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4. Les effets du féminisme d'État

Pages 132 à 189

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  • Pruvost, G.
(2008). 4. Les effets du féminisme d'État. De la « sergote » à la femme flic : Une autre histoire de l’institution policière (1935-2005) (p. 132-189). La Découverte. https://shs.cairn.info/de-la-sergote-a-la-femme-flic--9782707152190-page-132?lang=fr.

  • Pruvost, Geneviève.
« 4. Les effets du féminisme d'État ». De la « sergote » à la femme flic Une autre histoire de l’institution policière (1935-2005) La Découverte, 2008. p.132-189. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/de-la-sergote-a-la-femme-flic--9782707152190-page-132?lang=fr.

  • PRUVOST, Geneviève,
2008. 4. Les effets du féminisme d'État. In : De la « sergote » à la femme flic Une autre histoire de l’institution policière (1935-2005) Paris : La Découverte. TAP / Politique et société, p.132-189. URL : https://shs.cairn.info/de-la-sergote-a-la-femme-flic--9782707152190-page-132?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Joseph Gusfield, La Culture des problèmes publics, op. cit.
  • [2]
    Maurice Rajsfus, La Police hors la loi. Des milliers de bavures sans ordonnances depuis 1968, Le Cherche Midi, Paris, 1996.
  • [3]
    Françoise Picq, La Libération des femmes, les années-mouvement, Année zéro, Seuil, Paris, 1993, p. 19.
  • [4]
    Marie-Jo Dhavernas, « Les femmes, la guerre et la violence », La Revue d’en face, n° 11, 1981, p. 89.
  • [5]
    Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, Gallimard, Paris, 1986, vol. 1, p. 74.
  • [6]
    Kate Millett, La Politique du mâle, Stock, Paris, 1971, p. 41.
  • [7]
    Ibid., p. 78.
  • [8]
    Christine Delphy, « Le féminisme et l’État », in L’Ennemi principal, Syllepse, Paris, 2001.
  • [9]
    Dorothy McBride Stetson et Amy Mazur (dir.), Comparative State Feminism, Sage Publications, Londres, 1995, p. 1-2. Notre traduction.
  • [10]
    Martine Lévy, « Le féminisme d’État en France (1965-1985) », doctorat de sciences politiques, Institut d’études politiques, Paris, 1988, p. 12.
  • [11]
    JO, Lois et décrets, 8 février 1959, p. 1747.
  • [12]
    Valéry Giscard d’Estaing, Démocratie française, Fayard, Paris, 1976, p. 63.
  • [13]
    Françoise Giroud, Cent mesures pour les femmes, La Documentation française, Paris, 1976.
  • [14]
    Jean Mauduit, La Révolte des femmes, Fayard, Paris, 1971, p. 155.
  • [15]
    Gérard Delhomez, La Police au féminin, op. cit., p. 20.
  • [16]
    Martine Lévy, « Le féminisme d’État en France », op. cit.
  • [17]
    Jean-Claude Thoenig, « Analyse des politiques publiques », in Madeleine Grawitz et Jean Leca, Traité de science politique, t. IV, Les Politiques publiques, PUF, Paris, 1985, p. 1-60.
  • [18]
    « Madame le commissaire », Le Figaro, 26 août 1974 ; « Les femmes sont admises à se présenter au concours de commissaire de police », Le Monde, 27 août 1974 ; « Quatre jeunes femmes ont été admises au concours de commissaire », Le Monde, 8-10 juin 1975.
  • [19]
    « Femmes à la barre », canal 1, 22 février 1975 ; « Des nouveaux métiers pour les femmes », Paris-Match, n° 1344, mars 1975.
  • [20]
    « Femme commissaire de police », Journal télévisé, Canal 2, 28 mai 1976, 18 h 30 ; « Danielle Thiéry », Portraits pour demain, Canal 2, 9 septembre 1976.
  • [21]
    Les femmes policiers anglaises font l’objet de films depuis 1931.
  • [22]
    Florence Montreynaud, « Annie Girardot, femme active, actrice populaire », in Le XXe Siècle des femmes, Nathan, Paris, 1999, p. 554-555.
  • [23]
    Jacqueline Chabridon, « Quatre commissaires de police au féminin », Le Figaro, 22 juin 1976.
  • [24]
    Danielle Thiéry, La Petite-Fille de Marie Gare, op. cit., p. 155.
  • [25]
    Cf. http://www.cesdip.com/spip.php?article318 pour la liste exhaustive des articles.
  • [26]
    Pascal Martini, « Les femmes gardiens de la paix », La Voix de la Police nationale (CGT), n° 43, 1978.
  • [27]
    Rapport sur la réforme des structures et des corps de la Police nationale, dit rapport Racine, décembre 1976, commission interministérielle de la PN, p. 57-58.
  • [28]
    Cf. http://www.cesdip.com/spip.php?article318 pour la liste exhaustive des articles et émissions de télévision.
  • [29]
    Claude Picant, « Les « fliquettes au quotidien », L’Humanité Dimanche, 16 janvier 1980.
  • [30]
    Monique Pelletier, conférence de Copenhague, juillet 1980, citée par Martine Lévy, « Le féminisme d’État en France », op. cit., p. 229.
  • [31]
    Martine Lurol, « Quand les institutions se chargent de la question du travail des femmes, 1970-1995 », Travail, genre et sociétés, n° 1, 1999.
