à la question : « Les émotions donnent-elles sens à la vie ? » L’introduction de la revue Critique, février 2007, consacrée aux émotions en histoire, souligne combien ce thème doit aux neurosciences et à la psychologie cognitive.
  • [3]
    Cerveau social, cognition sociale, neurosciences cognitives, neurosciences sociales, ces étiquettes désignent la même chose : la prétention à rendre compte du social à partir du cerveau.
  • [4]
    M. Mauss, « Divisions et proportions des divisions de la sociologie » (1927), Œuvres, 3, p. 213.
  • [5]
    Cet article poursuit les réflexions collectives et personnelles amorcées dans les dossiers « La santé mentale et ses professions », Esprit, mai 2004 et « Les guerres du sujet », Esprit, novembre 2004.
  • [6]
    Dans « Le sujet cérébral » (Esprit, novembre 2004), dont cet article est la suite, j’avais proposé de distinguer un programme fort (ou grandiose) et un programme faible (ou modéré)…
  • [7]
    P.-H. Castel, « Psychanalyse et psychothérapies : que sait-on des professions sur lesquelles on veut légiférer ? », Esprit, mai 2004 ; A. Ehrenberg, « Malaise dans l’évaluation de la santé mentale », Esprit, mai 2006, et « Épistémologie, sociologie, santé publique : tentative de clarification », Neuropsychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, sous presse.
  • [8]
    Voir A. Ehrenberg, « Sciences sociales, sciences neurales : de la sociologie individualiste à la sociologie de l’individualisme (de Mauss à Wittgenstein et retour) », dans M. Wievorka (sous la dir. de), les Sciences sociales en mutation, Paris, Éd. Sciences humaines, 2007.
  • [9]
    Voir Stanley Cavell, les Voix de la raison. Wittgenstein, le scepticisme, la moralité et la tragédie (1979), trad. fr. S. Laugier et N. Balso, Paris, Le Seuil, 1996, chap. 5, « Le naturel et le conventionnel ». L’analyse de Cavell, dans le sillage de Wittgenstein, permet de dépasser les naïvetés du débat nature/culture.
  • [10]
    Leslie Brother, “The social brain: a project for integrating primate behavior and neuro-physiology in a new domain”, Concepts in Neuroscience, I, 1990.
  • [11]
    Les affectives s’opposent théoriquement aux cognitives, mais dans la littérature neuro-scientifique, elles sont souvent mélangées.
  • [12]
    A. Berthoz, le Sens du mouvement, Paris, Odile Jacob, 1999 et la Décision, Paris, Odile Jacob, 2003. On trouve déjà cette conception chez Alexander Luria, qui commence sa carrière en Russie dans les années 1920.
  • [13]
    G. Edelman, la Biologie de la conscience, Paris, Odile Jacob, 1992.
  • [14]
    A. Berthoz et G. Jorland (sous la dir. de), l’Empathie, Paris, Odile Jacob, 2004, p. 8-9.
  • [15]
    « Avec la domination des explications biochimiques, l’un des enjeux majeurs du champ de la maladie et de la santé mentales est sans doute de repenser les relations entre biologie et société, ainsi que leurs termes associés comme l’esprit et le corps. […]. Les conséquences de la vie moderne pour les individus […] sont définies et traitées de façon croissante à travers des constructions de maladie fondées sur “les caractéristiques neurochimiques des individus” », S. J. Williams, “Reason, emotion and embodiments: is ‘mental’ health a contradiction in terms?”, Ibid., vol. 22, no 5, 2000, p. 565. J. Busfield, “Introduction: Rethinking the sociology of mental health”, ibid., vol. 22, no 5, 2000. Voir également, V. James et J. Gabe (eds), Health and the Sociology of Emotions, Oxford, Cambridge, Blackwell Publishers, “Sociology of health and illness monographies series”, 1996.
