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XI. La théonomie wojtylienne comme théorie de l’inspiration des Écritures : création divine et procréation humaine de l’artefact inspiré

Pages 220 à 239

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  • Vallin, P.
(2025). XI. La théonomie wojtylienne comme théorie de l’inspiration des Écritures : création divine et procréation humaine de l’artefact inspiré. Dans
  • Sous la direction d' I. Moulin
Altérité et inspiration de Platon à Kandinsky (p. 220-239). Hermann. https://doi.org/10.3917/herm.mouli.2025.01.0220.

  • Vallin, Philippe.
« XI. La théonomie wojtylienne comme théorie de l’inspiration des Écritures : création divine et procréation humaine de l’artefact inspiré ». Altérité et inspiration de Platon à Kandinsky, Hermann, 2025. p.220-239. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/alterite-et-inspiration-de-platon-a-kandinsky--9791037044334-page-220?lang=fr.

  • VALLIN, Philippe,
2025. XI. La théonomie wojtylienne comme théorie de l’inspiration des Écritures : création divine et procréation humaine de l’artefact inspiré. In :
  • Sous la direction d' MOULIN, Isabelle,
Altérité et inspiration de Platon à Kandinsky. Paris : Hermann. Philosophies de l'esprit, p.220-239. DOI : 10.3917/herm.mouli.2025.01.0220. URL : https://shs.cairn.info/alterite-et-inspiration-de-platon-a-kandinsky--9791037044334-page-220?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/herm.mouli.2025.01.0220


