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Article de revue

Discontinuités adolescentes

Pages 101 à 110

Citer cet article


  • Giraut, X.
(2017). Discontinuités adolescentes. Adolescence, T. 35 n°1(1), 101-110. https://doi.org/10.3917/ado.099.0101.

  • Giraut, Xavier.
« Discontinuités adolescentes ». Adolescence, 2017/1 T. 35 n°1, 2017. p.101-110. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-adolescence-2017-1-page-101?lang=fr.

  • GIRAUT, Xavier,
2017. Discontinuités adolescentes. Adolescence, 2017/1 T. 35 n°1, p.101-110. DOI : 10.3917/ado.099.0101. URL : https://shs.cairn.info/revue-adolescence-2017-1-page-101?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ado.099.0101


Notes

  • [1]
    Baudelaire C. (1859). Mon cœur mis à nu. In : Œuvre complètes, T. I. Paris : Gallimard, 1975, p. 703.
  • [2]
    Ibid.
  • [3]
    Grunberger, 1971, p. 38.
  • [4]
    Koltès B.-M. (1986). Dans la solitude des champs de coton. Paris : Les Éditions de Minuit, p. 50.
  • [5]
    Ibid., p. 43.
  • [6]
    Ruggierio, 2013, p. 482.
  • [7]
    Richard, 2015, p. 97.
  • [8]
    Aulagnier, 1989, p. 194.
  • [9]
    Dans sa lettre qu’il adresse au « très honoré et très avisé M. Hugo Boxel » (lettre 54), B. Spinoza débat du sexe des spectres, et ne manque pas de faire appel aux rêves – pour ne pas dire au fantasme – en se moquant gentiment de son interlocuteur qui voulait attribuer un genre aux spectres. Spinoza B. (1674). Lettre 54. In : Correspondance. Paris : Flammarion, 2010, pp. 299-304.
  • [10]
    Klein, 1923, p. 90.
  • [11]
    Cabanès A. (1930). Grands névropathes. Malades immortels, T. I. Paris : Albin Michel, p. 265.
  • [12]
    Baudelaire C. (1861). Les fleurs du mal. In : Œuvres complètes, T. I. Paris : Gallimard, 1975, p. 7.
  • [13]
    Cabanès A. (1930). Grands névropathes. Malades immortels. T. I., Op. cit., p. 267.
  • [14]
    Freud, 1905, p. 113.

1 L’adolescence est l’âge des rencontres et des possibles, où l’effroi et l’envie se disputent la première place avec toute la conflictualité que cette dialectique suppose. B. Grunberger (1971) rapporte cette belle formule de Baudelaire tirée de ses journaux intimes : « Tout enfant, j’ai senti dans mon cœur deux sentiments contradictoires : l’horreur de la vie et l’extase de la vie » [1]. Et le poète d’ajouter : « C’est bien le fait d’un paresseux nerveux » [2] – ce qui révèle si bien l’enjeu de l’affirmation de soi et du corps en émoi, ou en éveil narcissique, chez l’enfant. C’est dans son corps, avec sa valence narcissique sans arrêt remise sur le métier, et en particulier dans la phase adolescente, que l’enfant doit négocier avec psyché pour la rencontre avec le pubertaire et l’après-coup de la sexualité infantile. « En fait le narcissisme est inaltérable et ce qui évolue, c’est le Moi, qui à chaque étape de son évolution, doit recevoir le label narcissique pour reprendre modifié sa place dans le Moi global » [3].

2 Il est banal de dire que la première des rencontres que fait l’adolescent a lieu avec son corps changeant. Cette rencontre s’inscrit dans le champ de la discontinuité, dont la plus perceptible est corporelle, mais elle porte aussi, au sens d’un holding, d’autres discontinuités – psychiques, familiales et environnementales – propres à cet âge. Cette discontinuité est aussi porteuse des traces des premières phases de développement psycho-corporel qui vont faire chambre d’écho pour une reprise de développement après le calme de la phase de latence. « Reprendre – modifié – sa place », soutient B. Grunberger. À partir de quel originaire enfant et jusqu’à quel remaniement, à chaque étape de son évolution, l’adolescent trouve-t-il ou non sa place, au risque d’être confronté à une discontinuité inquiétante avec son enfance et son infantile pour engager une nouvelle histoire ? Comment cela se décline-t-il lors de la première rencontre avec un adolescent, lui-même engagé dans la prise en compte d’un corps doté d’une psyché d’enfant, en route vers un devenir adulte ?

