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Chapitre 12. Retour, retournements, retours de bâton : expérimentations depuis le champ de l’art contemporain

Pages 193 à 203

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  • Malaquais, D.
(2026). Chapitre 12. Retour, retournements, retours de bâton : expérimentations depuis le champ de l’art contemporain. Dans
  • S. Cousin,
  • A. Doquet,
  • A. Galitzine-Loumpet
  • et D. Houénoudé
Afrique, musées, restitutions : Le temps du retour (p. 193-203). La Documentation française. https://doi.org/10.3917/ldf.cousi.2026.01.0193.

  • Malaquais, Dominique.
« Chapitre 12. Retour, retournements, retours de bâton : expérimentations depuis le champ de l’art contemporain ». Afrique, musées, restitutions Le temps du retour, La Documentation française, 2026. p.193-203. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/afrique-musees-restitutions--9782111576650-page-193?lang=fr.

  • MALAQUAIS, Dominique,
2026. Chapitre 12. Retour, retournements, retours de bâton : expérimentations depuis le champ de l’art contemporain. In :
  • COUSIN, Saskia,
  • DOQUET, Anne,
  • GALITZINE-LOUMPET, Alexandra
  • et HOUÉNOUDÉ, Didier Marcel,
Afrique, musées, restitutions Le temps du retour. Paris : La Documentation française. Musées-Mondes, p.193-203. DOI : 10.3917/ldf.cousi.2026.01.0193. URL : https://shs.cairn.info/afrique-musees-restitutions--9782111576650-page-193?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ldf.cousi.2026.01.0193


