Chapitre 1. La monarchie de Tolède à la veille de la conquête
- Par Philippe Sénac
Pages 9 à 23
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Parmi tous les événements qui ont marqué l’histoire de l’Espagne, la conquête de la péninsule par une armée venue du Maghreb au début du viiie siècle constitue un épisode d’une importance majeure. Les faits sont demeurés célèbres : au mois de juillet 711, dans le sud de l’Andalousie, l’armée du roi wisigoth Rodéric est vaincue, le souverain est tué et, en quelques années, la plus grande partie de la péninsule Ibérique tombe aux mains des conquérants. Ces faits ont depuis longtemps retenu l’intérêt des historiens pour lesquels deux questions surgissent : comment justifier cette « étrange défaite » et surtout comment expliquer la rapidité avec laquelle les conquérants établirent ensuite leur pouvoir sur l’ancienne Hispania ?
Pour répondre à ces interrogations, plusieurs motifs ont été évoqués, le plus fréquent résidant dans les multiples difficultés que traversait le royaume wisigothique depuis plusieurs décennies. Pour appuyer cette thèse et considérer que l’Espagne wisigothique n’était qu’un « fruit mûr prêt à cueillir » ou qui se trouvait « esperando a los árabes » selon la formule de Javier Arce, un examen des sources s’impose, même si celles qui concernent la situation de la monarchie de Tolède à la veille de la conquête s’avèrent peu abondantes.
Un premier ensemble documentaire est fourni par les actes des 18 conciles de Tolède dont le premier se déroula en 400 et le dernier en 702. Ces assemblées tenues à Tolède étaient convoquées par le roi et présidées par l’archevêqu…
Date de mise en ligne : 03/05/2022
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