Genre, classe, « race » et subalternité : pour une psychanalyse mineure
- Par Thamy Ayouch
Pages 171 à 203
Citer ce chapitre
- AYOUCH, Thamy,
- CROIX, Laurence
- et POMMIER, Gérard,
- Ayouch, Thamy.
- Ayouch, T.
- L. Croix
- et G. Pommier
https://doi.org/10.3917/eres.croix.2017.01.0171
Citer ce chapitre
- Ayouch, T.
- L. Croix
- et G. Pommier
- Ayouch, Thamy.
- AYOUCH, Thamy,
- CROIX, Laurence
- et POMMIER, Gérard,
https://doi.org/10.3917/eres.croix.2017.01.0171
Notes
-
[1]
Voir à ce sujet : T. Anatrella, « Ne pas brouiller les repères symboliques », Le Figaro, 16 juin 1998 ; « À propos d’une folie », Le Monde, 26 juin 1999 ; La différence interdite, Paris, Flammarion, 1998 ou Le règne de Narcisse. Les enjeux de la différence sexuelle, Paris, Presses de la Renaissance, 2005. M. Balmary, « Mariage pour tous : la parole en danger », La Vie, 1er février 2013. C. Flavigny, « Le pacs, l’enfant et Freud », Libération, 19 octobre 1999. S. Korff-Sausse, « Pacs et clones : la logique du même », Libération, 7 juillet 1999. P. Legendre, Le Monde de l’éducation, décembre 1997 ; « Nous assistons à une escalade de l’obscurantisme », Le Monde, 23 octobre 2001. S. Lesourd, Le Monde, 14-15 mars 1999. A. Magoudi, Le Monde, 5 novembre 1997. M. Schneider, « Désir, sexe, pouvoir », et « Malaise dans la sexualité ? Du nouvel ordre sexuel au nouvel ordre matriarcal », Esprit, mai 2002 ou Big Mother. Psychopathologie de la vie politique, Paris, Odile Jacob, 2002. J.-P. Winter, « Gare aux enfants symboliquement modifiés », Le Monde des débats, mars 2000, et, avec M. Vacquin, « Non à un monde sans sexes », Le Monde, 4 décembre 2012.
-
[2]
J. Bergeret, « L’importance de l’illusoire dans le concept d’“homosexualite” tel que l’entend un psychanalyste », Revue française de psychanalyse, vol. 67, 2003/1, p. 27-40.
-
[3]
C. Gérard, « La relation homosexuelle est-elle une relation incestueuse ? », Revue française de psychanalyse, vol. 67, 2003/1, p. 125-126.
-
[4]
S. André, L’imposture perverse, Paris, Le Seuil, 1993.
-
[5]
P. Julien, Psychose, perversion, névrose : la lecture de Jacques Lacan, Toulouse, érès, 2000.
-
[6]
S. Reznik, « Ce que l’homosexualité féminine enseigne sur la loi », Che vuoi ?, n° 25, 2006/1, p. 45.
-
[7]
C. Chiland, « Problèmes posés par les transsexuels aux psychanalystes », Revue française de psychanalyse, vol. 69, 2005/2, p. 566.
-
[8]
M. Safouan, « Contribution à la psychanalyse du transsexualisme », dans Études sur l’œdipe : introduction à une théorie du sujet, Paris, Le Seuil, 1974, p. 74-97.
-
[9]
J. Dor, Structure et perversion, Paris, Denoël, 1987.
-
[10]
M. Czermak, « Préface », dans H. Frignet, Sur l’identité sexuelle : à propos du transsexualisme, Paris, Éditions de l’Association freudienne, 1996, p. 15.
-
[11]
C. Millot, Horsexe. Essai sur le transsexualisme, Toulouse, érès, coll. « Point Hors Ligne », 1993, mais aussi H. Frignet, Le transsexualisme, Paris, Desclée de Brouwer, 2000, et G. Morel, Ambiguïtés sexuelles, Paris, Anthropos, 2004.
