II. L’autonomie croissante de l’enseignement privé
- Par Pierre Merle
Pages 28 à 45
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À la Libération, la majorité de l’Assemblée constituante est favorable à l’enseignement public et, le 28 mars 1945, l’aide « exceptionnelle adaptée aux circonstances » accordée à l’enseignement privé par le gouvernement de Vichy est supprimée. La perte d’une subvention de 386 millions annuels pose un problème financier majeur à l’enseignement privé.
La loi Ferry de juin 1881 a en effet instauré la gratuité de l’école primaire publique et, le 30 octobre 1886, la loi Goblet (voir supra) précise que les écoles primaires privées ne peuvent recevoir aucune subvention publique. Pour l’enseignement secondaire, la loi Falloux de 1850 limite sensiblement les subventions publiques aux établissements privés.
De surcroît, à partir de 1930, l’enseignement secondaire public est devenu gratuit. La préférence des parents pour l’enseignement privé, pour des raisons religieuses, distinctives et/ou idéologiques, est en partie contrebalancée par le coût de la scolarisation. L’enseignement privé est par ailleurs confronté à des coûts de fonctionnement croissants en raison du déclin progressif des vocations religieuses qui imposent de recruter des professeurs laïcs salariés. Pour survivre, les établissements catholiques imposent à leurs enseignants des salaires peu attractifs. La recherche de nouvelles ressources est un impératif.
Pour faire face à ses problèmes de financement, l’enseignement privé n’est pas démuni en raison de sa forte implantation dans le système éducatif. En 1951, il scolarise 29,5 % des élèves de l’enseignement secondaire et, à l’intérieur de celui-ci, 34,5 % des élèves des lycées classiques (voir tableau …
Date de mise en ligne : 21/08/2025
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