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18. L’African Renaissance en Afrique du Sud

De l’utilité ou de l’utilisation de l’histoire ?

Pages 385 à 404

Citer ce chapitre


  • Samarbakhsh-Liberge, L.
(2010). 18. L’African Renaissance en Afrique du Sud De l’utilité ou de l’utilisation de l’histoire ? Dans
  • J. Chrétien
  • et C. Perrot
Afrocentrismes : L’histoire des Africains entre Égypte et Amérique (p. 385-404). Karthala. https://doi.org/10.3917/kart.chre.2010.01.0385.

  • Samarbakhsh-Liberge, Lydia.
« 18. L’African Renaissance en Afrique du Sud : De l’utilité ou de l’utilisation de l’histoire ? ». Afrocentrismes L’histoire des Africains entre Égypte et Amérique, Karthala, 2010. p.385-404. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/afrocentrismes--9782811104092-page-385?lang=fr.

  • SAMARBAKHSH-LIBERGE, Lydia,
2010. 18. L’African Renaissance en Afrique du Sud De l’utilité ou de l’utilisation de l’histoire ? In :
  • CHRÉTIEN, Jean-Pierre
  • et PERROT, Claude-Hélène,
Afrocentrismes L’histoire des Africains entre Égypte et Amérique. Paris : Karthala. Hommes et sociétés, p.385-404. DOI : 10.3917/kart.chre.2010.01.0385. URL : https://shs.cairn.info/afrocentrismes--9782811104092-page-385?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/kart.chre.2010.01.0385