  • [32]
    Alain Hamon, Les Seigneurs de l’ordre public, Belfond, Paris, 1991.
  • [33]
    Jane Jenson et Mariette Sineau, Mitterrand et les Françaises, Presses de Science Po, Paris, 1995, p. 353.
  • [34]
    Claudie Baudino, « La cause des femmes à l’épreuve de son institutionnalisation », Politix, n° 51, 2000, p. 91.
  • [35]
    Martine Lévy, « Le Féminisme d’État en France, 1965-1985 », op. cit., p. 112.
  • [36]
    Yvette Roudy, Femmes en marge, Flammarion, Paris, 1975, p. 65.
  • [37]
    Yvette Roudy, À cause d’elles, Albin Michel, Paris, 1985, p. 132.
  • [38]
    Denise Cacheux, Rapport sur le projet de loi adopté par le Sénat, modifiant l’article 7 de l’ordonnance du 4 février 1959 relative au statut général des fonctionnaires et portant dispositions diverses concernant le principe d’égalité d’accès aux emplois publics, JO, Assemblée nationale, annexe au procès-verbal de la séance du 2 avril 1982.
  • [39]
    Courrier non daté d’Yvette Roudy, cité par Françoise Thébaut, « Promouvoir les droits des femmes : ambitions, difficultés et résultats », in S. Bernstein, P. Milza et J.-L. Bianco (dir.), Les Années Mitterrand. Les années du changement (1981-1984), Perrin, Paris, 2001, p. 596.
  • [40]
    « Les femmes dans la fonction publique », Citoyennes à part entière, n° 9, 1982.
  • [41]
    Jean-Pierre Bordier, « 1981-1988 : un bilan pour la police », Police d’Aujourd’hui, n° 20, 1988.
  • [42]
    Sophie Grassin, « Gardien de la paix au féminin », Le Matin de Paris, 30 juillet 1982.
  • [43]
    « Gardien de la paix : de plus en plus de femmes », Femme pratique, octobre 1982 ; « Femmes gardiens de la paix », Citoyennes à part entière, juillet-août 1983.
  • [44]
    Yvette Roudy, Mais de quoi ont-ils peur ?, Albin Michel, Paris, 1995, p. 166.
  • [45]
    Question n° 16372 d’André Rossinot au ministre de l’Intérieur du 28 juin 1982, réponse du 27 septembre 1982, JO, 27 septembre 1982, p. 3831.
  • [46]
    Yvette Roudy, Mais de quoi ont-ils peur ?, op. cit., p. 166.
  • [47]
    Françoise Thébaud, « Promouvoir les droits des femmes : ambitions, difficultés et résultats », in S. Bernstein, P. Milza et J.-L. Bianco (dir.), Les Années Mitterrand. Les années du changement (1981-1984), op. cit., p. 580.
  • [48]
    Yvette Roudy, À cause d’elles, op. cit., p. 195.
  • [49]
    Lucien Miard, « Femme-commissaire : l’intuition en plus », Le Figaro, 15 février 1978.
  • [50]
    Joseph Gusfield, La Culture des problèmes publics, op. cit., p. 179, notre traduction.
  • [51]
    Cf. supra.
  • [52]
    Gérard Delhomez, La Police au féminin, op. cit., p. 15.
  • [53]
    Cf. http://www.cesdip.com/spip.php?article318 pour la liste exhaustive des articles.
  • [54]
    « Officières de paix », Citoyennes à part entière, octobre 1983 ; « Officier de paix de la Police nationale », Bulletin d’information, n° 342, ONISEP, 1987.
  • [55]
    Jean-Michel Belorgey, « Étude sur la police », note au ministère de l’Intérieur, avril 1982, in La Police au rapport, Presses universitaires de Nancy, Nancy, 1991, p. 118.
  • [56]
    Jane Jenson et Mariette Sineau, Mitterrand et les Françaises, un rendez-vous manqué, op. cit.
  • [57]
    Françoise Thébaud, « Promouvoir les droits des femmes : ambitions, difficultés et résultats », in S. Bernstein et al., Les Années Mitterrand, op. cit., p. 591.
  • [58]
    Martine Lévy, « Le féminisme d’État en France », op. cit., p. 464.
  • [59]
    Pour une étude de ce débat définitoire, cf. Déviance et Société, 2001, vol. 25, n° 3.
  • [60]
    Jean Gaudoin, « La police est un humanisme », op. cit., p. 29.
  • [61]
    Alain Peyrefitte, Réponses à la violence, op. cit., p. 181.
  • [62]
    Pascal Martini, « Les femmes gardiens de la paix », La Voix de la Police nationale (CGT), n° 43, juillet-août-septembre 1978.
  • [63]
    M. Jacquemin, secrétaire général de la 10e Région, « Madame le policier », L’Unité syndicale, n° 145, 1979.
  • [64]
    « La colère des dames bleues », L’Aurore, 12 mars 1981.
  • [65]
    Jean-Michel Belorgey, « Pré-rapport de la Commission d’étude des réformes de la police », in La Police au rapport, Presses universitaires de Nancy, Nancy, 1991.
  • [66]
    Ibid., p. 118-119.
  • [67]
    Jean Darriulat, « Sécurité dans le métro : refonte des compagnies spéciales », Le Matin, 28 octobre 1981.
  • [68]
    Cf. http://www.cesdip.com/spip.php?article318 pour la liste exhaustive des articles.
  • [69]
    Françoise Picq, 1970, Libération des femmes. Les années mouvement, op. cit.
  • [70]
    Georges Vigarello, Histoire du viol, Seuil, Paris, 1998, p. 247 ; 250.
  • [71]