-
[12]
H. Frignet, Le transsexualisme, op. cit.
-
[13]
J. Lacan, interview à France Culture, juillet 1973, dans Le Coq-Héron, n° 46-47, Paris, 1974, p. 4.
-
[14]
E. Said, L’orientalisme. L’Orient créé par l’Occident, Paris, Le Seuil, 1980.
-
[15]
F. Fanon, Peau noire, masques blancs, dans Œuvres, Paris, La Découverte, 2011, p. 63-252.
-
[16]
C. Guillaumin, L’idéologie raciste. Genèse et langage actuel, Paris, Mouton, 1972, p. 94.
-
[17]
On pourrait citer à ce sujet la diatribe de J. Bergeret contre l’opinion « à la mode », pour fonder sa définition des homosexualités comme immaturité sexuelle, compensation narcissique antidépressive ou délire psychotique : « Il paraît en effet bien utile pour un psychanalyste de ne pas se borner à suivre les contorsions défensives d’une opinion publique qui ne tient surtout pas à se mettre en question dans les jugements parfois trop rapides qu’elle avance. Un psychanalyste se doit de sortir d’un ronronnement coutumier saupoudré d’une pseudo-largesse d’esprit constituant en réalité une sorte de dénégation protectrice », J. Bergeret, « L’importance de l’illusoire dans le concept d’“homosexualité” tel que l’entend un psychanalyste », op. cit.
-
[18]
M. Foucault, Histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Plon, 1961, p. 612.
-
[19]
Ibid., p. 349.
-
[20]
M. Foucault, Le pouvoir psychiatrique. Cours au Collège de France (1973-1974), Paris, ehess, Gallimard, Le Seuil, 2003, p. 81.
-
[21]
Ibid., p. 86.
-
[22]
Ibid., p. 115.
-
[23]
Ibid., p. 86.
-
[24]
Ibid., p. 88.
-
[25]
M. Foucault, Histoire de la sexualité, tome I : La volonté de savoir (1976), Paris, Gallimard, 1994, p. 148-149.
-
[26]
J. Laplanche, « Le genre, le sexe, le sexual », dans Sexual. La sexualité élargie au sens freudien, Paris, Puf, 2003, p. 153.
-
[27]
J. Laplanche, « Trois acceptions du mot “inconscient” dans le cadre de la théorie de la séduction généralisée », dans Sexual. La sexualité élargie au sens freudien, op. cit., p. 208.
-
[28]
Ibid., p. 209.
-
[29]
Ibid.
-
[30]
Ibid., p. 211.
-
[31]
K. Corbett, Boyhoods. Rethinking Masculinities, New Haven et Londres, Yale University Press, 2009, édition Kindle, première partie « Boys, masculinity and the family », chapitre 2 « Non traditionnal family reverie: Masculinity unfolds ».
-
[32]
Ibid.
-
[33]
M. Foucault, La volonté de savoir, op. cit., 1976.
-
[34]
M. Foucault, « Le jeu de Michel Foucault » (entretien avec D. Colas, A. Grosrichard, G. Le Gaufey, J. Livi, G. Miller, J. Miller, J.-A. Miller, C. Millot, G. Wajeman), dans Dits et écrits, tome II, 1976-1988, Paris, Gallimard, 2001, p. 312.
-
[35]
Ibid., p. 313.
-
[36]
Les allers-retours sont multiples dans La volonté de savoir, où Foucault à la fois salue la rupture de la psychanalyse avec la neuropsychiatrie, les théories de la dégénérescence, mais pointe son introduction du dispositif d’alliance dans le dispositif de sexualité. Le ton reste accusateur, et Foucault conclut son ouvrage par cette affirmation : « […] ils n’ont pas vu que le bon génie de Freud l’avait placé [le sexe] en un des points décisifs marqués depuis le xviiie siècle par les stratégies de savoir et de pouvoir ; et qu’il relançait ainsi avec une efficacité admirable, digne des plus grands spirituels et directeurs de l’époque classique, l’injonction séculaire d’avoir à connaître le sexe et à le mettre en discours », M. Foucault, Histoire de la sexualité, tome I : La volonté de savoir, op. cit., p. 210.
-
[37]
M. Foucault, « Le jeu de Michel Foucault », op. cit., p. 315.
-
[38]
G. Rubin, « Penser le sexe », dans G. Rubin, J. Butler, Marché au sexe, Paris, epel, 2001, p. 65-139.
-
[39]
Ibid., p. 131.
