25. « “Dieu·e” est Un·e »
- Par Floriane Chinsky
Pages 128 à 133
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- CHINSKY, Floriane,
- Chinsky, Floriane.
- Chinsky, F.
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Notes
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[1]
Voir par exemple André Lemaire, « La naissance du judaïsme : de l’exil à Alexandrie », in Antoine Germa, Benjamin Lellouch, Évelyne Patlagean (dir.), Les Juifs dans l’histoire, Éditions Champ Vallon, 2011, p. 28.
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[2]
(BeraHot 1:1) et la réponse à cette question est… « à l’heure où les prêtres vont dîner ». Est-ce plus clair pour vous ? Allez, on vous dit comment d’autres commentaires le comprennent : le temps de la déclaration du Chéma est quand on voit trois étoiles dans le ciel.
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[3]
Qui interprète Deut. 6:7 et 11:19.
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[4]
Il est intéressant de noter que dans sa traduction en hébreu, l’auteur israélien Shalit traduit martyrion par liten odaya, « faire louange », dans un langage plus religieux que Josèphe. Ce n’est pas étonnant : le cadre conceptuel de la culture romaine vers l’an 100 est différent de la culture occidentale dont Shalit fait partie. Ceci est encore un indice de la tendance à la religioïsation.
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[5]
Notons ici que pour le judaïsme, l’idée d’unité divine est incompatible avec la croyance dans « le diable ». Le judaïsme ne voit pas le monde comme un terrain d’affrontement entre un bon dieu et un mauvais diable. « Dieu·e » est une entité unique, les anges sont des messages, dénués de volonté propre. Ils sont très peu présents dans la Torah et la Michna. La première apparition dans la Torah renvoie au très poétique passage où le prophète Bilam maltraite son ânesse, et où « dieu·e » intervient pour permettre à l’animal de dire ce qu’elle a sur le cœur (Nb. 22:22).
« Écoute Israël, l’Éternel·le est notre “dieu·e”, l’Éternel·le est Un·e ». Cette phrase est l’une des plus célèbres du judaïsme, enseignée aux petits enfants, souvent prononcée à l’approche de la mort, dite tous les soirs avant de s’endormir et tous les matins au réveil. Elle a permis de retrouver les enfants cachés pendant la Shoah dans des orphelinats. Ceux et celles qui réagissaient au Chéma Israël Adonaï élohénou Adonaï éHad (Deut. 6:4) donnaient le témoignage de leur judéité, la preuve qu’iels devaient être rendu·es à leurs familles. La prononciation de cette phrase accompagnée des trois paragraphes qui la suivent, constitue la « déclaration du Chéma » (Kriat Chéma) et ce texte complet a été retrouvé sur l’un des papyrus les plus anciens – le papyrus Nash, qui remonte à −150 et a été découvert au tout début du xxe siècle. Elle fait partie des éléments centraux des textes juifs quotidiens, avec la Amida et les bénédictions quotidiennes (#24). Cette phrase est considérée comme fondatrice du monothéisme. Bref, elle est célébrissime, elle parle de « dieu·e », et cela semble contredire notre paragraphe précédent. Nous tenons donc à préciser qu’elle n’est pas une déclaration de foi et à en expliquer son sens.
« L’Éternel·le est Un·e » est l’expression fondatrice du monothéisme juif. L’idée d’une divinité unique s’est mise en place progressivement. L’un des moments clefs a été la destruction du Premier Temple et l’exil de Babylone, en −586. Au lieu d’accepter leur défaite, les Judéens se sont obstinés à considérer que leur divinité restait la plus puissant…
Date de mise en ligne : 22/09/2025
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