Identification et environnement

3 Il n’est pas inutile de rappeler que ce sont l’environnement familial et sa dynamique propre, l’environnement scolaire et sociétal et leurs dynamiques en écho, qui ne cessent de se répondre pour que les adolescents trouvent leur place, leur singularité et leur identité dans un corps en voie de génitalisation. En effet, leurs capacités de symbolisation utilisent de nouvelles modalités d’expression, pour un meilleur renoncement aux fixations aux premiers objets d’investissement et à la phase œdipienne génitalisée, non sans difficulté. « Je ne veux pas du risque d’être confondu avec vous », dit l’un des deux protagonistes de la pièce de B.-M. Koltès, Dans la solitude des champs de coton[4], qui met aux prises un dealer avec son client. On devine que c’est le client qui envoie cette adresse au dealer. Or, l’adolescent est-il dealer ou client de sa relation à ses parents et à ses premiers objets d’investissement ? A-t-il peur d’être confondu avec eux ?

4 L’adolescent est bien le client de ses parents. En effet, il se débat en permanence avec le même et la répétition, en conflit avec le changement proposé par d’autres identifications possibles au fil de ses rencontres et peut-être encombré par les identifications parentales. Mais, « il n’y a pas de honte à oublier le soir ce dont on se souviendra le matin » [5] s’exclame le dealer de B.-M. Koltès. On oublie, puis on finit par se souvenir que la trace de la période infantile est inscrite et encore active, qu’on le veuille ou non, addictive peut-être, faisant déjà histoire avant même toute rencontre.

5 Quelle identité en risque d’identification et quel environnement aujourd’hui pour cette identité pouvons-nous interroger lorsque nous soignons des adolescents ? Quel environnement pour les adolescents d’aujourd’hui, demande I. Ruggierio (2013) dans un article sur la perspective terminable et interminable de l’adolescence ? « Lors du dilemme entre dépendance et indépendance, entre appropriation subjective de soi et adhésion à des identifications aliénantes, entre acceptation de l’interdit œdipien et stagnation dans des positions narcissiques, le rôle de l’environnement dans la construction du soi et dans ses défaites devient vital et crucial » [6]. Je ne peux qu’y souscrire.

6 L’environnement est constitué des murs et des personnes qui habitent ces murs, tout autant que de la remémoration liée aux murs de l’enfance – pour retrouver la « symbiose primitive normale » aurait dit R. Spitz (1965) – puis, peut-être ensuite, s’approprier un environnement différencié et symboliser dans le meilleur des cas. C’est probablement ce qui va s’actualiser dans une perspective transférentielle au fil des traitements proposés à ces adolescents en crise ou en panne de développement. J’entends ici par crise ce qui fait évènement psychopathologique et amène à consulter.

Penser c’est prendre le risque d’agir

7 La clinique que je propose est celle de la première rencontre d’un adolescent avec une institution soignante. Il s’agit des premières semaines qu’il passe dans l’établissement où, si relation de transfert il y a, c’est bien sur l’institution dans son ensemble qu’elle se déploie.

