Article de revue

L'enseignement de la philosophie à l'épreuve de l'individualisme

De la crise du sens au retour du sens ?

Pages 69 à 83

Citer cet article


  • Hoyer, P.
(2007). L'enseignement de la philosophie à l'épreuve de l'individualisme De la crise du sens au retour du sens ? Le Débat, 145(3), 69-83. https://doi.org/10.3917/deba.145.0069.

  • Hoyer, Philippe.
« L'enseignement de la philosophie à l'épreuve de l'individualisme : De la crise du sens au retour du sens ? ». Le Débat, 2007/3 n° 145, 2007. p.69-83. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-debat-2007-3-page-69?lang=fr.

  • HOYER, Philippe,
2007. L'enseignement de la philosophie à l'épreuve de l'individualisme De la crise du sens au retour du sens ? Le Débat, 2007/3 n° 145, p.69-83. DOI : 10.3917/deba.145.0069. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-debat-2007-3-page-69?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/deba.145.0069


Notes

  • [1]
    Voir, sous la direction de François Jacquet-Francillon et Denis Kambouchner, La Crise de la culture scolaire, Paris, puf, 2005.
  • [2]
    Selon la formule de Jean-Louis Thiriet, à laquelle je souscris pleinement, et qui est extraite d’un article intitulé « Sur l’enseignement de la philosophie », paru dans la revue Le Débat, n° 103, janvier-février 1999, pp. 191-192.
  • [3]
    Selon l’expression utilisée par Éric Deschavanne. Voir son article ci-dessus.
  • [4]
    Voir au sujet de cet arrêt Olivier Cayla, « Le coup d’État de droit », Le Débat, n° 100, mai-août 1998, pp. 122-128.
  • [5]
    Le Livre du philosophe, Paris, Garnier Flammarion, 1991, p. 120.
  • [6]
    Ce que fait Luc Ferry, ancien ministre de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche, dans sa Lettre à tous ceux qui aiment l’école. Lettre qui a connu le succès que l’on sait, pour des raisons diverses, et au sein de laquelle se défend un propos qui consiste à dresser l’inventaire des manifestations de cet individualisme (expression de soi, créativisme, culte de l’authenticité…) et à lui opposer les réquisits de l’enseignement (tradition, travail, autorité) sans tenter véritablement d’établir un lien du type : quel type d’autorité pour l’élève individu ? quel type de rapport à la tradition compte tenu de ce qu’il est ?… La probité veut que soit toutefois citée la seule phrase de la Lettre qui anticipe cette approche : « Il ne s’agit pas tant d’entreprendre une restauration impossible que de chercher à savoir quelles formes d’autorité pourraient convenir à des individus, adolescents ou adultes, épris de liberté et peu soucieux de rétrograder vers des formes archaïques d’exercice du pouvoir » (p. 51).
  • [7]
    C’est une des conclusions à laquelle parvient Jean-Claude Pariente dans un article intitulé « Les savoirs dans l’enseignement de la philosophie », reprenant les propos d’une intervention présentée lors de la Journée de réflexion sur l’enseignement de la philosophie qui s’est tenue le 16 novembre 2002 à l’initiative de l’app, de l’appap et de l’appep (l’article est accessible sur le site Internet de cette dernière association : www.appep.net).
  • [8]
    Voir Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet, Dominique Ottavi, Pour une philosophie politique de l’éducation, Paris, Bayard, 2002, pp. 36 et notamment 38-39.
  • [9]
    En référence au paradoxe kierkegaardien du « devenir chrétien » dans le Post-scriptum aux miettes philosophiques, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1989.
  • [10]
    Dimensions de la conscience historique, Paris, Plon, 1964, p. 11.
  • [11]
    Depuis lors, le nouveau programme entré en vigueur n’a finalement pas retenu cette (ces) notion(s).
  • [12]
    Ainsi que le montre Pierre-Henri Tavoillot, L’Invention de la classe de philosophie, « document » retranscrit dans l’ouvrage de Luc Ferry et Alain Renaut, intitulé Philosopher à 18 ans, Paris, Grasset, 1999, p. 183.

Interroger l’enseignement de la philosophie en classe de terminale à partir d’une réflexion d’ensemble sur le sens des savoirs scolaires consiste ni plus ni moins à toucher au cœur d’une crise dont le constat est quasi unanimement reconnu. Nombreux sont les facteurs exogènes à la classe de philosophie qui expliquent les raisons de cette crise : déploration à l’égard du niveau d’expression écrite des élèves, culture scolaire affaiblissant le sens de l’institution et de son autorité, culture « jeune » – si l’on peut dire – dont les attentes et les injonctions servent mal et peu les réquisits de l’enseignement, organisation d’ensemble des établissements qui, du point de vue notamment des emplois du temps surchargés, obère la réception minimale d’un discours... Nous pourrions multiplier indéfiniment les facteurs qui, tous ensemble, conspirent à cette crise. Quelle que soit la pertinence de ceux-ci, en dépit du panorama général qu’ils nous permettent d’envisager, ils laissent échapper l’interrogation nécessaire sur le sens du savoir philosophique en classe de terminale. En retour, la considération de cet enseignement présente l’avantage insigne d’interroger le prisme lui-même tant la philosophie en terminale se présente comme un non-savoir, tant sa transmission se veut et reste fidèle à la distinction kantienne entre « apprendre la philosophie » et « apprendre à philosopher », privilégiant la seconde aux dépens de la première.
C’est en effet la spécificité de cet enseignement, spécificité bien connue sur laquelle il n’est pas besoin de s’étendre longuement et selon laquelle il convient de faire philosopher les élèves et non de les conduire simplement à connaître la philosophie, son histoire, ses grands noms et ses systèmes antagonistes…


Date de mise en ligne : 01/01/2011

https://doi.org/10.3917/deba.145.0069

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