Notes

  • [1]
    « Humanité », « genre humain », entendu comme doté de bonté, d’altruisme, de générosité et dépourvu de sentiment de revanche. C’est surtout durant le processus de réconciliation nationale, rythmé par le travail de la Commission Vérité et Réconciliation (TRC), que cette notion s’est vue réemployée.
  • [2]
    « Thinking Through The “African Renaissance” Seminar Series », Graduate School for the Humanities and Social Sciences, University of Witwatersrand, Johannesburg, mars-juin 1999.
  • [3]
    CODESA : Convention for a Democratic South Africa, décembre 1991-février 1992 et mai 1992.
  • [4]
    E. Mphahlele (1999), p. 14-15.
  • [5]
    E. Mphahlele (1999), p. 17.
  • [6]
    E. Mphahlele (1999), p. 17.
  • [7]
    c. 1829-1871. Premier Noir sud-africain ordonné prêtre (au sein de l’Église presbytérienne). A traduit des gospels en isiXhosa.
  • [8]
    1858-1936. Premier Noir élu au Conseil de la province du Cap (1910-1914). Diplômé de l’université américaine McKinley, président de la South African Native Convention. En 1909, membre de la délégation qui se rendit à Londres pour contester les termes de l’Union Act (entré en vigueur en 1910). Candidat en 1912 à la présidence du South African Native National Congress (futur ANC). Cofondateur d’un journal d’East London, Izwe laBantu (« La voix du peuple »).
  • [9]
    1859-1921. Éduqué dans une école missionnaire du Transkei, il créa et dirigea le journal Imvo Zabantsundu (« Opinion Noire ») dans l’Eastern Cape. Milita pour la création d’institutions d’enseignement de haut niveau pour les Noirs, comme l’Université de Fort Hare, fondée en 1916. En 1919, il fut membre de la commission gouvernementale sur « l’éducation indigène » (« native education »).
  • [10]
    1855-1922. Pasteur presbytérien, musicien et auteur de pièces de théâtre en isiXhosa.
  • [11]
    1875-1945. Enseignant et écrivain, qui publia chansons, poèmes et hymnes. Auteur en 1941 de Italya Lamawele (« L’histoire des jumeaux »), l’un des classiques de la littérature xhosa.
  • [12]
    1885-1959. Fils de John Tengo Jabavu, formé en Grande-Bretagne et à l’Université de Fort Hare dont il devint le premier professeur noir. Il publia notamment : The Black Problem (1920), The Segregation Fallacy and other Papers (1928) ainsi qu’une biographie de son père.
  • [13]
    1871-1946. Reçut une formation d’enseignant et de prêtre aux États-Unis. Fonda en 1904 un journal influent en isiZulu, Ilanga Lase Natal. Cofondateur et premier président en 1912 du South African Native National Congress. Conduit en 1914 une délégation en Grande-Bretagne pour protester, sans succès, contre la mise en place du Natives Land Act.
  • [14]
    1875-1932. Bien que n’ayant pas fait d’études secondaires, Solomon Plaatje parlait couramment huit langues. Il tint un diary journal durant le siège de Mafikeng (1899) rendant compte de la vie quotidienne des assiégés. Il fonda un journal en tswana et en anglais, Tsala ea Batho (« L’Ami du Peuple »), qui parut pendant sept ans. Premier secrétaire général du South African Native National Congress. A traduit deux pièces de Shakespeare. Ses œuvres littéraires (Native Life in South Africa, 1916 ; Sechuane Proverbs, 1916 ; Mhudi, 1930) sont des classiques de la littérature sud-africaine.
  • [15]
    1904-1956. Enseignant, auteur de poèmes, nouvelles, essais et pièces de théâtre. Il créa des bibliothèques pour les Noirs dans l’actuelle région du Gauteng. Co-organisateur de la Ligue de la Jeunesse de l’ANC. Œuvre théâtrale imposante et largement d’inspiration historique : Chaka : A Tragedy, Dingane, Moshoeshoe, etc.
  • [16]
    A. Odhiambo (1999), p. 5.
  • [17]
    A. Odhiambo (1999), p. 10.
  • [18]
    A. Odhiambo (1999), p. 12-13.
  • [19]
    A. Odhiambo (1999), p. 5-6.
  • [20]
    S. Ndlovu (1998).
  • [21]
    S. Ndlovu (1999).
  • [22]
    O. H. Kokole (éd.) (1998).
  • [23]
    Né en 1933 au Kenya, Ali Mazrui a fait ses études supérieures dans les universités de Manchester, Colombia et Oxford ; il a été à la tête du département de Sciences politiques de l’université de Kampala (Ouganda), professeur de sciences politiques et d’études afro-américaines et africaines de l’université du Michigan, professeur à l’université Cornell, et il enseigne depuis 1989 à l’université de Binghamton (New York). Il est en outre vice-président de l’International Congress of African Studies (depuis 1978), de l’International African Institute (depuis 1987), du World Congress of Black Intellectuals (depuis 1988), etc.
  • [24]
    M. Mamdani (1996).
  • [25]
    M. W. Makgoba a fait parler de lui en 1995-1996 à l’occasion de l’élection d’un nouveau vice-chancelier à l’université du Witwatersrand, poste auquel il se porta candidat sans succès. Né en 1952, il est professeur d’immunologie moléculaire. Il a enseigné à Londres puis à la Royal Society d’Afrique du Sud. Voir M. W. Makgoba (1997).
  • [26]
    Les contributions ont été récemment éditées, préparant ainsi la deuxième conférence, qui devait se tenir les 1-3 octobre 1999 ; voir M. W Magkoba (1999).
  • [27]
    M W Makgoba (1997), p. 199-201.
  • [28]
    M. W. Makgoba (1997), p. 178.
  • [29]
    Kemet, Afrocentricity and Knowledge (Africa World Press, 1990).
  • [30]
    Les ouvrages référencés sont : The African Origin of Civilisation : Myth or Reality (1974) et Towards the African Renaissance : Essays in African Culture and Development 1946-1960 (1996), traduction anglaise de Alerte sous les Tropiques (Paris, Présence africaine, 1990).
  • [31]
    Né en 1942, K. K. Prah étudia à Leyde puis Amsterdam et enseigna en Allemagne de l’Ouest, à Amsterdam, à La Haye et à l’Université de Cape Coast (Ghana). Il dirigea le département de sociologie de l’université du Botswana (Gaborone). Aujourd’hui professeur de sociologie à l’Université du Western Cape, il est fondateur du Centre for Advanced Studies of African Societies (Cape Town).
  • [32]
    K. K. Prah (1997).
  • [33]
    B. Peterson (1999). Peterson prépare un ouvrage regroupant les interventions du séminaire.
