Annexe 8. La ville de Madîna al-Zahrâ’
- Par Philippe Sénac
Pages 203 à 206
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D’après plusieurs auteurs arabes, la construction de cette cité palatine (« la ville brillante ») débuta vers 936. La majeure partie fut édifiée en treize ans mais les travaux se poursuivirent pendant plus de deux décennies sous la direction du fils héritier du calife ‘Abd al-Rahmân III, le futur al-Hakam II. L’architecte en chef se nommait Maslama b. ‘Abd Allâh et le responsable des transports des matériaux de construction était ‘Alî b. Dja‘far. D’après une tradition répandue, le nom donné à la ville aurait été celui de l’une des favorites du souverain, une certaine Zahrâ’, mais cette thèse est aujourd’hui remise en cause. La ville fut fondée ex nihilo, sur les basses pentes de la Sierra Morena, le Djabal al-‘Arûs (« la montagne de la mariée »). Les chiffres se rapportant aux travaux restent impressionnants. Le chantier engloutit chaque année le tiers des revenus de l’État. 10 000 ouvriers auraient participé au chantier. 4 324 colonnes de marbre furent importées de Tunisie, les bassins de marbre provenant de Byzance et de la Syrie.
La ville s’étend sur un espace de 1 500 m sur 750 m et couvre une superficie intramuros de 112 hectares. Entourée d’une muraille percée de portes et ponctuée de tours rectangulaires, elle fut conçue selon un plan hiérarchisé sur trois terrasses.
Le niveau supérieur, davantage fouillé, était occupé par des bâtiments réservés à la cour et à l’administration. Plusieurs présentent une vaste cour autour de laquelle s’organisent de manière irrégulière des pièces d’habitations…
Date de mise en ligne : 03/05/2022
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