36. Avocats et médecins : féminisation et différenciation sexuée des carrières
- Par Nathalie Lapeyre
- et Nicky Le Feuvre
Pages 424 à 434
Citer ce chapitre
- LAPEYRE, Nathalie
- et LE FEUVRE, Nicky,
- DEMAZIÈRE, Didier
- et GADÉA, Charles,
- Lapeyre, Nathalie.
- et al.
- Lapeyre, N.
- et Le Feuvre, N.
- D. Demazière
- et C. Gadéa
https://doi.org/10.3917/dec.demaz.2010.01.0424
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- Lapeyre, N.
- et Le Feuvre, N.
- D. Demazière
- et C. Gadéa
- Lapeyre, Nathalie.
- et al.
- LAPEYRE, Nathalie
- et LE FEUVRE, Nicky,
- DEMAZIÈRE, Didier
- et GADÉA, Charles,
https://doi.org/10.3917/dec.demaz.2010.01.0424
Notes
-
[1]
Pour la France, nous avons effectué environ 150 entretiens biographiques auprès de femmes et d’hommes appartenants à différents groupes professionnels (médecins, avocats, architectes, cadres bancaires, orthophonistes, universitaires etc.), quel que soit leur le mode d’exercice (libéral, salarié mixte).
-
[2]
Parfois, les « spécificités féminines » sont célébrées, plutôt que vilipendées. Ainsi, un récent sondage du Conseil national des barreaux montre que « l’arrivée significative des femmes dans la profession » est jugée comme une évolution positive pour 87 % des avocat (e) s [Conseil national des barreaux, 2005]. Sur le fond, la logique est identique : les femmes sont toujours pensées dans leur « différence », érigée en « Nature féminine » [Guillaumin, 1992].
-
[3]
Les recettes nettes moyennes annuelles des avocats collaborateurs étaient de 49508 €/ an en 2003, celles des individuels de 132434 €/an et celles des associés de 301722 €/an [Observatoire du CNB, 2007]
-
[4]
BNC : Bénéfices non commerciaux.
-
[5]
En médecine, les femmes sont surreprésentées dans les spécialités médicales et particulièrement dans un certain nombre de niches dites « féminines » : gynécologie médicale (88,3 %), pédiatrie (59 %) ou médecine du travail (68,9 %) ; les avocates sont quant à elles plutôt spécialisées en droit social, de la famille ou des personnes.
Plusieurs recherches récentes ont mis l’accent sur le fait que, loin de
constituer un phénomène en marge des dynamiques professionnelles, le
processus de féminisation est à la fois révélateur et accélérateur des transformations structurelles profondes des groupes professionnels [Collin,
1992]. C’est ainsi que, selon l’expression de Claude Dubar, l’étude de la
féminisation des groupes professionnels reste une « piste inédite » pour la
formulation de nouvelles problématiques en sociologie des professions
[Dubar, 1994, p. 382], ainsi que pour une compréhension approfondie des
nouveaux enjeux auxquels les groupes professionnels sont aujourd’hui
confrontés. Il n’en reste pas moins que les approches sociologiques traditionnelles des groupes professionnels donnent principalement à voir des
acteurs d’un genre masculin, apparemment déchargés des contingences
familiales et domestiques, et émettent à leur propos des hypothèses implicitement sexuées.
Cette contribution vise à présenter une synthèse des résultats récents
des recherches sur les processus de féminisation des groupes professionnels et à mettre en perspective les nouveaux défis associés à ce phénomène, à la fois du point de vue des problématiques de recherche que de
celui des groupes professionnels en tant que tels. À côté des signes
témoignant d’une persistance tenace de la ségrégation sexuée au sein
même des groupes professionnels en voie de féminisation, il s’agit
également de reconnaître le potentiel de changement social qui est à
l’œuvre dans ce champ…
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