Article de revue

Les photographies de studio d'Afrique de l'Ouest : un patrimoine en danger

Pages 116 à 132

Citer cet article


  • Micheli, C.-A.
(2012). Les photographies de studio d'Afrique de l'Ouest : un patrimoine en danger. Africultures, 88(2), 116-132. https://doi.org/10.3917/afcul.088.0116.

  • Micheli, C. Angelo.
« Les photographies de studio d'Afrique de l'Ouest : un patrimoine en danger ». Africultures, 2012/2 n° 88, 2012. p.116-132. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-africultures-2012-2-page-116?lang=fr.

  • MICHELI, C. Angelo,
2012. Les photographies de studio d'Afrique de l'Ouest : un patrimoine en danger. Africultures, 2012/2 n° 88, p.116-132. DOI : 10.3917/afcul.088.0116. URL : https://shs.cairn.info/revue-africultures-2012-2-page-116?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/afcul.088.0116


Notes

  • [1]
    Ollier, Brigitte, « Des pépites africaines à la peine aux enchères », Libération, 25 novembre 2010. [voir dans ce dossier l’entretien réalisé avec Vincent Godeau, consultant de cette vente].
  • [2]
    Les entretiens ont été menés dans le cadre de l’écriture d’une thèse de doctorat en histoire de l’art concernant le double et la gémellité dans les portraits photographiques de studio, soutenue en juin 2009. Les interlocuteurs ont été rencontrés à plusieurs reprises, en suivant le parcours de la progression de la photographie en Afrique de l’Ouest des régions côtières vers l’intérieur du continent. Ces entretiens ont eu lieu aussi bien dans les capitales que dans des villes de moindre importance (Bamako, Ségou, San, Djenné, Mopti, Tombouctou au Mali ; Bobo-Dioulasso, Boromo, Ouagadougou au Burkina Faso; Cotonou, Porto-Novo, Pobé, Abomey, Ouidah, Comé, Grand-Popo au Bénin; Lomé, Aného, Atakpamé au Togo). Les témoignages et récits concernant des pays voisins n’ont pas été exclus.
  • [3]
    Werner (1993), p. 42-57.
  • [4]
    Nimis (1998).
  • [5]
    Werner (1997), p. 147 et Werner (2000), p. 194.
  • [6]
    Amselle (2002), p. 46-60 et Amselle (2005), 213 p.
  • [7]
    Amselle (2002), p. 55-56.
  • [8]
    Susan Vogel, commissaire d’Africa explores. Twentieth-Century African Art, a présenté quelques photographies dans le cadre de cette exposition au Center for African Art de New York, du 16 mai au 31 août 1991.
  • [9]
    André Magnin a débuté en 1986 ses recherches sur l’art contemporain d’Afrique. En 1989, il commence à constituer la Pigozzi Collection qu’il va diriger pendant vingt ans. Il est aussi, en 1989, l’un des co-commissaires de l’exposition Magiciens de la Terre à Paris qui sera suivie de nombreuses expositions sur l’art contemporain africain dans le monde entier. En 2009, il fonde MAGNIN-A dont la mission est de promouvoir cet art sur le marché de l’art international.
  • [10]
    Par « artiste contemporain », il faut entendre une dimension artistique et non pas temporelle, car Malick Sidibé, comme tous les photographes des XXe et XXIe siècles, est bien notre contemporain.
  • [11]
    Harry Bellet, « La 52e Biennale d’art contemporain de Venise met l’Afrique à l’honneur », Le Monde, 12 juin 2007.
  • [12]
    Vucumprà serait une déformation de l’italien vuoi comprare ? (Veux-tu acheter ?), déformation linguistique supposée de l’immigré.
  • [13]
    Zinsu Cosme Dossa présente assez volontiers, à qui veut bien s’attarder un moment chez lui, l’écouter et éventuellement intervenir en sa faveur, le courrier de 1997 par lequel André Magnin lui demande de patienter plus longtemps.
  • [14]
    Cette photographe m’informait par courriel en 2005 de sa possession des négatifs 6x6 à propos desquels elle me demandait de rassurer Malick Sidibé quant à leur prochain renvoi au Mali.
  • [15]
    Sans scrupules, c’est-à-dire sans vérifier le nom du photographe, sans réclamer la provenance et la date de la photographie, sans quête d’éléments scientifiques.
  • [16]
    Lire à ce propos Michel Guerrin, Emmanuel de Roux, « Guerre de droits autour du maître malien Seydou Keita », Le Monde, 26-27 octobre 2003.
  • [17]
    Entretien avec Hamadou et Hassan Traoré, Mopti, Mali, septembre 2007.
  • [18]
    Entretiens avec Ibrahim Sanlé Sory, Bobo Dioulasso, Burkina Faso, février 2004, janvier 2005, janvier 2006 et septembre 2007.
  • [19]
    Ibid.
  • [20]
    In Sydney Littlefied Kasfir, L’art contemporain africain, Paris, Thames and Hudson, 2000, p. 135. (1e éd. Contemporary African Art, Londres, 1999).
  • [21]
    Rapport consultable à l’adresse Internet : http://www.memoireonline.com/12/08/1659/m_Archives-photographiques-au-benin--Problematique-de-la-gestion-dun-patrimoinedocumentaire-menace0.html
  • [22]
    Entretien avec Chab Touré, Bamako, Mali, décembre 2003.
  • [23]
    Entretien avec Hamadou et Hassan Traoré, Mopti, Mali, septembre 2007.
  • [24]
    Adresse du site Internet : http://afriqueinvisu.org/
  • [25]
    Césaire (1994), (1e éd. 1950), p. 52.
  • [26]
    Adresse du site Internet : http://www.afriquepatrimoine.org/
  • [27]
    Les « banques culturelles » sont évoquées dans l’article de Aldiouma Baba Mory Yattara : « Les Banques culturelles du Mali : une expérience porteuse d’espoir », dans l’édition d’Africultures du 24 juillet 2007, consultable à l’adresse Internet suivante : http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=6724
  • [28]
    Au Sukuma Museum en Tanzanie (http://philip.greenspun.com/sukuma/), les villageois déposent temporairement des objets de culte et du quotidien qu’ils peuvent récupérer quand ils le souhaitent.