    Christine Delphy, « Les féministes et l’État », in L’Ennemi principal, Nouvelles Questions féministes, Paris, 2001, p. 367-368.
  • [72]
    Françoise Picq, 1970, Libération des femmes, op. cit, p. 241.
  • [73]
    Ibid.
  • [74]
    Michèle Solat, « Les féministes et le viol », Le Monde, 20 octobre 1977.
  • [75]
    Ibid.
  • [76]
    Bernard Élie, « Une femme dans chaque commissariat », Le Monde, 28 janvier 1977 ; Yves Leridon, « Une femme policier dans chaque commissariat… et bientôt des gardiens de la paix féminins », Le Figaro, 26 janvier 1977.
  • [77]
    Janine Mossuz-Lavau, Les Lois de l’amour, Payot, Paris, 1991.
  • [78]
    Proposition n° 324, annexe au procès-verbal de la séance du 20 avril 1978, JO, Sénat, Impressions, p. 6-7.
  • [79]
    Ibid.
  • [80]
    Proposition n° 381, annexe au procès-verbal de la séance du 1er juin 1978, JO, Sénat, Impressions, p. 4.
  • [81]
    Proposition n° 445, annexe au procès-verbal de la séance du 15 juin 1978, JO, Sénat, Impressions, p. 5.
  • [82]
    Edgard Tailhadès, Rapport n° 442, annexe au procès-verbal de la séance du 15 juin 1978, JO, Sénat, Impressions, p. 13.
  • [83]
    Corinne Enfant, « La police : un métier de femme ? », Le Monde, 12 août 1978.
  • [84]
    Question de François Massot du 17 mars 1979, réponse du 23 juin 1979, JO, Assemblée nationale, 23 juin 1979, p. 5584.
  • [85]
    « Les femmes battues », Revue de la Police nationale, n° 113, 1980.
  • [86]
    Arnauld Dingreville, « Une femme qui s’occupe de femmes… au commissariat », France-Soir, 17 octobre 1981.
  • [87]
    Note à l’attention du ministère de la Justice concernant les femmes victimes de violences de novembre 1982, p. 2.
  • [88]
    « Viol : des victimes au banc des accusés », Agence Femmes Information, n° 43, 1983.
  • [89]
    « L’accueil des femmes battues », Liaisons, n° 261, 1983, p. 28 ; « Accueil et information du public de la Préfecture de police », Liaisons, janvier-février 1984, p. 47.
  • [90]
    « Femmes et violence », Citoyennes à part entière, n° 48, décembre 1985.
  • [91]
    « Viol : des victimes au banc des accusés », art. cit.
  • [92]
    Geneviève Pruvost, Profession : policier. Sexe : féminin, op. cit., p. 241.
  • [93]
    Emmanuel Reynaud, Les Femmes, la Violence et l’Armée, Fondation pour les études de la défense nationale, Paris, 1988.
  • [94]
    Marie-Jo Dhavernas, « Les femmes, la guerre et la violence », La Revue d’en face, n° 11, 1981, p. 87, p. 90.
  • [95]
    « Femmes gardiens de la paix », Citoyennes à part entière, art. cit. ; « Officières de paix », Citoyennes à part entière, art. cit.
  • [96]
    Gérard Delhomez, La Police au féminin, op. cit., p. 24.
  • [97]
    Françoise Lemoine, « Commissaire de charme et de choc », Le Figaro, 9-10 janvier 1988.
  • [98]
    Renaud Vincent, « Madame le commissaire », France-Soir, 16 mai 1988 ; Françoise Lemoine, « Commissaire de charme et de choc », art. cit.
  • [99]
    « La femme est-elle un policier à part entière », signé par « Une Femme Policier », Police nationale, Fonction publique (CFDT), n° 1, 1975.
  • [100]
    Édith Fascioda [inspecteur de police aux RG depuis 5 ans] et Pascaline Honoré, [inspecteur de police en police urbaine depuis 10 ans], « Les femmes dans la police », Direction de la formation, 1982, dactylog.
  • [101]
    Ibid., p. 6.
  • [102]
    Pour une reproduction de la photo, cf. Geneviève Pruvost, « Enquêter sur les policiers », Terrains, art. cit.
  • [103]
    Georges Daudon, « Maigret en jupons, c’est pour demain. Madame le commissaire », L’Aurore, 2 septembre 1974.
  • [104]
    « Et toc ! Madame l’agent », France-Soir, 22 septembre 1979 (entrefilet).
  • [105]
    « Danielle Thiéry, 1re femme commissaire », Journal télévisé, canal 1, 27 mai 1976 ; « École de police », Journal télévisé, canal 2, 25 janvier 1979.
  • [106]
    « Attention ! Minettes dangereuses », France-Soir [entre septembre et juillet 1975] ; « Elle porte même le pistolet-mitrailleur », France-Soir, 1er décembre 1983.
  • [107]
    Françoise Lemoine, « La police au féminin », Le Figaro, 11 février 1984.
  • [108]
    Cf. http://www.cesdip.com/spip.php?article318 pour la liste exhaustive des émissions télévisées.
  • [109]
    Claude Picant, « Les “fliquettes” au quotidien », L’Humanité Dimanche, 16 janvier 1980.
  • [110]
    « Le problème du recrutement féminin dans la police », Revue de la Police nationale, n° 98, décembre 1975.
  • [111]
    Gérard Delhomez, La Police au féminin, op. cit., p. 174.
  • [112]
    Ibid.
  • [113]
    Catherine Marry, Les Femmes ingénieurs, Belin, Paris, 2005.
  • [114]
    Philippe Charrier, « Comment envisage-t-on d’être sage-femme quand on est un homme ? », Travail, genre et sociétés, n° 12, 2004.

