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Parentalité : une sédimentation de significations

Pages 35 à 58

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(2011). Parentalité : une sédimentation de significations. Soutenir et contrôler les parents : Le dispositif de parentalité (p. 35-58). érès. https://shs.cairn.info/soutenir-et-controler-les-parents--9782749214634-page-35?lang=fr.

« Parentalité : une sédimentation de significations ». Soutenir et contrôler les parents Le dispositif de parentalité, érès, 2011. p.35-58. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/soutenir-et-controler-les-parents--9782749214634-page-35?lang=fr.

2011. Parentalité : une sédimentation de significations. In :
  • NEYRAND, Gérard,
Soutenir et contrôler les parents Le dispositif de parentalité. Toulouse : érès. Société - Poche, p.35-58. URL : https://shs.cairn.info/soutenir-et-controler-les-parents--9782749214634-page-35?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Nous reprenons ici, en le développant, notre article : « La parentalité comme dispositif. Mise en perspective des rapports familiaux et de la filiation », Recherches familiales, dossier La filiation recomposée : origines biologiques, parenté et parentalité, n° 4, 2007, p. 71-88.
  • [2]
    Par exemple, parmi bien d’autres auteurs, P. Gutton, « Parentalité », Adolescence, n° 55, 2006.
  • [3]
    M. Lamour, M. Barraco, Souffrances autour du berceau, Paris, Gaëtan Morin, 1998.
  • [4]
    C. Lebatard, administrateur de l’UNAF et de la Fondation pour l’enfance, « Parentalité(s) », La lettre de la Fondation pour l’enfance, n° 50, 2006, p. 1.
  • [5]
    D. Le Gall, Y. Bettahar (sous la direction de), La pluriparentalité, Paris, PUF, 2001 ; D. Houzel (sous la direction de), Les enjeux de la parentalité, Toulouse, érès, 1999 ; C. Sellenet, La parentalité décryptée. Pertinence et dérives d’un concept, Paris, L’Harmattan, 2007.
  • [6]
    G. Neyrand, L’enfant, la mère et la question du père. Un bilan critique de l’évolution des savoirs sur la petite enfance, Paris, PUF, 2000.
  • [7]
    G. Neyrand, « Mutations sociales et renversement des perspectives sur la parentalité », dans D. Le Gall, Y. Bettahar, op. cit.
  • [8]
    M. Godelier, Métamorphoses de la parenté, Paris, Fayard, 2004.
  • [9]
    B. Malinowski, « Parenthood. The basis of social structure », dans V. F. Calverton et S. D. Schmalhausen (sous la direction de), The New Generation : The Intimate Problems of Modern Parents and Children, New York, The Macaulay Comp., 1930, p. 113-168.
  • [10]
    E. Goody, Parenthood and Social Reproduction. Fostering and Occupational Roles in West Africa, Cambridge University Press, 1982.
  • [11]
    A. Fine, « Pluriparentalité et système de filiation dans les sociétés occidentales », dans D. Le Gall et Y. Bettahar, op. cit.
  • [12]
    Distinction clairement effectuée par le titre du chapitre VI : « Les fonctions de la parenté et le champ de la parentalité ».
  • [13]
    A. Fine, op. cit., p. 89.
  • [14]
    M. Godelier, op. cit., p. 239-240.
  • [15]
    É. J. Hobsbawm, L’âge des extrêmes, Histoire du court XXe siècle, Paris, Éditions Complexe/Le Monde diplomatique, 1999 (1994).
  • [16]
    Terme employé aussi bien par M. Gauchet que par I. Théry pour désigner l’importance des mutations en cours dans les sociétés occidentales. M. Gauchet, « Essai de psychologie contemporaine », Le Débat, n° 99, avril 1998 ; I. Théry, « Mixité et maternité », dans Y. Knibiehler (sous la direction de), Maternité : affaire privée, affaire publique, Paris, Bayard, 2001.
  • [17]
    T. Benedek, « Parenthood as a developmental phase », Journal of the American psychoanalytic Association, 7, 1959.
  • [18]
    G. Delaisi de Parseval, La part du père, Paris, Le Seuil, 1981, p. 284.
  • [19]
    Pour un début d’analyse de cette question, voir notre article G. Neyrand, « Parentalité : une notion-piège ou un concept en devenir ? », Le souci du corps, enfances & PSY, n° 20, 2002.
  • [20]
    P.-C. Racamier, C. Sens, L. Carretier, « La mère et l’enfant dans les psychoses du post-partum », L’évolution psychiatrique, n° 26, 1961.
  • [21]
    Alors que les articles y font depuis longtemps référence, ce n’est qu’à la fin des années 1990 que le terme parentalité fait son apparition dans les titres d’ouvrages, jusqu’à connaître une véritable inflation par la suite. Le recensement effectué jusqu’à la mi-2006 des ouvrages et des numéros thématiques de revues de langue française comprenant ce terme nous en donne au moins 14 pour les ouvrages cliniques, 13 pour les ouvrages socio-anthropologiques, 14 pour les ouvrages pédagogiques ou à visée opérationnelle.
  • [22]
    L. Solis-Ponton (sous la direction de), La parentalité, défi pour le 3e millénaire. Un hommage international à Serge Lebovici, Paris, PUF, 2002.
  • [23]
    S. Stoléru, « Aspects conceptuels », entrée Parentalité dans D. Houzel, M. Emmanuelli, F. Moggio (sous la direction de), Dictionnaire de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, Paris, PUF, 2000, p. 491.
  • [24]
    M. Lamour, M. Barraco, Souffrances autour du berceau, op. cit., p. 26.
  • [25]
    J. Dayan, « Parentalité et psychopathologie », entrée Parentalité, dans D. Houzel, M. Emmanuelli, F. Moggio (sous la direction de), Dictionnaire de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, op. cit., p. 492-493.
  • [26]
    L. Solis-Ponton, op. cit., p. 24 et 26.
  • [27]
