Chapitre d’ouvrage

14 - Genre, travail et migrations

Pages 186 à 196

Citer ce chapitre


  • Lenoël, A.
  • et Pailhé, A.
(2018). 14 - Genre, travail et migrations. Dans
  • M. Maruani
Je travaille, donc je suis : Perspectives féministes (p. 186-196). La Découverte. https://doi.org/10.3917/dec.maru.2018.01.0186.

  • Lenoël, Audrey.
  • et al.
« 14 - Genre, travail et migrations ». Je travaille, donc je suis Perspectives féministes, La Découverte, 2018. p.186-196. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/je-travaille-donc-je-suis--9782707199706-page-186?lang=fr.

  • LENOËL, Audrey
  • et PAILHÉ, Ariane,
2018. 14 - Genre, travail et migrations. In :
  • MARUANI, Margaret,
Je travaille, donc je suis Perspectives féministes. Paris : La Découverte. Recherches, p.186-196. DOI : 10.3917/dec.maru.2018.01.0186. URL : https://shs.cairn.info/je-travaille-donc-je-suis--9782707199706-page-186?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/dec.maru.2018.01.0186


La question du genre a longtemps été absente du champ des recherches sur la migration aussi bien en France qu’à l’étranger. Jusqu’à la parution en 1984 du premier numéro spécial de l’International Migration Review consacré aux femmes migrantes, la domination des hommes dans les flux migratoires faisait consensus [Morokvasic, 1984]. Même si les femmes ont de tout temps émigré, la recherche sur l’immigration ne s’intéressait pratiquement qu’aux travailleurs masculins. L’image de l’homme seul, migrant pour des raisons économiques, est restée prégnante dans les représentations de l’immigration, même dans les pays où les migrations de travail ont cessé. Les migrations de femmes n’étaient quant à elles vues que comme un phénomène marginal ou de second rang [Gaspard, 1998 ; Catarino et Morokvasic, 2005]. Les femmes migrantes étaient essentiellement pensées comme épouses de travailleurs migrants et seuls leurs comportements familiaux suscitaient l’intérêt. Leur affectation aux emplois domestiques, aux emplois de la confection ou comme travailleuses à domicile, renforçait cette invisibilité.
La perspective de genre a intégré le champ des études des migrations lorsque les femmes migrantes ont gagné en visibilité. Globalement, les données statistiques disponibles ont permis de (re)découvrir que la migration féminine était depuis longtemps un phénomène loin d’être marginal et qu’il convenait de relativiser l’idée d’une féminisation de grande ampleur des flux migratoires. En effet, les femmes représentaient 46,6 % des migrants internationaux en 1960, passant à 48 % en 2015 [Donato et Gabaccia, 2016]…


Date de mise en ligne : 03/12/2018

https://doi.org/10.3917/dec.maru.2018.01.0186

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