Sur quelques écueils terminologiques et historiques et leur transmission
Classique/orthodoxe – dogmatique/ouvert
Pages 23 à 29
Citer cet article
- CHRISTOPHE, Philippe,
- Christophe, Philippe.
- Christophe, P.
https://doi.org/10.3917/cohe.255.0023
Citer cet article
- Christophe, P.
- Christophe, Philippe.
- CHRISTOPHE, Philippe,
https://doi.org/10.3917/cohe.255.0023
Notes
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[1]
R. Waelder, Les fondements de la psychanalyse (1960), Paris, Payot, 1962, p. 12.
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[2]
G. Bachelard, La formation de l’esprit scientifique, Paris, Vrin, 1972, p. 7, 14. « On ne peut rien fonder sur l’opinion ; il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. »
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[3]
Alexander Mitscherlich considère l’opinion comme une « activité plus rapide que le jugement critique […] qui a lieu avant que la pensée puisse intervenir. Cf. Vers la société sans pères (1963), Paris, Gallimard, 1969, p. 274.
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[4]
En affirmant que « les analystes […] ne peuvent dénier qu’ils procèdent de l’esprit des sciences exactes et qu’ils font partie de leurs représentants » (cf. « Psychanalyse et télépathie », OCF.P, XVI, Paris, Puf, 1991, p. 103), Freud n’omet pas de préciser qu’il s’agit d’une science empirique qui « cherche à résoudre les problèmes immédiats de l’observation, s’avance en tâtonnant en suivant l’expérience » et qui est « toujours inachevée, toujours prête à aménager ou modifier ses doctrines », cf. « Psychanalyse » et « Théorie de la libido », ibid., p. 203-204.
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[5]
On peut compter, dans ce courant freudien originaire, les Viennois en exil E. Bergler, H. Deutsch, O. Fenichel, H. Hartmann, K. Eissler, E. Kris, Th. Reik, R. Spitz, R. Waelder, les Hongrois D. Rapaport et I. Hermann, ou encore R. Fliess, E. Glover, ainsi que les psychanalystes américains qu’ils ont formés, comme Ch. Brenner, M. Gitelson, Ph. Greenacre ou R. Greenson. Ce courant ne se réduit pas à celui de l’ego-psychology, marquée du sceau d’un préjugé définitif par Lacan et l’ensemble des psychanalystes français. Voir sur cette dernière question les articles fondamentaux de J. Poulain-Colombier : « La psychanalyse dite “américaine”. Périodisation et cartographie. Le cas particulier de la controverse J. Lacan / Ego-Psychology », Le mouvement psychanalytique, vol. II, n° 2, 1999, p. 123-143 ; « Des liens de controverse. ICH/EGO, la psychanalyse dite “américaine”, Le mouvementpsychanalytique, vol. IV, n° 2, 2003, p. 81-88. Pour une autre appréciation de l’œuvre de Hartmann et sa théorie du « moi fort » dans ce qu’il appelle le « combat des opinions » et les « revers transitoires actuels » de la psychanalyse, mais d’abord au regard de la « psychose de masse » induite par le national-socialisme, cf. L. Kahn : Ce que le nazisme a fait à la psychanalyse, Paris, Puf, 2018, dont chap. 7 : « Hartmann : Logos contre Bios », p. 123-138.
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[6]
S. Ferenczi, « Analyses d’enfants avec des adultes » (1931), dans Psychanalyse IV, Paris, Payot, 1982, p. 98-99.
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[7]
W. Stekel, Technique de la psychothérapie analytique (1938), Paris, Payot, 2001, p. 13-15.
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[8]
H. Hartmann, E. Kris, R. Lœwenstein (1964), Éléments de psychologie psychanalytique, Paris, Puf, 1975, chap. V : « La fonction de la théorie en psychanalyse », p. 185-186.
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[9]
« N’être pas satisfait de la théorie psychanalytique des pulsions instinctuelles, c’est n’être pas satisfait de la théorie psychanalytique en général », ibid., p. 189.
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[10]
C. Brenner, Éléments fondamentaux de la théorie psychanalytique (1955), Simep Éditions, 1975, p. 12-13, 25.
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[11]
R. Waelder (1960), op. cit., p. 11, 42, 52, 77.
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[12]
Cette désignation de Waelder fait référence à l’école d’Adler, qui promeut une « Association pour une libre psychanalyse ». Cf. S. Freud : « Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique », OCF.P, XII, Paris, Puf, 2005, p. 298.
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[13]
L. Rangell, « Psychanalyse et changement. Essai sur le passé, le présent et l’avenir », Rapport au XXIXe Congrès international de psychanalyse, rfp, XXXIX, 1-2, 1975, p. 316 et 319 pour les citations.
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[14]
K. R. Eissler, Le suicide de Victor Tausk (1983), Paris, Puf, 1988, p. 96-97.
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[15]
Cette évolution de la pensée a été rapidement repérée par H. Arendt dans « Qu’est-ce que l’autorité ? », dans La crise de la culture, Paris, folio essais, 1972, p. 121-185.