    Chez de nombreux auteurs, le terme de parentification a le même sens, cependant il est aussi parfois employé pour désigner le dysfonctionnement mettant un enfant en position d’exercer un rôle parental à l’égard de son propre parent. C’est pourquoi nous opterons pour le terme parentalisation pour désigner le processus de construction de la parentalité.
  • [28]
    Nonobstant les variations d’identification de genre, voire les changements chirurgicaux de sexe.
  • [29]
    P. Legendre, L’inestimable objet de la transmission. Étude du principe généalogique en Occident, Paris, Fayard, 1985.
  • [30]
    C. Sellenet, La parentalité décryptée, op. cit.
  • [31]
    Actions et recherches sociales. La famille instable : parentalité, conjugalité, sociabilité familiale aujourd’hui, vol. 22, érès, 1986.
  • [32]
    V. de Gaulejac, N. Aubert, Femmes au singulier ou la parentalité solitaire, Paris, Klincksieck, 1990.
  • [33]
    Journées nationales sur le placement familial, On naît toujours d’une famille, et après… : la parentalité dans le soin à l’enfant déplacé, Le Lierre et le coudrier, 1991.
  • [34]
    Programme de recherches de 1985 de la CNAF. « Évolution des structures familiales : les familles monoparentales ».
  • [35]
    N. Lefaucheur, « Les familles monoparentales : les mots pour le dire », dans F. Bailleau, N. Lefaucheur, V. Peyre (sous la direction de), Lectures sociologiques du travail social, Paris, Éditions ouvrières et CRIV, 1985.
  • [36]
    I. Théry, Le démariage. Justice et vie privée, Paris, Odile Jacob, 1993.
  • [37]
    Même si le choix de ces trois termes peut être discuté, la distinction s’avère particulièrement heuristique.
  • [38]
    M. Foucault, Histoire de la sexualité. I. La volonté de savoir, Paris, NRF, Gallimard, 1976, p. 140.
  • [39]
    I. Théry, « Différence des sexes et différence des générations. L’institution familiale en déshérence », Malaise dans la filiation, Esprit, n° 227, 1996, p. 80.
  • [40]
    Ibid.
  • [41]
    G. Neyrand, P. Rossi, Monoparentalité précaire et femme sujet, Toulouse, érès, 2004.
  • [42]
    D. Fablet, « L’émergence de la notion de parentalité en milieu(x) professionnel(s) », Sociétés et jeunesses en difficulté, n° 5, printemps 2008, mis en ligne le 15 octobre 2009. URL : http://sajed.revues.org/index3592.html
  • [43]
    C. Martin, La parentalité en questions. Perspectives sociologiques, Rapport pour le Haut Conseil de la population et de la famille, Paris, 2003, p. 12.
  • [44]
    J. Faget, « La fabrique sociale de la parentalité », dans A. Bruel, J. Faget, J. Lucille, M. Joecker, C. Neirinck, G. Poussin, De la parenté à la parentalité, Toulouse, érès, 2001.
  • [45]
    Collectif, Pas de 0 de conduite pour les enfants de 3 ans !, Toulouse, érès, 2006 ; suivi du Collectif Pas de 0 de conduite, Enfants turbulents : l’enfer est-il pavé de bonnes préventions ?, Toulouse, érès, 2008.
  • [46]
    INSERM, Troubles mentaux. Dépistage et prévention chez l’enfant et l’adolescent, expertise collective, synthèse et recommandations, 2002. Voir à ce sujet G. Neyrand (sous la direction de), Faut-il avoir peur de nos enfants ? Politiques sécuritaires et enfance, Paris, La Découverte, 2006.
  • [47]
    L. Mucchielli, « Le contrôle parental du risque de délinquance juvénile », Recherches et Prévisions, CNAF, n° 63, 2001.
  • [48]
    É. Debarbieux, interview du Monde du 21 mars 2002, à propos de « La violence en milieu scolaire : statistiques officielles, victimisations et multivictimisations », dans P. Tronquoy (sous la direction de), État, société et délinquance, Paris, Cahiers Français n° 308, p. 50-58. Cité par C. Martin.
  • [49]
    J. Bowlby, L’attachement, Paris, PUF, 1996 (1re édition 1978, édition anglaise 1969) ; M. Ainsworth, « Patterns of infant-mother attachment : antecedents and effects on development », Bull. of New York Academy of Medicine, 61, 9, 1985 ; R. Milkovitch, L’attachement au cours de la vie, Paris, PUF, 2001 ; B. Pierrehumbert, L’attachement, de la théorie à la clinique, Toulouse, èrès, 2005.
  • [50]
    B.Golse, « Entre psychanalyse et attachement, le concept de pulsion d’attachement comme moyen de penser la symbolisation en absence et en présence de l’objet », Dialogue, n° 175, 2007/1, cité par A. Prat, « “Faire famille” à l’Aide sociale à l’enfance », Mémoire DU Penser le travail social, université du Sud Toulon Var, 2010, p. 34.
  • [51]
    C. Martin, op. cit., p. 54.
  • [52]
    D. Houzel (sous la direction de), Les enjeux de la parentalité, Toulouse, érès, 1999.
  • [53]
    F. de Singly, E. Maunaye, « Le rôle et sa délégation », dans J.-C. Kaufmann (sous la direction de), Faire ou faire-faire. Famille et services, Presses universitaires de Rennes, 1996.
  • [54]
    Ou plus précisément de ses « actants », au sens greimassien de position actantielle.
  • [55]
    Cf. notre analyse de ce paradoxe : G. Neyrand, « La parentalité d’accueil », Parentalité et famille d’accueil, Dialogue, n° 167, 2005. Voir aussi D. Coum, Repères pour le placement familial, Toulouse, érès, 2010.
  • [56]
    Il est à noter d’ailleurs que cet « exercice de la parentalité » correspond à ce que Gérard Poussin a défini antérieurement comme la « fonction parentale », G. Poussin, Psychologie de la fonction parentale, Toulouse, Privat, 1993.
  • [57]
    G. Neyrand, « Mutations sociales et renversement des perspectives sur la parentalité », dans D. Le Gall, Y. Bettahar, op. cit., p. 27.
  • [58]
    P. Bourdieu, « La famille comme catégorie réalisée », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 100, 1993.
  • [59]
    D. Coum, op. cit., p. 124.
  • [60]
    B. Ème, Les modes d’accueil de la petite enfance ou l’institution de la parentalité, Crida-Lsci/CNAF, 1999, p. 17.

