Article de revue

Des skinheads dans la ville

Pages 269 à 291

Citer cet article


  • Orfali, B.
(2003). Des skinheads dans la ville. Cahiers internationaux de sociologie, 115(2), 269-291. https://doi.org/10.3917/cis.115.0269.

  • Orfali, Birgitta.
« Des skinheads dans la ville ». Cahiers internationaux de sociologie, 2003/2 n° 115, 2003. p.269-291. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-cahiers-internationaux-de-sociologie-2003-2-page-269?lang=fr.

  • ORFALI, Birgitta,
2003. Des skinheads dans la ville. Cahiers internationaux de sociologie, 2003/2 n° 115, p.269-291. DOI : 10.3917/cis.115.0269. URL : https://shs.cairn.info/revue-cahiers-internationaux-de-sociologie-2003-2-page-269?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cis.115.0269


Notes

  • [1]
    Les « skinzines » sont des « fanzines », c’est-à-dire des supports de communication entre membres du groupe parfois également lus à l’extérieur du groupe.
  • [2]
    Cf. Mémoire de maîtrise de sociologie de S. Garcia : La sous-culture skinhead, une minorité active antiraciste.
  • [3]
    Il existe, bien entendu, un rap des banlieues en France, mais il reste cantonné à une opposition de type marxiste, puisqu’il désigne essentiellement les rapports de classe, les rapports dominants/dominés et le malaise identitaire des troisièmes générations de « blacks » et de « beurs ».
  • [4]
    Cette expression désigne le crâne rasé, mais l’usage du mot « blanc » définit une certitude sur la race blanche implicite du skinhead et donc son idéologie nationaliste, voire nazie.
  • [5]
    Trojan est à la fois le nom d’un label de disque et la coupe de cheveux des skinhead girls qui se réfère au casque Trojan, c’est-à-dire la petite frange, les longues pattes et la nuque longue.
  • [6]
    L’historique du crâne rasé remonte d’une part à la nécessité hygiénique d’éviter les poux dans les habitats insalubres de la classe ouvrière anglaise et d’autre part aux rude boys qui allaient dans des maisons de correction dans lesquelles on leur rasait la tête pour éviter les différences, ces rude boys gardant ensuite le cheveux ras pour signifier leur rébellion et leur statut de mauvais garçon lorsqu’ils sortaient des maisons de correction. On retrouve le même type d’affirmation identitaire dans le « mauvais genre » délibéré d’une certaine mode qui aujourd’hui, chez les jeunes, consiste à laisser « deviner » (et cela est un euphémisme) son slip sous son pantalon. Cette mode vestimentaire vient des prisons dans lesquelles les prévenus sont tenus d’abandonner leurs effets personnels (dont leurs ceintures) à leur arrivée.
  • [7]
    Cf. n. 1, p. 277.
  • [8]
    Les chaussures ont aussi une histoire qui remonte aux origines ouvrières, puisque c’était d’abord leur aspect utilitaire et pratique qui importait. Ainsi, les Doc Martens ou les Paraboots étaient des chaussures montantes particulièrement résistantes, comme les Get a grip montées avec quatre vis sous les pieds. Les filles portaient des Moonboots, car il n’existait pas de chaussures à leur taille. Des chaussures plus élégantes comme les Loafers (petits mocassins de cuir, bordeaux ou noirs avec des glands) ou des Brogues (chaussures basses, lacées et surpiquées) étaient également l’apanage des skins, comme aujourd’hui encore. Les Rangers, de fabrication française, sont exclusivement utilisées par les skinheads nationalistes. Pour les occasions plus casual, voire plus hooligan, comme les matchs de football, le port de baskets devient la norme, des baskets de fabrication européenne cependant, comme Adidas, les marques américaines étant dénigrées.
  • [9]
    Les groupes de skinhead reggae sont par exemple les groupes Desmond Decker ou Symarip.
  • [10]
    On retrouve ici les trois principes tourainiens qui définissent un mouvement social. Cette définition pourrait expliquer pourquoi les skins nationalistes sont davantage visibles et socialement reconnus que leurs frères ennemis, les skins antiracistes.
  • [11]
    Des groupes skins spécifiquement féminins existent qui soulignent combien le clivage sexuel supposé n’est finalement pas pertinent : les femmes ne sont pas à l’abri de l’extrémisme. Certes, dans la mesure où elles créent éventuellement des groupes uniquement féminins, elles entérinent de facto une séparation des genres.
  • [12]
    Id.
  • [13]
    Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde est sans doute le symbole par excellence de cette combinaison en littérature.
  • [14]
    L’ancrage et l’objectivation sont les deux processus essentiels dans les représentations sociales, d’après Moscovici (1961, 1976). Voir également Jodelet (1989 et 1991).
  • [15]
    La catégorie du bonehead (littéralement le crâne osseux visible et non la seule peau comme dans skinhead) est par exemple une catégorie de stigmatisation pour les skins antiracistes.
Français

RÉSUMÉ

Le mouvement skinhead se compose de deux entités : les skinheads racistes-nationalistes et les skinheads antiracistes. S’inspirant des théories psychosociologiques relatives aux représentations sociales et aux minorités actives proposées par Serge Moscovici (respectivement en 1961 et 1979), il décrit les styles de comportement précis de chaque groupe skin, leurs divergences et leurs ressemblances, et analyse la façon dont la société, aidée par les media, ne retient qu’une seule représentation sociale, celle des skinheads nationalistes. Malgré l’univocité de la représentation, ce qui ressort de 19 entretiens avec les skinheads, c’est l’idée de pluralité identitaire (essentiellement politique et musicale) combinée à un ancrage urbain très important.

Mots cles

  • Mots clés : Skinheads
  • Nationalistes
  • Antiracistes
  • Minorités actives
  • Représentations sociales
  • Media
  • Société
  • Musique
  • Politique
  • Ancrage urbain

Mots-clés éditeurs : Ancrage urbain, Antiracistes, Media, Minorités actives, Mots clés : Skinheads, Musique, Nationalistes, Politique, Représentations sociales, Société


English

SUMMARY

The skinhead movement is divided into two groups : the racist-nationalist skinheads and the antiracist skinheads. Taking into account the social-psychological theories of social representations and active minorities, proposed by Serge Moscovici (in 1961 and 1979), it describes the styles of behavior of each skin group, their divergences and resemblances and analyses how society, with the help of the media, has built only one social representation of the nationalist skinheads. In spite of this univocal representation, what is underlined through the nineteen interviews with skinheads is a form of plural identity (especially in the fields of politics and music) linked to a strong urban anchoring.

Key Words

  • Skinheads
  • Nationalists
  • Antiracists
  • Active minorities
  • Social representations
  • Media
  • Society
  • Music
  • Politics
  • Urban anchoring

Mots-clés éditeurs : Active minorities, Antiracists, Media, Music, Nationalists, Politics, Skinheads, Social representations, Society, Urban anchoring


Date de mise en ligne : 03/10/2007

https://doi.org/10.3917/cis.115.0269

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