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[16]
S. Freud, « Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique », op. cit., p. 306.
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[17]
Un exemple significatif consiste à réinterpréter l’histoire de la psychanalyse en termes de réhabilitation des « minorités » incarnées par Ferenczi, Rank, Adler, Fromm, etc. La thèse universitaire (2002) de M. Jeannet-Hasler (sur le concours proposé par Freud en 1920 à propos des relations entre théorie et technique) est parcourue des mêmes arguments que ceux qui en leur temps ont assuré le succès de Fromm. Cf. M. Jeannet-Hasler, Thérapie contre théorie ? Les enjeux d’un concours, Paris, Puf, 2002.
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[18]
S. Freud, « D’une vision du monde », dans Nouvelle suite des leçons d’introduction à la psychanalyse, OCF.P, XIX, Paris, Puf, 1995, p. 256.
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[19]
P. Legendre, De la société comme texte. Linéaments d’une anthropologie dogmatique, Paris, Fayard, 2001, p. 7. L’auteur réactualise ce concept de dogme, qui renvoie à « l’axiome fondateur » et qui représente le « discours de la vérité légale et honorée comme telle », en le mettant à l’épicentre de son anthropologie dogmatique. Cf. aussi Sur la question dogmatique en Occident, Fayard, 1999, p. 78.
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[20]
S. Freud, L’avenir d’une illusion, OCF.P, XVIII, Paris, Puf, 1994, p. 166.
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[21]
S. Freud, « D’une vision du monde », op. cit., p. 244. On peut relever au passage que dans son « Discours d’adieu » à la Société britannique de psychanalyse, en partisan des théories de M. Klein, Jones adopte une position inverse avec le même argument : « Il se peut que certains d’entre vous trouvent la teneur de mes remarques parfois outrancières dans leur libéralisme, manquant de dogmatisme et peut-être même de conviction […] Ma croyance ultime dans le pouvoir de la vérité […] m’a permis de défendre avec une certaine confiance une grande tolérance envers la diversité des opinions, et même des divergences. » Ce propos est rapporté par P. King, Les controverses Anna Freud/Melanie Klein, 1941-1945, Paris, Puf, 1996, p. 823. Cf. Jones, « A valedictory adress », Int. J. PsA, 27, 1946.
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[22]
E. Glover, Freud ou Jung ? (1950), Paris, Puf, 1954, p. 5 et 6 pour les citations.
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[23]
La formation du psychanalyste, Broadway, février 1980, sous la direction de S. Lebovici et A. J. Solnit, Monographie de l’Association internationale de psychanalyse, Paris, Puf, 1982. Il n’est pas possible de référencer ici toutes les pages de ce volume qui témoignent du partage de ces valeurs par la communauté freudienne internationale. En revanche, il faut relever une seule voix discordante dans cette unanimité des opinions, en conclusion notamment des débats sur la sélection, à savoir celle de D. Zimmerman (p. 187-190) qui déplore « la perte de la tradition », « l’infiltration de considérations politiques », « la démocratisation et la souplesse des critères de sélection » promus par les opposants à « l’orthodoxie freudienne ».
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[24]
L. Rangell, « The future of psychoanalysis: The scientific crossroads », Psa. Quart., LVII, 1998, p. 332.
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[25]
S. Freud, « Éclaircissements, applications, orientations », Nouvelle suite des leçons d’introduction à la psychanalyse, op. cit., p. 228-229. Il faut remarquer que l’adjectif « hässlichen (Eigenschaft) » serait plus justement traduit par « vilaine (particularité) », comme le propose la traduction de R.-M. Zeitlin des Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, Paris, Gallimard, folio essais, 1984, p. 193.
Les qualificatifs de classique/orthodoxe et dogmatique/ouvert ont été les modes d’expression de divergences historiques fondamentales entre le courant dit scientifique des premiers freudiens et celui des nombreux élèves qui s’en sont démarqués, par la promotion de psychothérapies dites d’inspiration psychanalytique. Ces qualificatifs et leurs changements de sens ont été déterminants dans l’évolution de la réflexion psychanalytique contemporaine. Celle-ci a en effet vu la disparition pour ainsi dire unanimement partagée de la conception psychanalytique scientifique historique promue par Freud lui-même.
Mots-clés
- Classique/orthodoxe
- dogmatique/ouvert
- preuve clinique
- travail de veille conceptuelle
- la psychanalyse comme science exacte
- pulsions et infantile
- préjugés
- pluralisme
- relativisme
- politisation de la pensée
- psychanalytique
Mots-clés éditeurs : Classique/orthodoxe, dogmatique/ouvert, la psychanalyse comme science exacte, pluralisme, politisation de la pensée, préjugés, preuve clinique, psychanalytique, pulsions et infantile, relativisme, travail de veille conceptuelle