-
[40]
M. Foucault, Le pouvoir psychiatrique, op. cit., p. 164.
-
[41]
Ibid., p. 187.
-
[42]
Ibid., p. 165-166.
-
[43]
C. Chiland, « Problèmes posés par les transsexuels aux psychanalystes », op. cit., p. 565.
-
[44]
Ibid., p. 573.
-
[45]
C. Chiland, Le transsexualisme, Paris, Puf, 2003, p. 117.
-
[46]
J. Lacan, « Entretien avec Michel H. », dans H. Frignet, Sur l’identité sexuelle. À propos du transsexualisme, Paris, Éditions de l’Association freudienne, 1996, p. 312-350.
-
[47]
M. Czermak, « Entretien avec Nicolas P. », dans Sur l’identité sexuelle. À propos du transsexualisme, op. cit., p. 355-396.
-
[48]
M. Foucault, Le pouvoir psychiatrique, op. cit., p. 57.
-
[49]
J. Lacan, « La science et la vérité », dans Écrits, Paris, Le Seuil, 1966, p. 863.
-
[50]
M. Foucault, « Foucault », dans Dits et écrits, tome II, 1976-1988, op. cit., p. 1452.
-
[51]
M. Foucault, « Le sujet et le pouvoir », dans Dits et écrits, t. 4, 1980-1988, Paris, Gallimard, 1994.
-
[52]
G. Spivak, Les subalternes peuvent-elles parler ?, Paris, Amsterdam, 2009.
-
[53]
R. Grosfoguel, S. Castro-Gómez (sous la direction de), El giro decolonial : reflexiones para una diversidad epistémica más allá del capitalismo global, Bogotá, Siglo del Hombre Editores, 2007.
-
[54]
Je me permets de renvoyer ici à l’article de T. Ayouch et L. Bulamah, « A homossexualidade dos analistas : historia, política e metapsicologia », Percurso. Revista de psicanálise, vol. 51, Destino do trauma psíquico, XXVI, décembre 2013, p. 115-126.
-
[55]
J. Butler, Défaire le genre, Paris, Amsterdam, 2012.
-
[56]
G. Deleuze, F. Guattari, Kafka. Pour une littérature mineure, Paris, Éditions de Minuit, 1975, édition Kindle, chapitre 3 « Qu’est-ce qu’une littérature mineure ? ».
-
[57]
Ibid.
-
[58]
Ibid., p. 32.
-
[59]
Ibid.
-
[60]
G. Deleuze, « Philosophie et minorité », Critique, n° 369, février 1978, p. 154-155.
Une abondante littérature psychanalytique a, depuis des décennies, porté sur les homosexualités, les transidentités, les postures de sexualités et de sexuation non hétérocentrées, ou sur les réagencements « pathogènes » de la famille, le plus souvent dans une visée à la fois nosographique et étiologique. Par-delà le cabotinage médiatique de psychanalystes dans les débats autour du pacs, du mariage pour tous/tes ou de l’homoparentalité, ces analyses édifiantes s’avèrent dangereuses lorsqu’elles s’instituent comme savoir psychanalytique ou académique. Ainsi définit-on encore, par exemple, l’homosexualité comme « barbarisme », car la sexualité, issue du latin secare, « rend obligatoire le choix d’un objet de statut “hétéro” (différent) », et la renvoie-t-on, alternativement, à une immaturité sexuelle (incapacité d’intégrer le courant affectif œdipien), à une régression post-œdipienne, à un syndrome dépressif cherchant compensation narcissique, ou à une psychose reconstruisant de manière délirante la réalité. Les présentations cliniques n’interviennent alors souvent que pour confirmer ces constructions théoriques, et les étiologies, pastiches du Léonard ou de la Sidonie de Freud, sont tout établies : pour l’un, l’homosexualité, « faille narcissique précoce », provient d’une « fixation infantile précoce à la mère […] plaçant le sujet dans un état de traumatisme narcissique ». Pour d’autres, l’homosexualité est une Imposture perverse : la lesbienne vise à donner son pénis imaginaire à l’objet pour voiler son manqu…
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