Compte rendu

Orchestre symphonique, polyphonie culturelle et sociale

Pages 123 à 124

Citer cet article


  • Propos recueillis par Ghesquière, H.
  • et Besson, P.
(2016). Orchestre symphonique, polyphonie culturelle et sociale. Administration & Éducation, 151(3), 123-124. https://doi.org/10.3917/admed.151.0123.

  • Propos recueillis par Ghesquière, Hélène.
  • et al.
« Orchestre symphonique, polyphonie culturelle et sociale ». Administration & Éducation, 2016/3 N° 151, 2016. p.123-124. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-administration-et-education-2016-3-page-123?lang=fr.

  • Propos recueillis par GHESQUIÈRE, Hélène
  • et BESSON, Pascal,
2016. Orchestre symphonique, polyphonie culturelle et sociale. Administration & Éducation, 2016/3 N° 151, p.123-124. DOI : 10.3917/admed.151.0123. URL : https://shs.cairn.info/revue-administration-et-education-2016-3-page-123?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/admed.151.0123


Notes

  • [1]
    REP+ : Réseaux d’éducation prioritaires plus. « Depuis la rentrée 2015, les REP+ ont été mis en place sur l’ensemble des académies, en métropole et dans les territoires d’outremer. Les enseignants y bénéficient de conditions particulières d’exercice permettant notamment de développer et faciliter le travail collectif et la formation continue » (Dossier Eduscol mis à jour le 1er septembre 2016).
  • [2]
    Le 19 mars, les jeunes musiciens ont ainsi interprété :
    Kustino Oro, musique traditionnelle de Yougoslavie, arrangements de Laurent Audemard et Pierre Lefort
    Gyermekeknek (extraits), Béla Bartók, arrangements de Pierre Lefort
    – III. I lost my young tuba
    – VI. Hey, trumpet, trumpet
    – XVII. My little graceful trombone
    Il padrino, Nino Rota
    Bakhta, Abdelkader El-Khaldi
    L’Arrivée des Géants, musique traditionnelle languedocienne, arrangement de Laurent Audemard.

Au-delà des apports des conférences et des ateliers, les colloques de l’AFAE offrent aussi des moments de convivialité attendus. Nous avons ainsi chaque année l’occasion d’assister à des représentations musicales ou théâtrales de qualité, interprétées par des collégiens et des lycéens d’établissements voisins. Et au-delà de la performance de ces jeunes gens, nous savons apprécier en connaissance de cause l’implication et la générosité des adultes qui les accompagnent.
Le spectacle offert à Nîmes le samedi soir nous a paru mériter une mention particulière, dans la mesure où, en rapport avec le thème du colloque, il illustrait de façon très réussie ce « vivre ensemble » qui est la justification première de la laïcité. En effet, ce sont 59 écoliers et collégiens âgés de 8 à 15 ans, élèves de la Master class des REP+ et des collèges Condorcet et Diderot, qui se sont produits devant nous ; ils étaient accompagnés de 7 de leurs professeurs nîmois, et de 5 musiciens de l’orchestre symphonique Divertimento [1]. Au-delà de l’étendue du répertoire présenté et de la qualité de l’interprétation, on ne pouvait qu’être frappé par l’immense fierté des familles dans la salle : parents modestes pour beaucoup, mères parfois porteuses du foulard, et tous très émus de voir leurs enfants recueillir, sous les lumières de la scène, le fruit de mois de travail et de répétitions. C’était l’illustration de ce que l’éducation peut produire de meilleur quand elle mêle la confiance et l’exigence.
Aussi avons-nous eu envie de mieux connaître Zahia Ziouani, le chef d’orchestre au cœur de cette magnifique aventure. Tous nos remerciements vont à Hélène Ghesquières et à Pascal Besson, qui ont accepté de réaliser cette interview d’une musicienne remarquable.

1Zahia Ziouani est chef d’orchestre et directrice musicale de l’orchestre symphonique Divertimento. Sous sa direction, des élèves d’écoles et de collèges des réseaux REP+ de Nîmes et du Conservatoire à Rayonnement Départemental – déjà inscrits dans un processus d’apprentissage collectif d’instruments à vent –, participent à des Master Classes dirigées par des musiciens professionnels de l’orchestre symphonique Divertimento et se produisent en concert aux côtés de ses musiciens.

2L’aventure nîmoise de Zahia Ziouani est née il y a 3 ans au départ par une invitation à présenter son travail devant des élèves des collèges nîmois ; et lorsqu’elle a eu connaissance du projet Master class, elle s’y est associée car pour elle il est important de faire connaissance « en musique ». Le projet nîmois est dans l’esprit de la démarche développée par l’orchestre Divertimento, qui consiste à accompagner des projets où les jeunes sont amenés à pratiquer la musique classique en diversifiant les publics. L’objectif espéré, dans quelques années, est que les orchestres, les formations professionnelles, mais aussi le public soient davantage à l’image de notre société, au niveau social comme culturel. Ce projet a une dynamique forte qui fédère, aux côtés des élèves et enseignants de l’Éducation nationale, des élèves et des musiciens du conservatoire, des professionnels de Divertimento et Zahia Ziouani. Il permet de vivre une mixité sociale, interculturelle et intergénérationnelle, grâce à la rencontre du public avec des jeunes qui ne se seraient pas rencontrés dans d’autres lieux.

3Un autre des axes forts du travail mené par Zahia et les musiciens qui l’entourent repose sur le désir de transmettre le répertoire symphonique tout en montrant ses liens avec d’autres styles de musique (musique traditionnelle, jazz, etc.) et les influences culturelles et historiques que l’on peut y trouver [2].

4La réussite du projet vient pour Zahia Ziouani de l’exigence professionnelle qu’elle demande aux jeunes, mais si l’objectif est le même pour tous, elle fait en sorte de donner plus de temps de travail, plus d’encadrement, bref plus de moyens, à ceux qui en ont besoin. Dans ce projet l’approche partenariale permet de mettre ces jeunes, non pas devant des enseignants, mais devant des professionnels et une chef d’orchestre qui leur dit : « Vous êtes tous des musiciens ! »


Date de mise en ligne : 01/05/2017

https://doi.org/10.3917/admed.151.0123