  • [16]
    Je mets de côté l’histoire de l’empathie en psychanalyse. Le thème est aujourd’hui un véritable fourre-tout. Voir notamment, G. W. Pigman, “Freud and the history of empathy”, International Journal of Psycho-Analysis, no 76, 1995 ; « L’empathie », Revue française de psychanalyse, juillet 2004.
  • [17]
    Parmi les nombreux travaux sur la distinction soi/autrui, voir, par exemple, C. Calarge, N. Andreasen et D. S. O’Leary, “Vizualizing how one brain understands another: a Pet study of theory of mind”, The American Journal of Psychiatry, 160, 2003. Pour une revue de littérature sur les processus de référence à soi, G. Northoff et al., “Self-referential processing in our brain – A meta-analysis of imaging studies on the self”, Neuroimage, 2006 (pris sur le site Sciencedirect.com avant publication).
  • [18]
    Sur la coopération altruiste, voir R. Boyd, H. Gintis, S. Bowles et P. J. Richeson, “The evolution of altruistic punishment”, Proceedings of the National Academy of Science, vol. 100, no 6, 18 mars 2003. Sur la décision : A. G. Sanfey et al., “The neural basis of economic decision-making in the ultimatum game”, Science, vol. 300, 13 juin 2003, et une importante revue de littérature publiée dans une prestigieuse revue internationale d’économie, C. Camerer, G. Lœwenstein et D. Prelec, “Neuroeconomics: how neurosciences can inform economics”, Journal of Economic Littérature, vol. XLIII, mars 2005, p. 9-64.
  • [19]
    C’est ce que psychiatres et neuroscientifiques appellent le phénotype social de l’autisme. Voir la revue de littérature consacrée à ce point par A. Klin, W. Jones, F. Volkmar, D. Cohen, “Defining and quantifying the social phenotype in autism”, The American Journal of Psychiatry, juin 2002, p. 895-908.
  • [20]
    Le lecteur intéressé pourra aller voir les discussions entre partisans de la naturalisation de la subjectivité (V. Gallese, A. Goldman, M. Jeannerod, D. Sperber, P. Jacob, etc.) sur www.interdisciplines.org
  • [21]
    Sources : P. Ruby et J. Decety, “Effect of subjective perspective taking during simulation of action: a Pet investigation for agency”, Nature Neuroscience, vol. 4, no 5, mai 2001 ; J. Decety, « Naturaliser l’empathie », L’Encéphale, XXVIII, 2002 ; J. Decety et T. Chaminade, “Neural correlates of feeling sympathy”, Neuropsychologia, 41, 2003 ; J. Decety, « L’empathie est-elle une simulation mentale de la subjectivité d’autrui ? », dans A. Berthoz et G. Jorland (sous la dir. de), l’Empathie, op. cit.
  • [22]
    J. Decety, “Naturaliser l’empathie”, art. cité, p. 18.
  • [23]
    J. Decety et T. Chaminade, “Neural correlates of feeling sympathy”, art. cité, p. 127.
  • [24]
    Ibid., p. 128.
  • [25]
    Le concept de cerveau « moyen » devrait faire l’objet d’une analyse que je ne peux faire ici. Voir Anne Beaulieu, notamment “Voxels in the brain: neuroscience, informatics and changing notions of objectivity”, Social Study of Science, 31/5, octobre 2001 et “From brainbank to database: the informational turn in the study of the brain”, Studies in History and Philosophy of Biological and Biomedical Science, 35, 2004.
  • [26]
    J. Decety et T. Chaminade, “Neural correlates of feeling sympathy”, art. cité, p. 134-135.
  • [27]
    V. S. Naipaul, l’Illusion des ténèbres. Une expérience de l’Inde, Paris, Union générale d’éditions, 1989.
  • [28]
