13 : Résister à l'enquête ?
Le chercheur face à l'autorité des psychanalystes
- Par Samuel Lézé
Pages 261 à 276
Citer ce chapitre
- LÉZÉ, Samuel,
- BENSA, Alban
- et FASSIN, Didier,
- Lézé, Samuel.
- Lézé, S.
- A. Bensa
- et D. Fassin
https://doi.org/10.3917/dec.fassi.2008.01.0261
Citer ce chapitre
- Lézé, S.
- A. Bensa
- et D. Fassin
- Lézé, Samuel.
- LÉZÉ, Samuel,
- BENSA, Alban
- et FASSIN, Didier,
https://doi.org/10.3917/dec.fassi.2008.01.0261
Notes
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[1]
Pour être psychanalyste, le diplôme de psychologue ou de psychiatre n?est pas suffisant. Il est nécessaire de réaliser une cure personnelle. Ce sont les associations (ou des réseaux d?associations) qui ont la charge de former et de contrôler les psychanalystes.
-
[2]
Alors que je tente de comprendre un mode d?organisation sociale.
-
[3]
Durée canonique d?une séance pour certains lacaniens.
-
[4]
Qui prétend à la pureté pratique et clinique.
-
[5]
Qui prétend s?organiser en dehors des déterminations sociologiques ordinaires.
-
[6]
Avoir l'intelligence de la situation c?est formuler des questions acceptables ou recevables.
-
[7]
Ce qui n?est plus le cas dans le champ médical anglo-saxon où les commandes publiques d?études qualitatives sur l'expérience phénoménologique des patients s?adressent de plus en plus aux anthropologues. La frontière entre clinique et recherche est brisée par la médecine basée sur les preuves. Le succès de la phénoménologie des maladies mentales est l'envers du succès des classifications nosographiques.
-
[8]
La scène évoque la situation de l'homme au magnétophone, témoignage polémique d?un analysant à l'égard de son psychanalyste que Sartre avait publié dans les Temps modernes en 1969.
-
[9]
Je m?inspire largement ici d?un article de Jean Bazin [1996, p. 401-20]. Dans cet article, il oppose le ?paradigme ethnologique? qui valorise la différence pour elle-même au ?paradigme anthropologique? qui vise à réduire la différence. L?une implique un programme herméneutique, l'autre pragmatique. Cet usage s?oppose à la façon canonique de considérer la discipline comme un immeuble à ?étages? depuis le rez-de-chaussée empirique de l'ethnographie, en passant par l'escalier de l'ethnologie de synthèse jusqu?à la terrasse de l'anthropologie, théorique et comparative. Pour Jean Bazin, une description anthropologique est aussi bien ethnographique que théorique pour autant qu?elle se fait pragmatique. Décrire une règle sociale, c?est à la fois décrire l'actualisation toujours singulière d?un possible tel ?on a volé une vache? et le réinscrire dans une minutieuse casuistique des ?coups possibles?, en puissance.
-
[10]
Journal de terrain, juin 2005. (Je souligne).
-
[11]
La démarche pragmatique s?oppose non seulement à la démarche herméneutique propre à de nombreuses anthropologies surinterprétatives, mais également à la démarche nomologique qui implique la recherche de lois sociales propre au ?programme galiléen? de l'anthropologie structurale.
-
[12]
Le site de l'ECF indique que cette rencontre s?adresse « à tous ceux qui désirent s?informer sur la cure analytique, la formation dispensée à l'École, parler de leur parcours personnel ou de leur intérêt particulier pour la psychanalyse ».
-
[13]
Une situation similaire, quoique par e-mails interposés, se répéta lors du premier contact d?un membre de la SPP, Société psychanalytique de Paris.
-
[14]
Les entretiens préliminaires consistent en échanges d?une durée plus ou moins longue qui précèdent le passage sur le divan.
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[15]
L?étude des valorisations de la parole commence à se développer en anthropologie. Voir par exemple Dominique Casajus [2000]. Je pense que toutes les leçons de l'ouvrage « classique » de Jeanne Favret-Saada [1977], qu?on ne cesse pourtant pas de citer avec éloge, ne sont toujours pas clairement tirées.
-
[16]
Deux ou trois séances par semaine de 45 à 55 minutes. Ils ont donc un cadre « fixe ».
-
[17]
Psychanalyste reconnu comme chevronné (au sein d?un cercle ou d?une association) qui supervise le travail clinique des psychanalystes en formation ou en période de difficulté.
-
[18]
Ou psychanalyste débutant.
-
[19]
Patient en cours de cure.
-
[20]
Ancien patient.
-
[21]
Tout individu qui présente une demande à un psychanalyste.
-
[22]
Il s?agit d?un extrait de l'un de mes carnets de début 2003. Je suis perplexe et embarrassé par cette situation : quel « nom » donner ?
-
[23]
L? « interlocuteur impartial » de Freud, c?est l'État.
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[24]
D?où la question de Antoine Compagnon et Michel Schneider [1973] dans un article ironique : « Qu?est-ce que l'analyste en tant qu?analyste ne peut interpréter ? », « Économie et marché de la psychanalyse en France », Les Temps Modernes, 1973.
Louis G. avait accepté le rendez-vous pris par courrier électronique et, sans nul doute, les motifs de la rencontre. Au printemps 2002, je me rends donc au cabinet d?un psychanalyste, un magnétophone à la main, en toute fin de matinée? Une plaque de « psychiatre » signale bien le lieu en bas de l'immeuble, mais non son activité principale de psychanalyste. Je me présente à l'homme qui m?ouvre la porte, silencieux et grave. En raison d?un retard, il m?invite immédiatement à patienter « un moment » dans une salle d?attente impersonnelle, exiguë, comble et ponctuée de lourds soupirs? Au passage, il cueille une jeune femme qui me libère sa place. Je m?y installe, embarrassé de mon sac, d?une veste et d?un volumineux magnétophone. Des regards inquiets et furtifs se portent sur moi, puis se renfrognent derrière un voile d?indifférence. Assis au milieu de six femmes, de générations très différentes, feignant de s?ignorer mutuellement, l'atmosphère est à couteaux tirés. Chacune protège les frontières de son intimité en portant haut sur le visage le roman épais d?un écrivain à succès ou le magazineElle. Je m?interroge : feignent-elles de lire ou ressassent-elles déjà les propos de leur séance ou ceux qui ne purent être dits à leur dernière séance ?
Une demi-heure plus tard très exactement, le parquet du couloir vibre sous les pas alertes du psychanalyste qui raccompagne sa patiente à la porte, sans un mot. Toujours silencieux, il surgit au seuil de la salle d?attente, cherche mon regard et me lance, impassible, un très ferme et sonnant : « À vous maintenant »…
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