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« Quand je vais quelque part, je regarde toujours les murs et les meubles », me disait Antoine, adolescent resté prostré à la maison et qui s’était construit une cabane dans la chambre de ses parents au décours d’une longue déscolarisation. Voici comment, après son admission à l’hôpital de jour, il me raconte son histoire où l’insécurité du lien aux autres organise sa journée à l’école. C’est un récit qu’il entame après avoir balayé du regard le tour des murs de mon bureau.
Je l’avais reçu trois mois auparavant pour un rendez-vous de pré-admission avec ses parents, qui avait été suivi d’un bilan psychopédagogique et avait confirmé le bien fondé de cette indication. Il est d’emblée en recherche de continuité en mettant en perspective cette consultation inaugurale. Il observe et me dit que ce tableau qu’il voyait accroché au mur, était posé par terre contre ce même mur lorsque je l’avais reçu avec ses parents. S’il en fait la remarque, c’est que notre rencontre avait commencé à faire histoire pour installer une continuité. Il poursuit : « À l’école, j’étais tout le temps assis contre un arbre. » Je pense en moi-même qu’il cherche donc un appui pour le dos. C’est comme un handling avec un arbre/mur à défaut de holding au sens de D. W. Winnicott (1964). « Je n’avais pas de copain, je n’osais pas me défendre, juste une fois je me suis défendu, en maternelle un garçon m’étranglait, je l’ai fait saigner du nez, après j’ai eu peur de me défendre, j’avais peur de faire mal aux autres ». Il raconte une scène traumatique comme un souvenir écran où c’est un agir qui avait fait événement. Je le laisse poursuivre. « Les autres disaient que j’étais bizarre, c’est comme si j’étais différent, ici à l’hôpital de jour je me suis fait plein de copains ». Il n’avait pas imaginé que des plus grands puissent s’intéresser à lui et lui posent des questions. Avec nostalgie, il évoque la fin du primaire : « Lorsque je suis arrivé en sixième, c’était trop grand pour moi. Je ne pouvais pas supporter, j’ai eu peur que ça recommence, c’est comme si mes jambes ne pouvaient plus marcher pour aller à l’école, mes parents me tiraient par les jambes pour me sortir de la voiture, ma mère à un moment, elle a dit qu’elle voulait me tuer (sic), alors je me suis enfermé dans ma chambre, c’était une cabane sous le lit, là, j’étais en sécurité. »
Dans un second temps, il avait installé la cabane dans la chambre de ses parents. Cette régression temporelle peut faire écho au stade d’acquisition de la marche et donc de l’acquisition de l’autonomie motrice, pour ne pas dire corporelle. Il poursuit : « Je me suis bien adapté ici, c’est plus accueillant qu’à l’école, les copains dans la cours de récréation je les retrouvais pas directement, ici au contraire, on les retrouve tout de suite, des fois j’ai un petit peu mal au ventre, de toutes façons je me dis que je vais retrouver mes copains… À l’école, on entendait juste le bruit de la pendule, la prof nous regardait même pas, ici elle nous interroge, elle s’intéresse à toute la classe, là-bas j’étais au fond. Le dimanche maintenant, j’aime bien le stress d’aller à l’école, ça va paraître un peu bizarre que je vous dise ça. » Puis il revient sur ses angoisses : « Au départ, c’est des peurs et puis ça devient des tics, on a du mal à s’en séparer. » Il évoque son maintien dans la chambre parentale où il dispose d’un lit d’appoint : « J’en ai marre, je dors mal, c’est comme un tic, je me réveille, je crois que je suis dans ma chambre, ma mère elle me crie dessus tout le temps. » Il ajoute que récemment, deux nuits de suite, il a dormi dans sa chambre ; son lit était fait, il s’est couché sans se poser de questions ; il a bien dormi.

9 Cette temporalité très présente dans le récit d’Antoine qui ne cesse de faire des allers et retours entre passé, présent et futur, dit bien l’effroi du basculement vers l’adolescence et le risque de discontinuité que révèle ce passage. Cette discontinuité génère des angoisses très corporéisées où le risque semble être celui de la perte d’une unité acquise grâce au holding parental. Un adolescent pris dans sa gangue phobique est porteur de la trace et de la crainte du changement. On peut penser que la régression temporelle d’Antoine conduit au fantasme originaire de scène primitive ou à celui de retour dans le sein maternel. Pour F. Richard, « l’adolescent qui présente des fonctionnements limites ne sait pas créer et sans cesse recréer le sein à l’intérieur de lui à partir de ses besoins instinctuels lesquels sont d’abord connus comme des éprouvés corporels » [7]. En effet, le risque de destructivité par le démantèlement corporel est fort pour ces adolescents porteurs d’une sensorialité angoissée, où le repli phobique est parfois la seule issue pour garder un semblant d’unité.