    Je me sers d’un article de Vincent Descombes qui distingue entre les philosophies qui ont seulement besoin d’un homme naturel, comme celle de Quine, et celles qui ont également besoin d’un homme social, comme celle de Vico et de Wittgenstein. V. Descombes, « L’idée d’un sens commun », Philosophia Scientæ, vol. 6, no 2, 2002.
  • [29]
    A. de Tocqueville, la Démocratie en Amérique, vol. 2, Paris, Garnier-Flammarion, 1981, p. 126-134.
  • [30]
    J. Decety, « Naturaliser l’empathie », art. cité, p. 12.
  • [31]
    Pas d’empathie donc sans psychologie évolutionniste. Pour une critique de cette évolutionnisme philosophique en tant qu’il est un usage métaphysique de la théorie de l’évolution, voir H. Putnam, “Does evolution explains representation?”, dans Renewing Philosophy, Harvard University Press, 1992. Notamment le sophisme rétrospectif : on choisit une capacité humaine et on démontre (rétrospectivement) qu’elle s’explique par la sélection naturelle.
  • [32]
    H. Putnam, Fait/valeur : la fin d’un dogme et autres essais, trad. M. Caveribère et J.-P. Cometti, Paris, Tel-Aviv, Éd. de l’Éclat, 2004.
  • [33]
    Voir E. et M.-C. Ortigues, Œdipe africain, 3e éd., Paris, L’Harmattan, 1984. Les Ortigues opposent « le mode “romanesque” de l’aventure individuelle et de la culpabilité intérieure [au] mode “tragique” de la persécution par les puissances du destin », p. 163.
  • [34]
    E. Evans-Pritchard, Anthropologie sociale, Paris, Payot, Pbp, 1969 (1950), p. 36.
  • [35]
    V. Descombes, les Institutions du sens, Paris, Minuit, 1996, p. 256. L’argument de ce paragraphe est emprunté à Descombes.
  • [36]
    Voir D. Mobbs, H. C. Lau, O. D. Jones, C. Frith, “Law, responsability, and the brain”, PloS Biology, vol. 5, no 4, avril 2007. Voir aussi J. Rosen, “The brain on the stand”, The New York Times, 11 mars 2007.
  • [37]
    Je ne peux développer ici la distinction entre totalité vivante et totalité sociale. Georges Canguilhem a résumé en une formule la différence entre le tout vivant et le tout social : « Pour l’organisme, l’organisation est son fait ; pour la société, c’est son affaire. » Son fait, c’est-à-dire qui relève de lois à découvrir, à objectiver ; son affaire, c’est-à-dire qui relève de relations instituées à décrire. G. Canguilhem, « La partie et le tout dans la pensée biologique » (1966), dans Études d’histoire et de philosophie des sciences concernant les vivants et la vie, Paris, Vrin, 1994.
  • [38]
    E. Ortigues, « Le concept de personnalité », Critique, no 456, mai 1985 et le Discours et le symbole, Paris, Vrin, 1962, « Le concept de personne ». Irène Théry a détaillé ce point dans la Distinction de sexe. Une nouvelle approche de l’égalité, Paris, Odile Jacob, 2007.
  • [39]
    E. Benveniste, « La nature des pronoms » (1956), Problèmes de linguistique générale, vol. 1, Paris, Gallimard, 1966, p. 255.
  • [40]
    D. Forest, Histoire des aphasies, Paris, Puf, 2006, p. 78.
  • [41]
    Cette question est très largement développée par Stanley Cavell, les Voix de la raison…, op. cit.
  • [42]
    L. Dumont, Essais sur l’individualisme, Paris, Le Seuil, 1983.
  • [43]
    On a affaire ici au plus classique individualisme méthodologique qui pense le social comme un gros individu. Voir P. Urfalino, « Holisme et individualisme : la clarification d’une querelle », Esprit, juillet 2005.
  • [44]
    E. Goffman, Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus, trad. fr., Paris, Minuit, 1990. Chez Goffman, institution n’a pas le sens sociologique utilisé ici, mais celui de la psychiatrie qui parle de l’hôpital psychiatrique comme d’une institution et de la prise en charge du patient dans la cité comme d’une désinstitutionnalisation. Ce terme désigne surtout une déshospitalisation.
