Chapitre d’ouvrage

Chapitre 5. Journalisme et identité professionnelle en mutation

Pages 209 à 257

Citer ce chapitre


  • Frère, M.-S.
(2020). Chapitre 5. Journalisme et identité professionnelle en mutation. Journalismes d'Afrique (p. 209-257). De Boeck Supérieur. https://doi.org/10.3917/dbu.frere.2020.01.0209.

  • Frère, Marie-Soleil.
« Chapitre 5. Journalisme et identité professionnelle en mutation ». Journalismes d'Afrique, De Boeck Supérieur, 2020. p.209-257. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/journalismes-d-afrique--9782807331495-page-209?lang=fr.

  • FRÈRE, Marie-Soleil,
2020. Chapitre 5. Journalisme et identité professionnelle en mutation. In : Journalismes d'Afrique. Louvain-la-Neuve : De Boeck Supérieur. INFO&COM, p.209-257. DOI : 10.3917/dbu.frere.2020.01.0209. URL : https://shs.cairn.info/journalismes-d-afrique--9782807331495-page-209?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/dbu.frere.2020.01.0209


Notes

  • [1]
    Diégou Bailly précise : « Mais en attendant quoi exactement ? En attendant de poursuivre ses études. En attendant de trouver un “véritable” emploi. En attendant d’être nommé responsable de la communication dans un cabinet ministériel… ou de devenir ministre soi-même. En attendant de se mettre au service d’un candidat en quête d’un journaliste “cireur d’images” pour les prochaines échéances électorales. En attendant, etc. ».
  • [2]
    La pratique est également répandue en Afrique anglophone où elle est désignée par les expressions “brown enveloppe”, “oiling hands” ou “cocktail journalism”. (Lodamo et Skjerdal 2009, p. 134-154).
  • [3]
    La parenté à plaisanterie, ou cousinage à plaisanterie est une pratique sociale présente dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest qui permet à des membres d’une même famille (occupant une position précise dans la configuration familiale) ou de certaines ethnies “cousines” de se moquer les uns des autres ou de s’insulter, y compris dans l’espace public. Cette institution, qui a intéressé les anthropologues, est actuellement réactualisée dans le débat politique à travers l’usage qu’en font les journalistes.
  • [4]
    Dans les milieux journalistiques de Kinshasa, les “plates-bandes” sont des regroupements de quatre ou cinq journalistes qui se représentent mutuellement dans les événements à couvrir où une rémunération est prévue. Chacun se rend à une seule manifestation, mais s’engage à produire un papier également pour les organes des confrères qu’il représente, ce qui lui permet de toucher, pour eux, le défraiement offert par les organisateurs. Ce type de pratique est présenté positivement par les journalistes kinois qui y voient une marque de solidarité professionnelle.
  • [5]
    Il existe d’autres mécanismes d’autorégulation internes aux rédactions ou externes, dont on trouve une description très complète dans les travaux de Claude-Jean Bertrand. Toutefois, ces autres dispositifs étant très peu développés, voire inexistants en Afrique francophone, nous nous contenterons dans cet ouvrage de décrire l’autorégulation institutionnalisée.
  • [6]
    Des conseils de presse existent également en Afrique anglophone, souvent dotés de moyens nettement supérieurs. Encore une fois, c’est essentiellement en Afrique du Sud que des recherches ont été menées sur les performances des instances d’autorégulation. Voir, par exemple, Duncan (2014) et Berger (2010).
  • [7]
    La FIJ (Fédération internationale des journalistes) a appuyé la première maison de la presse d’Afrique de l’Ouest (à Accra), puis la création du Centre national de presse au Burkina Faso. L’Institut Panos Paris a financé la mise en place de la Maison de la presse du Mali. À Lomé, c’est la mission française de coopération qui a soutenu le projet.
  • [8]
    La notion de “société civile” est âprement discutée au sein des études africaines. Si elle remporte un succès indéniable auprès des bailleurs de fonds, partenaires internationaux du développement et acteurs sociaux locaux, elle est considérée par les politologues comme floue, polysémique, voire “fourre-tout”. Son émergence et sa consolidation seraient particulièrement difficiles sur le continent africain du fait de la trop grande imbrication de l’État et de la société (liée aux longues décennies d’autoritarisme), ne laissant que peu d’espace au déploiement de structures représentatives indépendantes intermédiaires. Pourtant elle y existe bel et bien, ne fût-ce que sous forme d’un projet ou d’un idéal (Pirotte et Poncelet 2003). La “société civile” africaine inclut des structures de type et de statut extrêmement variés (associations, organisations non gouvernementales, mutuelles…) et peu de pays disposent d’une législation spécifique aux différents types de regroupements. Récemment un certain nombre de pays ont tenté de clarifier les procédures de constitution et d’enregistrement des différents regroupements associatifs ; une démarche souvent mal acceptée par le secteur.
  • [9]
    Créé par l’URTNA (Union des radiodiffusions et télévisions nationales d’Afrique), avec l’appui de la GTZ (coopération bilatérale de la République fédérale d’Allemagne), le CIERRO a formé plusieurs générations de journalistes d’Afrique de l’Ouest. Il n’a pas réussi à se repositionner dans le nouveau paysage radiophonique libéralisé et a fini par fermer en 2006.
  • [10]
    Le statut de journaliste professionnel est défini par la Loi Brachard (1935), définition intégrée dans le Code du Travail. Disponible sur le site http://www.legifrance.gouv.fr.
  • [11]
    La loi du 30 décembre 1963 est disponible sur le site de l’Association des journalistes professionnels : http://www.ajp.be
  • [12]
    Les associations de journalistes n’ont pas forcément la compétence dévolue à un syndicat pour s’engager dans une négociation collective avec les autorités publiques et le patronat : cela dépend de ce que prévoit le droit interne de chaque État. Au Sénégal par exemple, l’ANJS (Association nationale des journalistes sénégalais) a dû se changer en SYNPICS (passer d’union à syndicat), pour pouvoir négocier une convention collective en 1991. Dans la tradition anglo-saxonne, les “Unions” jouent à la fois un rôle syndical et un rôle de défense de la liberté de la presse.