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Je revois Antoine un matin où la carapace phobique est sur le point de reprendre le dessus, accroché par les dents au blouson de son père qu’il ne peut lâcher et qui le conduit de force à l’hôpital de jour. Antoine avait rebroussé chemin ce lundi, au moment de prendre les « transports en commun », si bien nommés et si insupportables pour lui. Après trois semaines de rescolarisation sans aucune absence, il avait mis à l’épreuve l’institution, ses parents et lui-même, prenant le prétexte d’un conflit avec un autre jeune de son groupe qui avait proféré des menaces à son encontre. Antoine avait réendossé la carapace phobique, collé serré à ses parents, accroché corporellement au blouson de son père plutôt que de risquer faire saigner un copain. Il avait fallu le doigté et la fermeté d’un membre de notre équipe pour qu’il accepte de relâcher prise. Et comme il me le dira plus tard après avoir repris le chemin du travail et du « plaisir à travailler », il s’agissait pour lui, à l’hôpital de jour, de faire son « chef-d’œuvre, la maison du futur, celle que je voudrais construire plus tard ».
Sa formule est restée ambiguë, surtout si on se réfère à la persistance de ces allers et retours symptomatiques avec repli à la maison que nous avons eu à gérer tout au long de cette prise en charge, qui est restée très difficile. Un chef-d’œuvre, c’est bien ce qu’on attend des jeunes en formation auprès des Compagnons du Tour de France, au terme de leur parcours. Je réalise grâce à Antoine, combien le terme est bien choisi. Le risque de la vie, le risque à prendre pour s’engager dans l’adolescence, c’est bien celui de réaliser un chef-d’œuvre qui passe par la sublimation. Et Antoine, à propos de sa difficulté à se séparer de ses parents, dira : « Je n’aime pas trop être avec eux tout le temps », formule qui souligne la force du déni ou du clivage nécessaire, et de l’épreuve à engager pour vraiment se séparer, changer et grandir.
 
Quand Antoine dit : « Le dimanche, j’aime bien le stress d’aller à l’école, ça va vous paraître bizarre », il est baudelairien. Partout où le corps montre des traces d’excitation et d’effroi, c’est le Moi en développement qui se remémore au Moi global. P. Aulagnier parle elle d’automodification permanente, dans un article soulignant que l’adolescent doit pouvoir « se construire un passé » avec son fond de mémoire, pour mieux s’enraciner dans le présent et le devenir. C’est dit-elle « ce qui permet au sujet de faire de son enfance cet “ avant ” qui préservera une liaison avec son présent, grâce à laquelle il se construit un passé comme cause et source de son être » [8].

L’adolescence, âge des possibles

11 L’adolescence, âge des agirs, âge des possibles, ne peut se déployer sans réflexion et suppose un retour sur soi à condition que la régression qui l’accompagne ne soit pas trop massive. « Des fois, le soir, je pense que je ne vais plus aller à l’école, j’ai fait un rêve où je suis content d’aller à l’école, je prends le chemin de l’école, j’arrive, je monte les marches et ça se transforme en ma maison ». « Je suis ou ne suis plus à la maison ? », interroge Antoine dans son rêve.

12 Avec son corps en plein bouleversement, l’adolescent se place désormais dans un rapport brutal et incertain avec sa réalité propre. C’est un temps pour l’affirmation d’identité, un temps pour l’expérience, contingent avec les traces du passé dont il pense tout autant se défaire que les garder vivantes, plus ou moins à son insu. Il doit trouver et créer cette réalité en dehors de la famille pour achever son processus de développement, dont l’étayage du groupe doit faciliter la digestion. On oscille de la recherche d’une identité propre, où il faut trouver des échos en soi face à l’absence de l’objet, à une identité groupale où les échos se trouvent chez les autres qui sont des « mêmes », des pairs, mais aussi des « différents sexuellement ».

13 « Je m’émerveille que ceux qui ont vu des spectres nus n’aient pas jeté un œil sur leurs parties génitales ! Était-ce par peur ? Ou parce qu’ils ignoraient la différence ? », disait B. Spinoza [9] à l’un de ses correspondants bien avant que les psychanalystes et M. Klein en tête, nous disent combien l’appropriation sexualisée du corps fait peur et envie ; combien elle doit se négocier en libidinisant un corps désormais biologiquement prêt à une sexualité adulte et combien l’école et la réflexion jouent leurs partitions dans le développement de l’enfant. « Le rôle extrêmement important de l’école provient en général du fait que l’école et l’étude reçoivent une signification libidinale. Les exigences scolaires obligent en effet à sublimer son énergie pulsionnelle libidinale. La sublimation de l’activité libidinale joue, plus que toute autre, un rôle décisif dans l’étude des diverses disciplines ; cette étude sera donc inhibée, pour la même raison, par la peur de la castration » [10].