  • [45]
    Voir le paragraphe « Le grand renversement », dans « Les changements de la relation normal-pathologique. À propos de la souffrance psychique et de la santé mentale », Esprit, mai 2004, p. 144.
  • [46]
    Voir, par exemple, R. W. Buchanan, “Important steps in the development of cognitive-enhancing drugs in schizophrenia”, The American Journal of Psychiatry, vol. 163, no 11, novembre 2006. La publicité des nouveaux neuroleptiques met souvent l’accent sur la socialisation et la relation : pour un produit de la division « neurosciences » d’une entreprise pharmaceurtique, c’est « renouer le contact ».
  • [47]
    M.-C. Hardy-Baylé, « Sciences cognitives et psychiatrie », Évolution psychiatrique, 67, 2002, p. 91.
  • [48]
    Voir notamment, D. Mechanic, Mental Health and Social Policy. The Emergence of Managed Care, Allyn and Bacon, 1999 (4e éd.). Pour une étude de cas d’un programme (dans le Kansas), voir J. Flœrsch, Meds, Money and Manners. The Case Management of Severe Mental Illness, New York, Columbia University Press, 2002.
  • [49]
    O. Chambon et M. Marie-Cardine, la Réadaptation sociale des psychotiques chroniques. Approche cognitivo-comportementaliste, Paris, Puf, 1992, p. 8.
  • [50]
    D. Leguay, « La psychiatrie avance avec la réhabilitation », L’Information psychiatrique, vol. 82, no 4, avril 2006, p. 277-278. Sur l’ élaboration du choix dans un programme de réhabilitation américain, voir A. M. Lovell et S. Cohn, “The elaboration of ‘choice’ in a programm for homeless persons labeled psychiatrically disabled”, Human Organization, vol. 57, no 1, 1998.
  • [51]
    E. Giraud-Baro, G. Vidon, D. Leguay, « Soigner, réhabiliter : pour une reformulation de l’offre de soins et de services », L’Information psychiatrique, vol. 82, no 4, avril 2006, p. 282.
  • [52]
    J. Dubuis, « La réhabilitation : une problématique mondiale », ibid., p. 323.
  • [53]
    E. W. Twamley, D. V. Jeste et A. S. Bellack, “A review of cognitive training in schizophreni”, Schizophrenia Bulletin, 29 (2), p. 359-382, 2003, A. S. Bellack, J. M. Gold et R. W. Bucharan, “Cognitive rehabilitation for schizophrenia: problems, prospect, and strategies”, Schizophrenia Bulletin, 25 (2), p. 257-274, 1999.
  • [54]
    Pour l’une des premières études des effets de la remédiation cognitive sur l’activation cérébrale, voir T. Wykes et al., “Effects on the brain of a psychological treatment: cognitive remediation therapy. Functional magnetic resonance imaging in schizophrenia”, British Journal of Psychiatry, 181, 2002. Vient de paraître : S. R. McGurk, E. W. Twamley, D. I. Sitzer, G. Mc Hugo et K. T. Mueser, “A meta-analysis of cognitive remediation in schizophrenia”, The American Journal of Psychiatry, 164, décembre 2007.
  • [55]
    N. Franck, « Remédiation cognitive », La Lettre du psychiatre, décembre 2005, p. 17.
  • [56]
    G. Massé, « Pour une réhabilitation sociale à la française », L’Information psychiatrique, vol. 62, no 4, avril 2006, p. 292.
  • [57]
    Les rapports annuels et la lettre (Pluriels) de la Mission nationale d’appui en santé mentale s’efforcent de faire des bilans, mais restent limités par les moyens du bord. On peut consulter ces travaux souvent intéressants sur www.mnasm.com. Pour les appartements thérapeutiques, voir « Les hébergements des patients psychiatriques. Réflexion à partir des expériences en Île-de-France », Pluriels, 65, février 2007.