L’apparition de médias privés a entraîné une mutation profonde du rôle des journalistes dans la société, mais aussi de la manière dont ils se perçoivent, abordent leur fonction et s’organisent pour exercer leur métier. Les professionnels de l’information revendiquent l’exercice de nouvelles missions : contre-pouvoir, animateurs du débat démocratique, chiens de garde de la démocratie, pourfendeurs de l’impunité, relais de la société civile, voix des sans voix, communicateurs de proximité… Les journalistes de la génération précédente étaient des fonctionnaires, au service d’un État, d’un parti unique, voire d’un Président à vie. Ceux qui pratiquent actuellement le métier ont un profil et des motivations beaucoup plus hétéroclites. Ils constituent une communauté non négligeable. Étant donné le développement du pluralisme, journalistes des médias privés et publics forment aujourd’hui un corps qui, dans certains pays, compte plusieurs centaines, voire des milliers d’individus.
Ce chapitre vise à approcher le groupe de ceux qui produisent aujourd’hui l’information en Afrique subsaharienne francophone et à interroger les principes et pratiques autour desquels le métier se constitue et s’organise. Il va donc successivement poser les questions de l’identité du journaliste et des valeurs auxquelles il se réfère, des normes internes qui régissent la profession (déontologie) et du contrôle du respect de ces normes (autorégulation). Il s’attardera ensuite sur les dynamiques collectives au sein des regroupements corporatistes (associations, syndicats) et sur les revendications dont ces structures sont porteuses…


Date de mise en ligne : 26/11/2021

https://doi.org/10.3917/dbu.frere.2020.01.0209

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter ce chapitre

5,00 €

49 pages format électronique (HTML, PDF et feuilletage)
Membre d'une institution cliente ?