Une vente récente de photographies africaines de studio nous incite à nous pencher tout autant sur les coulisses d’un marché florissant ou fluctuant que sur le devenir d’un patrimoine qui s’éloigne inexorablement du continent africain en se dispersant dans les collections occidentales. Dans quel contexte, sous quelles conditions ces photographies quittent-elles leurs propriétaires d’origine ? Si, en Occident, ces photographies connaissent un succès grandissant, enrichissent les collections où elles sont mises en valeur et conservées de façon optimale, leur vente satisfait-elle pour autant leurs anciens propriétaires et leur séparation définitive de leurs lieux d’origine ne doit-elle pas alarmer quant à la nécessité de préserver un patrimoine ?
Les réflexions présentées dans cet article s’appuient sur un ensemble d’événements observés (parfois de situations vécues) et d’entretiens conduits auprès de plus d’une centaine de photographes de studio (de tous âges, célèbres et inconnus, talentueux ou pas, comme autant de critères afin d’éviter d’entrer dans le jeu des institutions occidentales du marché de l’art), et de tout autant de propriétaires de portraits photographiques (clients des studios, personnes anonymes et acteurs de la vie culturelle), entre les années 2002 et 2009, dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest (Mali, Burkina Faso, Togo, Bénin). Ces réflexions, associées à un rappel historique de l’apparition des portraits en Occident, à une analyse de la naissance d’un marché de la photographie et des conditions dans lesquelles ce marché se poursuit aujourd’hui, tenteront d’éclaircir les questions posées afin de saisir la situation actuelle d’un important patrimoine qui, partagé entre plusieurs continents, n’en est pas moins en danger…


Date de mise en ligne : 12/11/2013

https://doi.org/10.3917/afcul.088.0116

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