Chapitre 7. La « monnaie primitive » : approches matérialistes
- Par Francis Dupuy
Pages 145 à 167
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- DUPUY, Francis,
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On appelle « monnaie primitive » – ce qualificatif étant, à bien des égards, sujet à caution – toutes sortes d’objets que les anthropologues ont pu rencontrer auprès des sociétés qu’ils ont étudiées et qui servent, à un titre ou à un autre, dans les échanges économiques et/ou sociaux. Ces objets peuvent être fort divers : coquillages, gros et nacrés (pearlshells) ou petits et blancs (cauris), individuels ou en brasses, pierres de jade ou pierres coralliennes discoïdales, pièces de tissu, plumes de couleurs diverses, dents de cochons spiralées… Les graines de cacao dans la Mésoamérique préhispanique, les bovins en Afrique de l’Est, les cochons en Nouvelle-Guinée et en Mélanésie peuvent également faire fonction de « monnaie ».
Ces items fort divers participent de différents registres, simultanément ou alternativement. Ils sont tour à tour objets précieux, marchandises, objets à donner, équivalents de l’échange. « Les monnaies [“primitives”] sont des objets précieux qui ont glissé dans les rapports marchands à mesure que ceux-ci s’étendaient, s’amplifiaient et ne pouvaient plus être contenus dans le cadre trop étroit de formes même complexes de troc », observe Godelier (1996, p. 230). Elles relèvent définitivement de la catégorie des biens aliénables (cf. supra, chap. 4). Marchandises et non-marchandises selon le contexte dans lequel on les emploie, selon le cercle (intragroupe ou intergroupes) dans lequel elles circulent, ces monnaies manifestent une « double nature » (Godelier, 1973, p…
Date de mise en ligne : 06/06/2024
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