Article de revue

Faire face aux transformations des terrains : retours sur des expériences contrastées

Pages 177 à 192

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  • Combes, H.,
  • Ruiz de Elvira, L.,
  • Musamba, J.
  • et Dorronsoro, G.
(2023). Faire face aux transformations des terrains : retours sur des expériences contrastées. Critique internationale, 100(3), 177-192. https://doi.org/10.3917/crii.100.0177.

  • Combes, Hélène.,
  • et al.
« Faire face aux transformations des terrains : retours sur des expériences contrastées ». Critique internationale, 2023/3 N° 100, 2023. p.177-192. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-critique-internationale-2023-3-page-177?lang=fr.

  • COMBES, Hélène,
  • RUIZ DE ELVIRA, Laura,
  • MUSAMBA, Josaphat
  • et DORRONSORO, Gilles,
2023. Faire face aux transformations des terrains : retours sur des expériences contrastées. Critique internationale, 2023/3 N° 100, p.177-192. DOI : 10.3917/crii.100.0177. URL : https://shs.cairn.info/revue-critique-internationale-2023-3-page-177?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/crii.100.0177


Notes

  • [1]
    Ce texte reprend les grandes lignes de débat qui ont émergé lors de la conversation méthodologique intitulée « (Non-)accès au terrain », organisée par Hélène Combes et Jacobo Grajales pour le 16e Congrès national de l'AFSP (Lille, 5-7 juillet 2022). La transcription des discussions a été réalisée par Hélène Roux. Pour une synthèse tirée de cette conversation, voir Hélène Combes, « Les enjeux de l'accès au terrain », MagAFSP, 3, décembre 2022, p. 32-33.
  • [2]
    Laura Ruiz de Elvira, Vers la fin du contrat social en Syrie. Associations de bienfaisance et redéploiement de l'État (2000-2011), Paris, Karthala, IISMM, 2019.
  • [3]
    Thierry Boissière, « L'anthropologie face au conflit syrien : replacer la société au c ur de l'analyse », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, 138, 2015, p. 117-130.
  • [4]
    Laurent de Saint Perier, « Syrie : les experts divisés sur l'évolution du conflit », Jeune Afrique, 5 février 2013 (https://www.jeuneafrique.com/138475/politique/syrie-les-experts-divis-s-sur-l-volution-du-conflit/).
  • [5]
    Adam Baczko, Gilles Dorronsoro, Arthur Quesnay, Syrie. Anatomie d'une guerre civile, Paris, CNRS Éditions, 2016 ; Romain Huët, « Quand les ‟malheureux” deviennent des ‟enragés” : ethnographie de moudjahidines syriens (2012-2014) », Cultures & Conflits, 97, 2015, p. 31-75.
  • [6]
    L. Ruiz de Elvira, « De l'engagement armé à l'engagement humanitaire : trajectoires militantes, émotions et sentiments moraux dans la Syrie post-2011 », Critique internationale, 91 (2), 2021, p. 23-44 ; L. Ruiz de Elvira, « From Local Revolutionary Action to Exiled Humanitarian Work: Activism in Local Social Networks and Communities' Formation in the Syrian Post-2011 Context », Social Movement Studies, 18 (1), 2019, p. 36-55.
  • [7]
    Conseil de sécurité des Nations unies, « Rapport final du Groupe d'experts sur la République démocratique du Congo », New York, Nations unies, 16 août 2017 ; Conseil de sécurité des Nations unies, « Rapport à mi-parcours du Groupe d'experts sur la République démocratique du Congo créé par la résolution 1533 (2004) », New York, Nations unies, 22 décembre 2017.
  • [8]
    Christoph Vogel, Josaphat Musamba, « Towards a Politics of Collaborative Worldmaking: Ethics, Epistemologies and Mutual Positionalities in Conflict Research », Ethnography, 21 avril 2022.
  • [9]
    J. Musamba, « Navigating in Armed Conflict Zones », dans Aymar Nyenyezi, An Ansoms, Koen Vlassenroot, Emery Mudinga, Godefroid Muzalia (eds), The Bukavu Series: Towards a Decolonisation of Research, Louvain-la-Neuve, Presses universitaires de Louvain, 2020, p. 76-79.
  • [10]
    RFI, « Nouvelle attaque meurtrière d'un groupe armé dans l'est de la RDC », 1er mai 2014 (https://www.rfi.fr/fr/afrique/20140501-rdc-nouvelle-attaque-meurtriere-onu-Monusco-groupe-arme-Nyabiondo-aplcs).
  • [11]
    Alexis Bouvy, « Local Voices: Armed Militias in Masisi », African Defence Review, 2 juin 2014 (https://www.africandefence.net/local-voices-armed-militias-in-masisi/).
  • [12]
    Radio Okapi, « Nord-Kivu : les FARDC délogent les APCLS de 6 localités à Masisi », 5 mars 2014 (https://www.radiookapi.net/actualite/2014/03/05/nord-kivu-les-fardc-delogent-les-apcls-de-6-localites-masisi).
  • [13]
    Dans cette conception problématique, certains médias internationaux considèrent le chercheur originaire du milieu comme local par rapport aux chercheur·es étrangèr·es.
  • [14]
    Conseil de sécurité des Nations unies, « Rapport final du Groupe d'experts sur la République démocratique du Congo », cité, p. 35.
  • [15]
    Officiellement, les drivers sont recrutés pour conduire les experts, officieusement ce sont des assistants-experts.
  • [16]
    Pour une analyse d'un ancien membre du panel des experts de Nations unies en RD Congo, voir Daniel Fahey, « Qui sont les ‟experts” ? Les chercheurs locaux méritent plus de droits et de respect », GIC Network, 9 septembre 2019 (https://www.gicnetwork.be/qui-sont-les-experts-les-chercheurs-locaux-meritent-plus-de-droits-et-de-respect/).
  • [17]
  • [18]
    Stanislas Bisimwa Baganda, « ‟They Stole His Brain”: The Local Researcher ­ Data Collector or Bona Fide Researcher? », dans A. Nyenyezi, A. Ansoms, K. Vlassenroot, E. Mudinga, G. Muzalia (eds), The Bukavu Series: Towards a Decolonisation of Research, op. cit., p. 38-41.
  • [19]
    Jean-Pierre Olivier de Sardan, La rigueur du qualitatif. Les contraintes empiriques de l'interprétation socio-anthropologique, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant, 2008, p. 198.
  • [20]
    C. Vogel, J. Musamba, « Towards a Politics of Collaborative Worldmaking: Ethic, Epistemologies and Mutual Positionalities in Conflict Research », art. cité, p. 5.