Notes

  • [1]
    Constitution dogmatique sur la Révélation divine Dei Verbum, n° 11, § 1, in Aa. Vv., Concile Vatican II. Constitutions, décrets, déclarations, Paris, Éditions du Centurion, 1967, p. 133 : « Spiritu Sancto conscripti Deum habent auctorem » ; et sur le sujet des auteurs humains, « quoas facultatibus ac viribus suis utentes adhibuit, Ipso in illis et per illos agente, ea omnia eaque sola, quae Ipse vellet, ut veri auctores scripto traderent. »
  • [2]
    Voir la doctrine classique chez Thomas d’Aqüin, Quodlibet VII, q. 6, a. 1, ad 4 : « Auctor principalis sacrae Scripturae est Spiritus Sanctus, qui in uno verbo sacrae Scripturae intellexit multo plura quam per expositores sacrae Scripturae exponantur, vel discernantur. Nec est etiam inconveniens quod homo, qui fuit auctor instrumentalis sacrae Scripturae, in uno verbo plura intelligeret : quia prophetae, ut Hieronymus dicit super Osee, ita loquebantur de factis praesentibus, quod etiam intenderunt futura significare. Unde non est impossibile simul plura intelligere, in quantum unum est figura alterius. »
  • [3]
    Dei Verbum, n° 13, p. 136.
  • [4]
    Voir Jean-Xavier Lalo, La postérité spéculative de Dei Verbum. Révélation et interprétation des Écritures autour du concile Vatican II : des préparations de Dei Verbum jusqu’à Verbum Domini, Paris, Cerf, coll. « Patrimoines », 2023, p. 416-485, notamment p. 436. Voir aussi Paolo Monzani, « Karl Rahner et la théologie de l’inspiration », Nouvelle Revue théologique, n° 144/4, octobre-décembre 2022, p. 559-574.
  • [5]
    Aristote, Éthique à Eudème I, 1, 1214.5 : ἢ τούτων μὲν κατ᾽ οὐδένα τῶν τρόπων, δυοῖν δὲ θάτερον, ἤτοι καθάπερ οἱ νυμφόληπτοι καὶ θεόληπτοι τῶν ἀνθρώπων, ἐπιπνοίᾳ δαιμονίου τινὸς ὥσπερ ἐνθουσιάζοντες.
  • [6]
    Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIIa pars, q. 48, a. 3, Respondeo.
  • [7]
    Thucydide, La guerre du Péloponnèse I, 22, 4, trad. L. Bodin – J. de Romilly, Paris, Les Belles Lettres, 1955, p. 106-108. Voir l’analyse critique de la formule dans Francisco Murari Pires, « Thucydide parmi les guerres : les voix du sang », Anabases, n° 19, 2014, p. 207-225.
  • [8]
    Olivier Boulnois, « Deux modèles de causalité, deux théories de la liberté : à propos de deux interprétations de la proposition 1 du Livre des causes », in Dragos Calma (éd.), Reading Proclus and the Book of Causes, vol. III : On Causes and the Noetic Triades, Leiden, Brill, coll. « Studies in Platonism, Neoplatonism and the platonic tradition, 28 », 2022, p. 338-370 (chap. 13).
  • [9]
    O. Boulnois, « Deux modèles de causalité », p. 338.
  • [10]
    Jean-Luc Marion, Étant donné. Essai d’une phénoménologie de la donation, Paris, Presses universitaires de France, 19923, p. 24.
  • [11]
    J.-L. Marion, Étant donné, p. 74.
  • [12]
    O. Boulnois, « Deux modèles de causalité », p. 346.
  • [13]
    Thomas d’Aquin, Super Sententias I, d. 45, q. 1, a. 3, ad 4 : « Ad quartum dicendum, quod causalitas divinae voluntatis non excludit omnes causas proximas rerum ; nec hoc est ex insufficientia voluntatis, sed ex ordine sapientiae ejus quae effectus mediantibus aliis causis provenire disposuit, ut sic etiam causandi dignitas creaturis communicaretur » ; II, d. 1, q. 1, a. 4, ad 1 : « Ad primum ergo dicendum, quod non est ex indigentia Dei quod causis aliis indiget ad creandum, sed ex bonitate ipsius, qui etiam dignitatem causandi aliis conferre voluit. »
  • [14]
    O. Boulnois, « Deux modèles de causalité », p. 348.
  • [15]
    Proclus, Eléments de théologie, prop. 122, trad. J. Trouillard, Paris, Aubier-Montaigne, 1965, p. 108.
  • [16]
    O. Boulnois, « Deux modèles de causalité », p. 351.
  • [17]
    Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils III, 70, éd. V. Aubin – C. Michon – D. Moreau, Paris, GF Flammarion, 1999, p. 249-250.
  • [18]
    Voir Paul Valadier, s.j., La condition chrétienne. Du monde sans en être, Paris, Seuil, 2003, p. 43-47.
  • [19]
    Thomas De Quincey, Confessions of an English Opium-Eater, Oxford, University Press, 1985, p. 49. Voir sur cette vaste question d’histoire littéraire qui évoque Balzac, le Baudelaire des Paradis artificiels, Cocteau, etc. : Ami-Jacques Rapin, « La “divine drogue” : l’art de fumer l’opium et son impact en Occident au tournant des xixe et xxe siècles », A contrario, n° 1/2, 2003, p. 6-31.
  • [20]
    Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils III, 70, p. 249.
  • [21]
    « Dieu descendit dans la nuée, et parla à Moïse ; il prit de l’esprit qui était sur lui, et le mit sur les soixante-dix anciens. Et dès que l’esprit reposa sur eux, ils prophétisèrent ; mais ils ne continuèrent pas. Il y eut deux hommes, l’un appelé Eldad, et l’autre Médad, qui étaient restés dans le camp, et sur lesquels l’esprit reposa ; car ils étaient parmi les inscrits, quoiqu’ils ne fussent point allés à la tente ; et ils prophétisèrent dans le camp. Un jeune garçon courut l’annoncer à Moïse, et dit : Eldad et Médad prophétisent dans le camp. »
  • [22]
    Voir Christian Renoux, « Les expériences et les phénomènes mystiques dans les Éloges de Mère de Blémur », Revue d’histoire de l’Église de France, n° 79/202, 1993, p. 13-46.
  • [23]
    O. Boulnois, « Deux modèles de causalité », p. 344, sur le Liber de causis : « La puissance divine précède et rend possible toute la causalité des créatures, mais elle s’exerce à travers elles. Les créatures ne peuvent rien sans Dieu, mais Dieu n’agit pas sans elles. »
  • [24]
    Thomas d’Aquin, Somme théologique, Ia pars, q. 44, a. 2, ad 2.
  • [25]
    Aristote, De la génération et de la corruption, éd., trad., introd. et notes M. Rashed, Paris, Les Belles Lettres, 2005. Nous partageons les jugements d’Annick Stevens sur la portée ontologique générale du traité, qui n’a précisément pas l’intention de s’arrêter de façon privilégiée sur les seuls vivants, comme semble le soutenir l’éditeur du volume. Voir sa recension dans la Revue philosophique de Louvain, 4e sér., n° 105/1-2, 2007, p. 204-207.
  • [26]
    Voir la reprise synthétique du problème métaphysique et dogmatique chez Joseph-Marie Gilliot, « La structure du libre arbitre et le péché de l’Ange. L’apport de Guérard des Lauriers à un débat du xxe siècle », dans Revue des sciences philosophiques et théohgiques, n° 104/3, 2020, p. 523-549.
  • [27]
    2 Co 1, 22 : « Et celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c’est Dieu, lequel nous a aussi marqués d’un sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l’Esprit » ; Rm 8, 23 : « Et ce n’est pas elle seulement ; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps » ; Ep 1, 14 : « lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire ».
  • [28]
    Voir Flavius Josephe, Contre Apion, 2, éd. T. Reinach, trad. L. Blum, Paris, Les Belles Lettres, « Coll. des universités de France », 2003 (19301), p. 165, et Marie-Françoise Baslez, « Les premières expressions de la théocratie dans le Proche-Orient hellénistique : entre théologie et politique », p. 39-51, in Christian-Georges Schwentzel – Marie-Françoise Baslez (dir.), Les dieux et le pouvoir. Aux origines de la théocratie, Rennes, Presses universitaires, 2016.
  • [29]
    Voir la révolte des esclaves en Sicile racontée par Diodore de Sicile, Bibliothèque historique. Fragments, t. IV : LivresXXXIII-XL, éd. P. Goukowski, Paris, Les Belles Lettres, « Coll. des universités de France. Série grecque », 2014. Voir fgt 8 du livre XXXIV.
  • [30]
    M.-F. Baslez, « Les premières expressions de la théocratie », p. 47.
  • [31]
    Jean Paul II, La splendeur de la vérité. Lettre encyclique Veritatis splendor, 6 août 1993, présent. J.-L. Bruguès, guide de lecture G. Cottier – A. Chapelle, Paris, Mame – Plon, p. 66-67.
  • [32]
    Voir Bernard Bach, « Paul Tillich (1886-1965). Plaidoyer pour une théonomie entre autonomie et hétéronomie », Protestantisme(s) et autorité /Protestantism and Authority, in Anglophonia/Caliban, n° 17, 2005, p. 453-463.
  • [33]
    Paul Tillich, Gesammelte Werke, t. VII : Der Protestantismus als Kritik und Gestaltung. Schriften zur TheologieI, Stuttgart, Evangelisches Verlagswerk, 1962, p. 139.
  • [34]
    Paul Tillich, Gesammelte Werke, t. XII : Begegnungen, I. „Autobiographisches” [1971], Stuttgart und Frankfurt am Main, Evangelisches Verlagswerk, 1980, p. 27.
  • [35]
    Paul Tillich, Théologie de la culture, Paris, Éditions Planète, 1968, p. 85.
  • [36]
    Paul Tillich, Théologie systématique, t. I : Introduction. Première partie : Raison et révélation, Paris, Éditions Planète, 1970, p. 170.
  • [37]
    Arnold Toynbee, A Study of History. Abridgment of Volumes I-VI, New York, Oxford University Press, 1942. Voir les occurrences du mot, p. 63.222.250.253.259. Nous nous permettons de renvoyer à notre article : « « Les minorités créatives » chez J. Ratzinger, ou l’appartenance par la dynamique de l’Esprit saint », in Alphonse Ky-Zerbo (dir.), Appartenance et ruptures : les baptisés face à l’institution ecclésiale catholique aujourd’hui. Perspectives comparatives, Paris, Cerf, coll. « Patrimoines », p. 61-80.
  • [38]
    David Perrin, « Ars imitatur naturam : réception et interprétation thoma-siennes de l’adage », Revue thomiste, n° 122/2, avril-juin 2022, p. 179-210. La citation est p. 205.

