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Article de revue

Langue maternelle, langue étrangère, quelle différence ?

Pages 136 à 145

Citer cet article


  • Bouville, V.
(2024). Langue maternelle, langue étrangère, quelle différence ? Le Coq-héron, 258(3), 136-145. https://doi.org/10.3917/cohe.258.0136.

  • Bouville, Valérie.
« Langue maternelle, langue étrangère, quelle différence ? ». Le Coq-héron, 2024/3 N° 258, 2024. p.136-145. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-coq-heron-2024-3-page-136?lang=fr.

  • BOUVILLE, Valérie,
2024. Langue maternelle, langue étrangère, quelle différence ? Le Coq-héron, 2024/3 N° 258, p.136-145. DOI : 10.3917/cohe.258.0136. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-coq-heron-2024-3-page-136?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cohe.258.0136


Notes

  • [1]
    Ce texte est extrait d’une conférence donnée à Bruxelles le 10 février 2023 à la Société belge de psychanalyse.
  • [2]
    P. Mazet, D. Houzel, Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Vol. 1, Paris, Éditions Maloine, 1979, p. 54-55.
  • [3]
    J. Piaget, N. Chomsky, Théories du langage. Théories de l’apprentissage. Le débat entre J. Piaget et N. Chomsky, Paris, Le Seuil, 1979.
  • [4]
    P. Eimas et coll., « Speech perception in infants », Science, 171, 1971, p. 303-306.
  • [5]
    J. Mehler, « La perception du langage chez le nourrisson », La recherche, n° 88, 1978.
  • [6]
    S. Freud, « De l’esquisse d’une psychologie scientifique » (1895), dans La naissance de la psychanalyse, Paris, Puf, 1973, p. 309-371.
  • [7]
    V. Rosen, „Sprache und Psychoanalyse“, Psyche-Z Psychoanal, 26 (02), 1972, p. 81-88.
  • [8]
    S. Maiello, « L’objet sonore. Hypothèse d’une mémoire auditive prénatale », Journal de la psychanalyse de l’enfant, n° 20, 1997, p. 40-66.
  • [9]
    S. Leikert, „Die Stimme, Transformation und Insistenz des archaischen Objekts – Die kinetische Semantik“, Psyche-Z Psychoanal, 61 (05), 2007, p. 463-493.
  • [10]
    D.W. Winnicott, « Objets transitionnels et phénomènes transitionnels » (1953), dans De la pédiatrie à la psychanalyse, trad. fr. J. Kalmanovitch, 1969, Paris, Payot, p. 169-186.
  • [11]
    F. Rösler, « Das Globale-sisch hat enge Grenzen », faz, n° 257, 7, 2016.
  • [12]
    S. Freud, « L’inconscient » (1915), dans dans Œuvres complètes de Freud. Psychanalyse viii, Paris, Puf, 1988, p. 205-242.
  • [13]
    E. Eduardo Krapf, « Le choix de la langue dans la psychanalyse polyglotte » (1955), Annuel de l’apf, 2010, p. 179-193.
  • [14]
    E. Stengel, « On Learning a New Language », Int. J. Psa., xx, 1939, p. 471-479.
  • [15]
    E. Gaddini, « Sulla imitazione », Rivista di Psicoanalisi, 14 (3), 1968.
  • [16]
    R.R. Greenson, « Die Muttersprache und die Mutter », dans Psychoanalytische Erkundungen, Klett-Cotta, 1982, p. 13-24.
  • [17]
    U. Karacaoglan, « Tattoo und Tabu : Zur Bedeutung von Tätowierungen im analytischen Prozess », Int. Psa., 8, 2013, p. 49-75.
  • [18]
    D. Anzieu, Le moi-peau, Malakoff, Dunod, 1985.
  • [19]
    F. Rösler, « Das Globale-sisch hat enge Grenzen », op. cit.
  • [20]
    Ibid.
  • [21]
    Ibid.
  • [22]
    E. Bialystok, Bilingualism in Development, Language, Literacy, and Cognition, Cambridge University Press, 2001.

L’article qui suit se penche sur la place particulière qu’occupe la langue maternelle et sur la manière dont les langues étrangères, acquises dans un second temps, s’articulent par rapport à elle, cette langue maternelle. Mes réflexions feront un petit détour par le cas particulier des personnes d’emblée plurilingues.
J’ai commencé à m’intéresser consciemment à la place de la langue dans l’appareil psychique après avoir constaté, quelques années après mon arrivée en Allemagne, que ma langue maternelle, le français, non seulement ne s’enrichissait plus beaucoup, mais aussi s’appauvrissait : des termes usuels me faisaient tout à coup défaut, amis et parents me faisaient remarquer mon accent allemand ou la construction curieuse de certaines de mes phrases lorsque je parlais français. Cette langue maternelle, que j’avais considérée jusqu’alors comme un capital indéfectible, se révélait être vulnérable et susceptible d’être perdue. Je constatais chez mes patients français résidant depuis longtemps en Allemagne des erreurs de français incongrues pour des diplômés universitaires, des erreurs faites habituellement et typiquement par les enfants ou les étrangers apprenant le français comme : « si j’aurais », « j’ai prendu », « j’ai mouru ».
Qu’une langue parlée soit dynamique, puisqu’elle s’enrichit et se différencie, coulait de source pour moi, mais je n’avais pas considéré le fait que si elle s’enrichissait, elle pouvait également s’appauvrir ou, comme dans le cas des erreurs de grammaire citées à l’instant, régresser à un niveau plus précoce de développement psychique et linguistique…


Mots-clés éditeurs : appareil psychique, émigration, globalisation, inconscient, langue étrangère, Langue maternelle, multilinguisme

Date de mise en ligne : 06/11/2024

https://doi.org/10.3917/cohe.258.0136

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