L’ambiguïté du terme parentalité participe d’une utilisation plurielle, mobilisant des sens différents, mais elle ne tient pas seulement à cette utilisation par des acteurs sociaux divers ; elle tient aussi du fait que ce terme n’a pas été inventé dans les années 1990 pour répondre à la situation nouvelle qui se faisait jour. Le discours public l’a investi à ce moment-là, alors qu’il possédait déjà une longue histoire et que différentes sciences humaines l’avaient tour à tour employé, à chaque fois avec un sens spécifique : l’anthropologie, la psychanalyse, la sociologie. Lorsque le terme est passé dans le langage courant des gestionnaires et des politiques, il a trouvé un écho médiatique important ; ces différents emplois se sont sédimentés, rendant plus aléatoire la façon de l’employer et de le comprendre.
La reprise de l’historique de son emploi permet de préciser ces différentes acceptions et montre l’intérêt des travaux visant à l’expliciter pour en dégager le sens actuel, élaborer en quelque sorte son concept afin de le rendre opératoire dans l’analyse des mutations sociales.Ce chapitre se propose donc d’atteindre un double objectif. Il s’agit tout d’abord de préciser la spécificité des acceptions successives du terme, leurs convergences, leurs incompatibilités, et la synthèse problématique qui s’en est dégagée progressivement. Le deuxième objectif consiste alors à extraire un emploi heuristique de ce terme qui dépasse les formalisations réductrices liées à une opposition caricaturale entre des niveaux d’appréhension du fait parental strictement différenciés, pour envisager la référence au fait parental comme un organisateur de notre modernité familiale, un véritabl…


Date de mise en ligne : 01/04/2012

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