Guerres (civiles), pandémie mais aussi types de financements, nouvelles réglementations des universités et des organismes de recherche, autant de facteurs qui pèsent sur l'accès au terrain dans une partie du monde et conditionnent la production scientifique. Ce dialogue entre des chercheur·es de générations, statuts, genres, institutions, nationalités et pays de rattachement différents revient sur des expériences contrastées ­ voire opposées ­ en montrant que, pour elles et eux, il n'y a pas de lien univoque entre contextes politiques et activités de recherche. Il pose également la question presque taboue de la division (internationale) du travail scientifique.
Hélène Combes ­ Pouvez-vous revenir sur la façon dont les transformations de vos terrains affectent votre pratique de la recherche ? Qu'elles aient été soudaines ou qu'elles se soient opérées sur le temps long, comment ont-elles modifié l'image de votre rôle de chercheur·e, par exemple dans votre rapport à d'autres champs : expertise, politique, médiatique ?
Laura Ruiz de Elvira ­ Dans le cadre de ma thèse, je me suis intéressée à la redéfinition du rôle de l'État syrien et aux ingénieries politiques du régime baasiste à travers l'étude des associations de bienfaisance. Pour cela, j'ai vécu en Syrie de 2007 à 2010. À l'époque déjà, c'était un terrain un peu compliqué parce que la méfiance et la peur étaient omniprésentes dans le pays à tous les niveaux : méfiance et surveillance du régime à l'égard des chercheur·es étranger·ères et, bien sûr, de ses propres citoyens et peur des Syrien·nes de parler avec ces chercheur·es…


Date de mise en ligne : 06/09/2023

https://doi.org/10.3917/crii.100.0177

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