P. Buhler, La Puissance au XXIe siècle, les nouvelles définitions du monde, CNRS Editions, Paris, 2011. Préface d’H. Védrine
Pages 855 à 856
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- D’ABOVILLE, Benoît,
- Sous la direction de COLIN, Jean-Pierre,
- Publication coordonnée par HOLEINDRE, Jean-Vincent
- et FERNANDEZ, Julian,
- D’Aboville, Benoît.
- D’Aboville, B.
- Sous la direction de J. Colin,
- Publication coordonnée par J. Holeindre
- et J. Fernandez
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- D’Aboville, B.
- Sous la direction de J. Colin,
- Publication coordonnée par J. Holeindre
- et J. Fernandez
- D’Aboville, Benoît.
- D’ABOVILLE, Benoît,
- Sous la direction de COLIN, Jean-Pierre,
- Publication coordonnée par HOLEINDRE, Jean-Vincent
- et FERNANDEZ, Julian,
1 Dans cet ouvrage de près de 500 pages, Pierre Buhler, ambassadeur à Varsovie après l’avoir été à Singapour, professeur de Relations internationales à Sciences-Po, ancien conseiller culturel à New York et auteur d’une histoire du Parti communiste polonais, offre une véritable somme sur les débats actuels concernant l’évolution de la société internationale.
2 Instrument de travail remarquable pour tous ceux qui s’intéressent aux relations internationales contemporaines, elle est de surcroît dotée d’une abondante bibliographie. Le postulat de départ est bien cerné par Hubert Védrine dans sa préface : les perspectives d’évolution sur la scène internationale « autorisent de nombreux scénarios, sauf celui du rétablissement du monopole de la puissance occidentale ».
3 Dans une première partie de l’ouvrage, P. Buhler souligne à quel point la notion de puissance a changé de visage, de méthode d’exercice et de nature. Il en décline l’ensemble des variables, en rappelant, dans chaque cas, quelles ont été les réflexions autour de ces notions et comment elles participent au débat actuel sur le déclin relatif de l’Europe sur la scène internationale et la montée en puissance de l’Asie : rôle de l’Etat souverain et de la puissance militaire, autour du problème de la souveraineté dans un monde globalisé ; droit et légitimité – ce qui donne l’occasion d’intéressants développements sur les nouvelles formes du droit international « infra-étatique » et la question des « nouveaux espaces communs » ; puissance et géographie, approche qui permet d’aborder la question des « Etats rentiers » producteurs de matières premières – et notamment les problèmes de la Russie – et de la sécurité des approvisionnements ; « tectonique de la démographie » ; financiarisation de l’économie et crise de la dette ; rôle des réseaux et du soft power des Etats, qui font de la « connectivité » l’un des critères de la nouvelle puissance des Etats en même temps qu’elle les contourne.
4 La seconde partie de l’ouvrage aborde de manière plus directe les grandes tendances de l’évolution de la scène internationale. En premier lieu, le rôle de l’Asie, dont le destin est commandé par « le sprint des géants » indiens et chinois, dans une région que P. Buhler connaît bien, et par ce que deviendra la relation sino-américaine. Au XXIe siècle, cette dernière sera « l’axe politique du système international […] comparable au rôle de la relation américano-soviétique durant la Guerre froide ». La Chine « a fait sa révolution de l’ère du Meiji » mais, à la différence du Japon du XIXe siècle, elle a pour elle la puissance de sa masse continentale et de sa population. L’auteur relève que, contrairement à nombre de nations européennes, des pays tels que la Chine ou l’Inde considèrent que leur rôle international ne saurait se concevoir sans modernisation de leur appareil militaire et que, pour l’Iran, l’accès à l’arme nucléaire est le moyen d’affirmer son rôle de puissance régionale.
5 Est ensuite abordé le déclin d’un modèle européen, fondé sur « la puissance et l’exemplarité de la norme politique et juridique, une absence, à ce stade, d’une acception partagée de ce que pourraient être, sur les grandes questions internationales, les intérêts européens », un système de prise de décision largement ouvert sur les influences extérieures « qui empruntent sans fard les canaux bilatéraux », le nouveau « désamour de l’Allemagne pour le projet européen » et « un code génétique qui récuse la puissance » au lieu de s’affirmer en tant qu’acteur puissant dans le monde. En « désacralisant la souveraineté et en acceptant une dose de supranationalité, l’Europe a inventé les formes de la puissance post-moderne, mais son modèle de régionalisme sophistiqué, fer de lance du soft power européen, ne fait guère école en dehors de son périmètre immédiat ».
6 Alors que les Etats-Unis et l’Europe, « réunis sous l’appellation d’Occident, ont écrit l’essentiel de l’histoire du XXe siècle », la puissance relative de l’Amérique décline, une Amérique « surprise par une mondialisation dont elle a été le principal architecte » et le « décollage spectaculaire des économies émergentes ».
7 La conclusion débouche sur une interrogation sur les conséquences pour la France de ces évolutions. En 2011, déjà, P. Buhler met l’accent sur les faiblesses de son économie. Il souligne toutefois des facteurs positifs, dont en particulier l’investissement dans l’enseignement supérieur et la recherche, manière de mettre en garde contre la « tétanisation » face à la mondialisation. Pour Pierre Buhler, rien n’est joué ni acquis par avance : la puissance est fragile, réversible, instable.
Date de mise en ligne : 17/02/2025