Langue maternelle, langue étrangère, quelle différence ?
- Par Valérie Bouville
Pages 136 à 145
Citer cet article
- BOUVILLE, Valérie,
- Bouville, Valérie.
- Bouville, V.
https://doi.org/10.3917/cohe.258.0136
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- Bouville, V.
- Bouville, Valérie.
- BOUVILLE, Valérie,
https://doi.org/10.3917/cohe.258.0136
Notes
-
[1]
Ce texte est extrait d’une conférence donnée à Bruxelles le 10 février 2023 à la Société belge de psychanalyse.
-
[2]
P. Mazet, D. Houzel, Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Vol. 1, Paris, Éditions Maloine, 1979, p. 54-55.
-
[3]
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-
[4]
P. Eimas et coll., « Speech perception in infants », Science, 171, 1971, p. 303-306.
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[5]
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[6]
S. Freud, « De l’esquisse d’une psychologie scientifique » (1895), dans La naissance de la psychanalyse, Paris, Puf, 1973, p. 309-371.
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[7]
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[8]
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[9]
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[10]
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[11]
F. Rösler, « Das Globale-sisch hat enge Grenzen », faz, n° 257, 7, 2016.
-
[12]
S. Freud, « L’inconscient » (1915), dans dans Œuvres complètes de Freud. Psychanalyse viii, Paris, Puf, 1988, p. 205-242.
-
[13]
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[14]
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[15]
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[16]
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[17]
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-
[18]
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-
[19]
F. Rösler, « Das Globale-sisch hat enge Grenzen », op. cit.
-
[20]
Ibid.
-
[21]
Ibid.
-
[22]
E. Bialystok, Bilingualism in Development, Language, Literacy, and Cognition, Cambridge University Press, 2001.
L’article qui suit se penche sur la
place particulière qu’occupe la langue
maternelle et sur la manière dont les
langues étrangères, acquises dans un
second temps, s’articulent par rapport
à elle, cette langue maternelle. Mes
réflexions feront un petit détour par le
cas particulier des personnes d’emblée
plurilingues.
J’ai commencé à m’intéresser
consciemment à la place de la langue
dans l’appareil psychique après avoir
constaté, quelques années après mon
arrivée en Allemagne, que ma langue
maternelle, le français, non seulement ne s’enrichissait plus beaucoup,
mais aussi s’appauvrissait : des termes
usuels me faisaient tout à coup défaut,
amis et parents me faisaient remarquer mon accent allemand ou la
construction curieuse de certaines de
mes phrases lorsque je parlais français. Cette langue maternelle, que
j’avais considérée jusqu’alors comme
un capital indéfectible, se révélait
être vulnérable et susceptible d’être
perdue. Je constatais chez mes patients
français résidant depuis longtemps en
Allemagne des erreurs de français
incongrues pour des diplômés universitaires, des erreurs faites habituellement et typiquement par les enfants
ou les étrangers apprenant le français
comme : « si j’aurais », « j’ai prendu »,
« j’ai mouru ».
Qu’une langue parlée soit dynamique, puisqu’elle s’enrichit et se différencie, coulait de source pour moi,
mais je n’avais pas considéré le fait
que si elle s’enrichissait, elle pouvait
également s’appauvrir ou, comme dans
le cas des erreurs de grammaire citées
à l’instant, régresser à un niveau plus
précoce de développement psychique
et linguistique…
Mots-clés éditeurs : appareil psychique, émigration, globalisation, inconscient, langue étrangère, Langue maternelle, multilinguisme
Date de mise en ligne : 06/11/2024
https://doi.org/10.3917/cohe.258.0136