  • [34]
    South Africa : Two Nations. Discours à l’Assemblée nationale lors de l’ouverture du débat sur la réconciliation et la construction nationale, Cape Town, mai 1998. Dans T. Mbeki (1998), p. 68-76.
  • [35]
    Voir par exemple V. Mavimbela (1998), p. 29-34. Mavimbela est soupçonné d’écrire une bonne partie des discours de Thabo Mbeki sur l’African Renaissance ; il est l’un des cinq membres de l’editorial board de T. Mbeki.
  • [36]
    N. Mandela, Speech at the African Renaissance Festival, mars 1999 (disponible sur le site www.anc.org.za), dont l’un des invités d’honneur était Coretta King, veuve du Révérend.
  • [37]
    A. Odhiambo (1999).
  • [38]
    Hintsa (c. 1790-1835), chef de clan xhosa puis, à partir de 1804, de l’ensemble des Xhosa. Symbole de la résistance xhosa au colonialisme, il fut pris en otage par les Britanniques et tué lors d’une tentative d’évasion.
  • [39]
    Sekhukhune (c. 1810-1882), chef suprême des Pedi entre 1861 et 1879. Vainqueur de la République sud-africaine du Transvaal, il mit aussi en échec la tentative d’annexion des Britanniques, mais fut défait en 1879 par une armée composée de troupes britanniques et swazi. Voir P. Delius (1998).
  • [40]
    Cetshwayo (1826-1884), roi des Zulu de 1872 à 1879, vainqueur de la bataille d’Isandlwana (1879) contre les Britanniques, puis battu quelques mois plus tard, capturé et emprisonné au Cap. Il fut autorisé à se rendre à Londres pour y rencontrer la reine Victoria qui lui restitua une partie seulement de son ancien royaume.
  • [41]
    Mphephu (c. 1870-1924), chef venda. Lorsqu’il succéda à son père Magato, il refusa de se soumettre à l’autorité de la République du Transvaal. En guerre contre ses différents voisins, il fut finalement battu en 1898 par les Boers et maintenu en captivité. Après la guerre civile, il se vit restituer une portion de son ancien territoire, au nord de l’actuelle ville de Louis-Trichard.
  • [42]
    Moshoeshoe (1786-1870), considéré comme le fondateur de la nation sotho. Dans les années 1820, il réunit sous son commandement plusieurs groupes sotho qu’il mena jusqu’au territoire de l’actuel Lesotho. Il fit la guerre contre les Zulu, les Ndebele, les Boers et les Britanniques. Le traité de 1868 signé entre Boers et Britanniques, qui fixait les frontières de la république boer, délimita du même coup le territoire sotho qui fut intégré à la colonie du Cap après la mort de Moshoeshoe.
  • [43]
    Ngungunyane ka Mzila fut à la tête du royaume de Gasa de 1884 à 1895. Ce royaume avait été fondé par Shoshangane dans les années 1820 dans le sud actuel du Mozambique. Voir C. de B Webb et J. B. Wright (éds.) (1986), note 375.
  • [44]
    Nongqause (1841-1898), prophétesse xhosa dont la prédication accompagna la destruction du royaume xhosa (1856-1857). Elle fut déportée à Robben Island.
  • [45]
    I am an African. Discours prononcé au nom de l’ANC lors de l’adoption de la nouvelle Constitution, Cape Town, mai 1996. Dans T. Mbeki (1998), p. 31-32, 35.
  • [46]
    Sur la construction du mythe de Shaka et les diverses manipulations qu’a subi son image, voir C. Hamilton (1998).
  • [47]
    Pour une critique de cette conception de l’histoire par un intellectuel sud-africain, voir W. S. Leroke (1999).
  • [48]
    Pixley ka Isaka Seme, « The Regeneration of Africa », dans T. Karis et G. M. Carter (éds) (1972), p. 69, cité ici d’après B. Peterson (1999), note 39.
  • [49]
    À partir du xviii e siècle, le terme « Africander » (plus tard « Afrikaner ») fut appliqué aux Créoles blancs nés au Cap par opposition à ceux nés en Europe et aux populations noires dites « natives » (« indigènes »). Le Landrost était le magistrat en charge d’un district de la colonie. Cette citation est référencée dans P. Coquerel (1992) ; voir également T. R. H. Davenport (1991).
  • [50]
    T. Mbeki, 27 juillet 1999, déclaration disponible sur le site www.anc.org.za
  • [51]
    T. Mbeki, T. (1998), présentation, p. xxii.
  • [52]
    E. W. Smith (1929), p. 4. Pour un travail critique sur cette biographie, voir T. Coombe (1984).
  • [53]
    T. Coombe, (1984), p. 10.
  • [54]
    T. Coombe, (1984), p. 16, 19.
  • [55]
    Partnership Africa. Déclaration à la conférence Partnership Africa, Suède, juin 1997. Dans T. Mbeki (1998), p. 205-210.
  • [56]
    The African Renaissance. Déclaration du vice-président, SABC-Gallagher Estate, Midrand-Johannesburg, août 1998. Dans T. Mbeki (1998), p. 296-300. La citation de C. A. Diop se trouve dans Civilisation ou barbarie (Paris, Présence africaine, p. 16).
  • [57]
    Voir V. Mavimbela (1998), p. 33.
  • [58]
    Africa’s Time Has Come. Déclaration au Conseil du Sommet africain Attracting Capital to Africa. avril 1997, Chantilly (Virginia, USA). Dans T. Mbeki (1998), p. 200-204.
  • [59]
    Né en 1944, journaliste de formation, magnat de la « presse noire », actuellement directeur et éditeur du magazine Enterprise (qui fait partie du groupe Mafube dont il est Chief Executer Officer) destiné aux décideurs du black business, T. Mazwai est également membre d’un conseil consultatif dont s’est entouré le président Mbeki.
  • [60]
    Homme d’affaires, Corporate affairs director des South African Breweries.
  • [61]
    Outre la presse écrite déjà mentionnée, la deuxième chaîne de télévision publique sud-africaine, SABC 2, est depuis un an ou deux LA chaîne de l’African Renaissance : générique affirmant que « The Soul of Africa that’s Us », programmation adaptée (documentaires, cinéma africain, émissions culturelles).
  • [62]
    T. Mbeki, interview au Sunday World, 7 mars 1999 : « In any case, the idea that you can have the renaissance in three, five or ten years is wrong. The European Renaissance covered 200 years. During 100 of those years Europe was immersed in wars ».
  • [63]
    Par exemple, le 12 août 1999, T. Mazwai se rendait dans ce but, accompagné de l’écrivain Wally Serote (ancien responsable du département « culture » de l’ANC), à l’université de Port-Élisabeth afin de s’adresser aux étudiants et enseignants.