Il n’est pas facile de démentir le jugement commun des théologiens sur une réticence manifeste de la constitution Dei Verbum de Vatican II, dans laquelle la théologie fondamentale de l’Église catholique, celle qui s’occupe non des contenus de foi (credenda), mais des conditions de crédibilité, avait reçu pourtant les semences de son renouvellement. Sur la question délicate entre toutes de l’inspiration des Écritures, Dei Verbum, selon toute apparence, n’esquisse aucune conceptualité opératoire qui sache articuler d’une manière plus convaincante les deux postulats de la doctrine traditionnelle, savoir : que Dieu est l’Auteur ultime des Écritures et qu’il engage la coopération effective de scribes humains. Sans doute, l’analogie de l’incarnation y affleure, mais sans approfondissement : « Les paroles de Dieu, passant par les paroles humaines, ont pris la ressemblance du langage des hommes, de même que jadis le Verbe du Père éternel, ayant pris l’infirmité de notre chair, est devenu semblable aux hommes. » La crise moderniste, au tournant du xxe siècle, avait pourtant signalé l’urgence d’un développement dogmatique accordé aux découvertes philologiques et historiques de l’exégèse, mais le débat théorique aura constamment opposé ceux qui, postés aux extrêmes, tendaient à réduire la postulation de l’action divine à un patronage lointain, voire mythologique, et ceux qui tendaient à réduire la postulation de la coopération humaine au rôle d’une consignation passive. Les monophysismes de tout poil ont toujours fasciné les rationalistes déguisés et les fidéistes en tenue d’Adam…


Date de mise en ligne : 09/03/2026

https://doi.org/10.3917/herm.mouli.2025.01.0220

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