Maël Renouard, Fragments d’une mémoire infinie, Grasset, 2016, 280 p.
Pages 996 à 997
Citer ce chapitre
- D’ABOVILLE, Benoît,
- Sous la direction d’ NOVOSSELOFF, Alexandra,
- Publication coordonnée par HOLEINDRE, Jean-Vincent
- et FERNANDEZ, Julian,
- D’Aboville, Benoît.
- D’Aboville, B.
- Sous la direction d’ A. Novosseloff,
- Publication coordonnée par J. Holeindre
- et J. Fernandez
https://doi.org/10.3917/epas.batch.2017.01.0996
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- D’Aboville, B.
- Sous la direction d’ A. Novosseloff,
- Publication coordonnée par J. Holeindre
- et J. Fernandez
- D’Aboville, Benoît.
- D’ABOVILLE, Benoît,
- Sous la direction d’ NOVOSSELOFF, Alexandra,
- Publication coordonnée par HOLEINDRE, Jean-Vincent
- et FERNANDEZ, Julian,
https://doi.org/10.3917/epas.batch.2017.01.0996
1 Après la longue et passionnante recension de l’ouvrage de Maël Renouard par notre ami Gérard Alain Slama dans les colonnes de Commentaire [1], il est difficile pour moi d’ajouter à ce qu’il affirme de l’originalité de l’essai et de la profondeur de la réflexion qu’il apporte.
2 A la différence de la multitude de livres qui s’efforcent d’analyser les conséquences de la révolution introduite par l’Internet dans nos sociétés et dans les rapports de puissance entre les nations, Maël Renouard s’interroge d’abord sur son expérience personnelle d’écrivain et d’essayiste face au numérique omniprésent. Il montre brillamment, en faisant le lien avec les réflexions philosophiques, anciennes et récentes, comment se trouve modifié en profondeur le rapport à la mémoire et à la création littéraire.
3 Prolongeant la réflexion de Malebranche, de Bergson et de Deleuze mais aussi d’Yves Bonnefoy, il oppose la « mémoire infinie » des bases de données numériques aux « fragments » que nous utilisons, qui sont en quelque sorte notre pain quotidien et qui deviennent une autre partie de notre propre mémoire.
4 Maël Renouard ne rejette pas l’Internet dont il montre, à partir de sa propre expérience personnelle, combien il est devenu incontournable pour toutes sortes d’utilisations, mais analyse avec une grande subtilité comment il change durablement notre rapport avec nous-mêmes. A cet égard, il prolonge la réflexion d’Albert Thibaudet sur le lien entre le romancier et le philosophe [2]. Cet ouvrage passionnant, de surcroît d’une lecture agréable, qui se consacre à la mutation des approches du travail intellectuel et de la création désormais à l’œuvre dans les nouvelles générations – et même chez les plus anciens : qui, aujourd’hui, n’a pas recherché une référence ou une information sur Google ? –, confirme le talent prometteur de son auteur.