Depuis quelques années, l’Afrique du Sud, encore en phase de transition, s’est mise à parler de « Renaissance africaine ». Ni idéologie à proprement parler, ni programme politique vraiment ficelé, l’African Renaissance procède avant tout de la conviction que des temps nouveaux pour l’Afrique sont arrivés, que le continent possède en lui les ressources de son développement, que l’espoir et les possibilités existent d’endiguer les fléaux qui la minent et dont la (néo)colonisation est responsable, et enfin que la corruption de ses dirigeants n’a rien d’inéluctable à condition de favoriser partout l’instauration ou le renforcement des structures démocratiques. C’est un discours résolument optimiste et positif. Loin de nier la réalité des problèmes actuels, il affirme qu’on peut la dépasser.
Ce n’est pas une idée véritablement nouvelle – et, d’ailleurs, sa prétention ne réside pas à ce niveau. L’African Renaissance tire ses origines de divers courants et tendances de l’afrocentrisme et du panafricanisme sud-africain, africain et de la diaspora. Ce thème répond aussi aux évolutions internes de l’ANC, accédant au pouvoir et se trouvant bien entendu – comme l’ensemble du pays – dans une situation nouvelle. Tout en essayant de réaliser son programme de reconstruction et de développement, le gouvernement d’unité nationale, avec l’ANC pour principale composante, a développé une rhétorique et une politique de réconciliation nationale ; c’est dans ce contexte qu’ont été utilisés les termes d…


Date de mise en ligne : 20/07/2018

https://doi.org/10.3917/kart.chre.2010.01.0385

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