  • [58]
    Voir Jacques Donzelot, Catherine Mével et Anne Wyvekens, Faire société. La politique de la ville aux États-Unis et en France, Paris, Le Seuil, 2003.
  • [59]
    Voir notamment le dossier « L’État-providence nordique : ajustements, transformations au cours des années quatre-vingt-dix », Revue française des affaires sociales, no 4, octobre-décembre 2003, ainsi que G. Esping-Andersen, « Quel État-providence pour le xxie siècle ? Convergences et divergences des pays européens », Esprit, février 2001.
  • [60]
    Pour Amartya Sen « l’égalité de capacité » a pour ressort la liberté de choix, « la liberté d’accomplir, c’est-à-dire la possibilité réelle que nous avons de faire des choix que nous valorisons », Repenser l’inégalité (1992), Paris, Le Seuil, 2000, p. 55. Je renvoie également aux travaux de Jacques Donzelot sur « l’individu capable ».
  • [61]
    Voir A. Ehrenberg, le Culte de la performance, Paris, Calmann-Lévy, 1991.
  • [62]
    C. Castoriadis, « Psychanalyse et politique », le Monde morcelé. Carrefours du Labyrinthe, t. 3, Paris, Le Seuil, 1990, p. 178-179, et la discussion de V. Descombes qui enrichit l’idée, le Complément de sujet. Enquête sur le fait d’agir de soi-même, Paris, Gallimard, 2004, chap. XXV.
  • [63]
    A. Ehrenberg, « L’individu narcissique : une chimère sociologique ? », dans P. Pédrot et M. Delage (sous la dir. de), Individualisme, normes et vulnérabilité, Presses universitaires de Grenoble, sous presse. Aux sociologues et philosophes qui pensent que l’on assiste à une désinstitutionnalisation et à une crise du lien social, il faut opposer l’argument d’un changement de l’esprit de l’institution : mon hypothèse est que le métier impossible incarne l’esprit de l’institution de la société de l’autonomie.
  • [64]
    Un magnifique exemple nous a été donné par l’ancien ministre de l’Éducation, Gilles de Robien, « Mais voici que la science, la vraie, la science expérimentale, est en train d’investir ce domaine. Cette science toute jeune, c’est la science du cerveau. Sous le nom de “neurosciences cognitives”, ces sciences nouvelles commencent à apporter des réponses […]. Les recherches en cours nous éclaireront demain sur la mémoire, le calcul, le raisonnement, ou sur les meilleurs moyens d’“apprendre à apprendre”. […] À nous, pouvoirs publics, d’organiser ces échanges pour en tirer des voies de progrès pour nos enfants » (« Le cerveau, puits de sciences : les neurosciences apportent des réponses cruciales en matière d’éducation, de soins, de savoir », Libération, 28 janvier 2006).
Français

Nos capacités à nouer des relations sociales et à vivre avec les autres se trouvent-elles dans notre cerveau ? La curiosité pour le fonctionnement cérébral touche désormais le grand public. Elle alimente aussi de vastes programmes d’études portant sur la sympathie et la sociabilité. Elle se diffuse d’autant plus facilement qu’elle s’appuie sur une idée de la société dans laquelle tout se limite à des relations entre individus. Faut-il s’inquiéter de cette approche réductrice du vivre-ensemble ?


Date de mise en ligne : 01/08/2012

https://doi.org/10.3917/espri.0801.0079

Cet article est en accès conditionnel

Acheter ce numéro

12,99 €

212 pages, format électronique (HTML et PDF, par article)

Acheter cet article

3,00 €

25 pages format électronique (HTML et PDF)
Membre d'une institution cliente ?