Quelle hospitalité pour les troubles psychotiques en prison ?
- Par Vincent Combes
- et Mathilde Blin
Pages 158 à 173
Citer cet article
- COMBES, Vincent
- et BLIN, Mathilde,
- Combes, Vincent.
- et al.
- Combes, V.
- et Blin, M.
https://doi.org/10.3917/clini.028.0158
Citer cet article
- Combes, V.
- et Blin, M.
- Combes, Vincent.
- et al.
- COMBES, Vincent
- et BLIN, Mathilde,
https://doi.org/10.3917/clini.028.0158
Notes
-
[1]
Ces deux recherches ont reçu l’approbation du comité éthique de l’université Paris-Nanterre. Les participants ont signé un formulaire de consentement éclairés et les données ont été anonymisées.
-
[2]
Service médico psychologique régional.
-
[3]
Unité hospitalière spécialement aménagée.
-
[4]
Soins psychiatriques à la demande d’un représentant de l’état.
« La diminution du nombre de non-lieux pour irresponsabilité pénale, la judiciarisation de la société qui vise à mieux protéger les victimes, la fermeture de lits en psychiatrie depuis plusieurs décennies sont autant de motifs qui tendent à expliquer la psychiatrisation accrue des lieux de détentions. »
L’évolution actuelle de la psychiatrie publique et de la prison conduit à modifier la population reçue en milieu carcéral. Une enquête de 2002 du journal L’Express « La folie sous écrou » rend compte de cette nouvelle dynamique. Des surveillants pénitentiaires et détenus sont interrogés et parlent « d’annexe de l’hp », de « dépotoir » pour décrire certaines ailes des bâtiments de détention ayant davantage l’allure d’un couloir psychiatrique. L’administration pénitentiaire déplore ce nouvel enfermement et exprime son désarroi avec un personnel non formé à ce type de pathologies. Plus récemment, le 15 mai 2024, la contrôleuse des lieux de privation des libertés, Dominique Simonnot, a rendu public son dernier rapport. Elle y déplore la prise en charge psychiatrique et médicale des détenus : « Difficile de devoir répéter qu’il est inconcevable, en France, d’abandonner à un sort, souvent infect, les captifs et, avec eux, ceux chargés de les garder, de les surveiller, de les soigner, de les accompagner », confiait-elle au journal Le Monde ce même jour. La diminution du nombre de non-lieux pour irresponsabilité pénale, la judiciarisation de la société qui vise à mieux protéger les victimes, la fermeture de lits en psychiatrie depuis plusieurs décennies sont autant de motifs qui tendent à expliquer la psychiatrisation accrue des lieux de détentions…