Chapitre d’ouvrage

19. Grands cercles et sociabilité des élites mondiales

Pages 239 à 247

Citer ce chapitre


  • Cousin, B.
  • et Chauvin, S.
(2018). 19. Grands cercles et sociabilité des élites mondiales. Dans
  • B. Badie
  • et D. Vidal
Qui gouverne le monde ? (p. 239-247). La Découverte. https://doi.org/10.3917/dec.badie.2018.01.0239.

  • Cousin, Bruno.
  • et al.
« 19. Grands cercles et sociabilité des élites mondiales ». Qui gouverne le monde ? La Découverte, 2018. p.239-247. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/qui-gouverne-le-monde--9782348040696-page-239?lang=fr.

  • COUSIN, Bruno
  • et CHAUVIN, Sébastien,
2018. 19. Grands cercles et sociabilité des élites mondiales. In :
  • BADIE, Bertrand
  • et VIDAL, Dominique,
Qui gouverne le monde ? Paris : La Découverte. État du monde, p.239-247. DOI : 10.3917/dec.badie.2018.01.0239. URL : https://shs.cairn.info/qui-gouverne-le-monde--9782348040696-page-239?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/dec.badie.2018.01.0239


La forme « club » ou « cercle », qui combine la cooptation collective de chacun des membres et l’égalité formelle entre ces derniers, est l’une des institutions de sociabilité qui a le plus contribué à structurer les champs du pouvoir occidentaux durant la période moderne et contemporaine. Ce chapitre s’intéresse aux dynamiques d’internationalisation caractéristiques de cette forme de sociabilité élitaire. Il se penche d’une part sur la diffusion progressive des cercles mondains à l’échelle mondiale et d’autre part sur les façons dont ceux-ci participent jusqu’à aujourd’hui à la constitution et à l’entretien des liens sociaux transnationaux de leurs membres.
Les clubs tirent leurs origines des confréries de buveurs et d’autres formes de convivialité masculine des tavernes londoniennes de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance (comme la célèbre Mermaid Tavern où se réunissaient plusieurs grands auteurs de la période élisabéthaine). Mais ils prennent véritablement forme à la fin du xviie siècle et au cours du xviiie, sous le double effet de l’essor du Parlement britannique et de la transformation de certains des cafés huppés de l’ouest de Londres – dont la sobriété des clients favorisait les débats intellectuels, politiques et économiques, mais aussi les jeux d’argent – en lieux de ralliement et en organisations à la fois mondaines et partisanes. En effet, si les premiers clubs, tels que le Rota du philosophe républicain James Harrington (1611-1677), étaient encore des cercles assez informels de penseurs et de militants démocrates qui se réunissaient régulièrement pour débattre durant l’Interrègne anglais (1649-1660), c’est avec l’institutionnalisation progressive des partis et l’accroissement de leur pouvoir que s’est consolidée une sociabilité élitaire tantôt alternative tantôt complémentaire à celle de la Cour…


Date de mise en ligne : 20/12/2018

https://doi.org/10.3917/dec.badie.2018.01.0239

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