La Maison des Babayagas : concrétisation d'une utopie
Pages 124 à 125
Citer ce chapitre
- PARAT-BEZARD, Pascale,
- Parat-Bezard, Pascale.
- Parat-Bezard, P.
- P. Parat-Bezard
https://doi.org/10.3917/chaso.parat.2017.01.0124
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- PARAT-BEZARD, Pascale,
https://doi.org/10.3917/chaso.parat.2017.01.0124
Notes
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[1]
Marandola M. et Lefebvre G., Cohabiter pour vivre mieux, Editions JC Lattès, 2009, p.133.
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[2]
Un article en ligne évoquait « des projets similaires à Massy-Palaiseau (Essonne), Bagneux (Hauts-de-Seine) ou Saint-Priest (Rhône). Anne Denis, « Les Babayagas, la silver solidarité au quotidien »,Libération, 2 février 2014.
-
[3]
Anne-Laure Fournier, Le Mag, France 5.
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[4]
Jean-Marc La Rocca, Nous vieillirons ensemble, la saga des Babayagas, Production Ex Nihilo/Le Forum des Images, avec la participation de France Télévision, 2013, durée 52 minutes.
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[5]
Une des traductions proposée dans la presse pour « babayagas ».
1Imaginée par Thérèse Clerc (1927-2016) – rejointe par deux amies en 1999 pour mieux concrétiser le projet – la Maison des Babayagas à Montreuil, immeuble destiné à des femmes âgées autonomes à partir de 60 ans, illustre une approche considérant que l'avancée en âge ne doit plus être synonyme de relégation de la sphère publique, de solitude ou de sentiment d'inutilité. L'idée de départ – Thérèse Clerc en a beaucoup parlé dans la presse – est née de sa longue expérience d'aidant parental et d'une volonté de ne pas constituer, à son tour, le moment venu, un poids pour ses proches. Le projet qu'elle imagine alors repose sur six valeurs traduites dans une charte : autogestion, citoyenneté, écologie, féminisme, laïcité, solidarité.
2Cette démarche innovante d'un habitat bien inséré dans le tissu urbain et relayée par les médias a cristallisé les débats. Une injonction pour chaque candidat au logement : « le choix d'une vie de solidarité active (…) non seulement avec les autres résidentes mais aussi dans l'accueil et la rencontre de personnes extérieures par le biais, notamment, d'une Université populaire. » [1]
3Si la démarche a été longue, ponctuée d'atermoiements et de coups de théâtre, elle n'en a pas moins fait des émules [2]. « La canicule de 2003 et l'hécatombe constatée chez les personnes âgées a agi comme un accélérateur…» affirme Anne-Laure Fournier [3].
4La prise de conscience par les politiques de remédier à l'état de solitude et de dépendance des habitants les plus âgés a permis d'envisager des possibilités de financement. Le projet de logements est sorti de terre en 2013.
5L'immeuble comprend 21 studios destinés à des femmes seules et 4 pour étudiants. Cette dimension intergénérationnelle a permis le soutien du Département. Le projet d'Université du Savoir des Vieux (Unisavie) restait pour Thérèse Clerc l'élément phare de cette démarche en même temps que la pierre d'achoppement. Faire de cette Université un équipement structurant, un espace de sociabilité et de citoyenneté dans la durée était une idée originale et dynamique mais comment inciter tous les locataires à en être parties prenantes ?
6Comment venir à bout des inévitables conflits lorsque tout le monde ne joue pas le jeu ?
7Le documentariste Jean-Marc La Rocca a suivi les protagonistes durant près de dix ans. Sa production [4], diffusée sur France 5, restitue bien l'aventure inachevée des « sorcières » [5] de Montreuil.