En 1974, la féminisation du prestigieux concours de commissaire, puis de ceux de gardien de la paix en 1978 et d’officier de paix en 1983 s’accomplit sous d’autres auspices que celles des inspecteurs et des « contractuelles ». Après six ans de féminisation confidentielle, les femmes policiers accèdent à la visibilité publique. Cette médiatisation ne suffit cependant pas à ériger à elle seule cette féminisation en « problème public » au sens où l’entend Joseph Gusfield : il faut qu’il y ait controverse et que cette controverse soit menée par des agents officiels en vue d’une résolution.
C’est toute la nouveauté de cette troisième étape par rapport à celle qui s’est déroulée dans l’ombre de mai 1968, sans autre contrôle ni témoin que les législateurs. La féminisation de la police s’accomplit avec d’autres acteurs politiques : les femmes du gouvernement en charge de la cause des femmes et les médias. Étendards de l’égalité professionnelle pour le féminisme d’État, pacificatrices de charme pour le ministère de l’Intérieur, cette féminisation répond avant tout à des fins promotionnelles. L’égalité importe moins que le symbole.
La féminisation complète de la police prendra dix ans. Le cheminement législatif qui conduit au démantèlement partiel de la protection juridique dont bénéficie la police est très éclairant sur la résistance sociale opposée au partage de la force publique, mais aussi sur les limites du pouvoir dont dispose le féminisme d’État. Le cas policier permet d’illustrer les limites conceptuelles d’une époque…


Date de mise en ligne : 27/10/2011

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