14 Voici ce que dit C. Baudelaire à son ami G. Barral : « J’ai un tempérament exécrable, par la faute de mes parents, je m’effiloche à cause d’eux. Voilà ce que c’est que d’être l’enfant d’une mère de vingt-sept ans et d’un père de soixante-deux ! Union disproportionnée, pathologique, sénile. Pense donc, trente-cinq ans de différence ! Tu me dis que tu fais de la physiologie avec Claude Bernard, demande donc à ton maître ce qu’il pense du fruit hasardeux d’un tel accouplement » [11]. On voit avec quelle rage ce grand poète interroge les origines et la première rencontre de la scène primitive dont il est le fruit : « Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères/où mon ventre a conçu mon expiation ! » [12], se plaint la mère du poète dans le magnifique et effroyable « Bénédiction » qui ouvre « Les fleurs du mal » et porte clairement dans ses vers la trace des fantasmes originaires. On précisera que le poète en herbe avait été renvoyé du lycée Louis le Grand au cours de son année de Terminale. Il finira cette année en pension chez les Lasègues dont le fils, futur aliéniste, est son répétiteur. Ce renvoi était motivé « par une vétille » selon certains auteurs, une aventure ou une « inversion sexuelle aurait joué un rôle » selon d’autres, une histoire de billet à un camarade qu’il aurait refusé de communiquer [13].

15  

16 J’essaye toujours de suivre chez les patients adolescents ce qui fait trace d’une enfance comme un temps inachevé des différents stades de développement. En effet, l’enfant qui organisait ses pulsions sexuelles sur un mode autoérotique va découvrir l’objet sexuel génitalisé. Or, cette ouverture vers l’objet ne se fait pas sans angoisse car il faut renoncer sinon à tout, du moins à une partie des objets primaires. Ce qui se révèle, c’est une fragilisation de l’investissement narcissique du corps, c’est-à-dire, celui qui avait été offert par ce lien de proximité « tout contre », sensuellement et tendrement avec la mère, prolongement narcissique d’elle-même, ne l’oublions pas, et face à laquelle il devra trouver une bonne distance.

17 Freud, à propos des transformations de la puberté, dit clairement dans les Trois essais sur la théorie de la sexualité qu’« Ainsi s’est constitué, un appareil d’une grande complexité prêt à être utilisé » [14]. Ajoutons que ce n’est pas sans danger. L’adolescence est donc une première mais aussi une nouvelle rencontre avec les discontinuités corporelles.

Bibliographie

  • aulagnier p. (1989). Se construire un passé. Journal de la psychanalyse de l’enfant, 7 : 191-219.
  • freud s. (1905). Trois essais sur la théorie de la sexualité. Paris : Gallimard, 1962.
  • grunberger b. (1971). Le narcissisme. Essais de psychanalyse. Paris : Payot.
  • klein m. (1923). Le rôle de l’école dans le développement libidinal de l’enfant. In : Essais de Psychanalyse. Paris : Payot, 2005, pp. 90-109.
  • richard f. (2015). Winnicott, le corps et l’adolescence. Revue Française de Psychosomatique, 47 : 91-106.
  • ruggiero i. (2013). Adolescence terminable et interminable. Rev. Fr. Psychanal., 77 : 474-489.
  • spitz r. a. (1965). De la naissance à la parole. La première année de la vie. Paris : PUF, 1979.
  • winnicott d. w. (1964). Le nouveau-né et sa mère. In : Le Bébé et sa mère. Paris : Payot, 1992, pp. 57-75.

Mots-clés éditeurs : Corporel, Discontinuité, Narcissisme, Pubertaire

Date de mise en ligne : 24/04/2017

https://doi.org/10.3917/ado.099.0101