Notes

  • [1]
    Les collaborateurs de Youmbi sont Alassane Mfouapon, dont l’atelier est à Foumban, capitale du royaume bamoun ; Taku Papa Victor, du village Batchitcheu, dans la chefferie de Fondati ; Marie Kouam (chefferie de Bandjoun) ; et Taku Étienne Djoumbi (village de Balassié, chefferie de Bandja).
  • [2]
    En écho au film d’horreur éponyme de Wes Craven (1996), où apparaît un masque de ce type.
  • [3]
    À ce sujet, voir aussi FORNI S., « Masks on the Move : Defying Genres, Styles, and Traditions in the Cameroon Grassfields », African Arts, vol. 49, no 2, 2016, p. 38-53, p. 4.
  • [4]
    COLLEYN J.-P., Bamana, Milan, 5 Continents, 2009 ; COLLEYN J.-P., « Champ et hors champ de l’anthropologie visuelle », L’Homme, no 203-204, 2012, p. 457-480, ; p. 473 ; KASFIR S. L., « One Tribe, One Style ? Paradigms in the Historiography of African Art », History in Africa, no 11, 1984, p. 163-193.
  • [5]
    Ces bronzes sont l’œuvre du fondeur Papa Zouli (Foumban).
  • [6]
    MALAQUAIS D., « The Dripping Man : Art, the Ephemeral and the Urban Soul », African Arts, vol. 42, no 4, 2009, p. 28-41.
  • [7]
    J’emprunte le terme passeur, au sens de personne qui rend effective une transition, à l’historienne Erika Nimis (2015) qui, elle, l’emprunte à la romancière et réalisatrice Assia Djebar. NIMIS, E., « Passeuses d’histoires : des archives “minuscules” pour dire les silences de l’histoire algérienne », inLELAY M., MALAQUAIS D. et SIEGERT N. (dir.), Archive (re)mix. Vues d’Afrique, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, p. 39-53. ROYAL ONTARIO MUSEUM, « Of Africa : Histories, Collections, Reflections », 2014, rom.on.ca/ ; ASHOLT W., CALLE-GRUBER M. et COMBE D. (dir.), Assia Djebar, littérature et transmission, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2010, p. 9.
  • [8]
    FORNI S., « Masks on the Move : Defying Genres, Styles, and Traditions in the Cameroon Grassfields », African Arts, vol. 49, no 2, 2016, p. 38-53, p. 47.
  • [9]
    Sur l’action des marchands africains d’art « classique », FORNI S. et STEINER C. (dir.), Africa in the Market : Twentieth-Century Art from the Amrad African Art Collection, Toronto, Royal Ontario Museum, 2015.
  • [10]
    FORNI S., « Masks on the Move : Defying Genres, Styles, and Traditions in the Cameroon Grassfields », African Arts, vol. 49, no 2, 2016, p. 38-53.
  • [11]
    BUTLER S. R., Contested Representations : Revisiting Into the Heart of Africa, Ontario, Broadview Press, 2008.
  • [12]
    Royal Ontario Museum, 2014, op. cit.
  • [13]
    RYAN B., « Our Interdependency is Not about Love, It’s about Function », inRYAN B. (dir.), 9 Artists, Minneapolis, Walker Art Center, 2013. walkerart.org/
  • [14]
    FRASER A., « From the Critique of Institutions to an Institution of Critique », Artforum, vol. 44, no 1, 2005, p. 278-232, p. 281. Ma traduction.
  • [15]
    Cet intérêt de la part de touristes laisse présager d’importants effets en cascade. Il est à prévoir que cela captera l’attention de chefferies de la région, pour lesquelles la mise en patrimoine d’espaces, d’objets et de cérémonies représente depuis la fin des années 1980 un enjeu politique et économique significatif. C’est que la patrimonialisation, dans ce contexte, représente un levier d’action majeur. Cette action se situe à l’échelle régionale et nationale (tantôt concurrence, tantôt collaboration entre chefferies pour capter ressources politiques et économiques contrôlées par l’État ou, plus précisément, par le RDPC, parti de Paul Biya, au pouvoir depuis le début des années 1980 – voir à cet égard la proposition d’inscription sur la liste du patrimoine mondial, de « la Grande Case dans la chefferie traditionnelle des [hauts plateaux] », présentée en 2018 par le ministère des Arts et de la Culture camerounais). Elle se déploie également à l’échelle internationale (car permettant de structurer des liens cruciaux avec la diaspora camerounaise issue des hauts plateaux). À l’exemple des dirigeants du royaume bamoun, vive source d’influence pour eux depuis la fin du XIXe siècle, les chefs bandjoun en particulier se sont intéressés au tourisme comme vecteur de promotion politique et économique. En cela Bandjoun n’est bien évidemment pas seule. On trouvera dans les pratiques de patrimonialisation et de « touristification » des leaders politiques de la ville d’Osogbo au Nigeria, pratiques riches en inventions de la tradition (HOBSBAWM E. et RANGER T., The Invention of Tradition, Cambridge, Cambridge University Press, 1983), un parallèle tout à la fois frappant et instructif (COUSIN S. et MARTINEAU J.-L., « Le festival, le bois sacré et l’Unesco. Logiques politiques du tourisme culturel à Osogbo (Nigeria) », Cahiers d’études africaines, vol. 49, no 1-2, 2009, p. 337-364).
  • [16]
    Lors d’une séance du séminaire « Performer le politique », dans le cadre plus large du cycle multi-années « Dialogues Afriques », collaboration entre l’École des hautes études en sciences sociales et la Cité internationale des arts.

Penser la violence du pillage d’œuvres d’art sur le continent africain au cours de la période coloniale et dans son sillage, penser les possibles d’une réparation face à cette violence, passe par diverses formes de réflexion, d’initiatives et d’expérimentations. Parmi celles-ci : des propositions et projets d’artistes contemporains. Ces quelques pages sont consacrées à un travail du plasticien Hervé Youmbi qui, en binôme avec son compatriote et camarade performeur Hervé Yamguen, depuis le Cameroun et dans un mouvement qui embrasse plusieurs continents, pose des questions et des actes fondamentaux touchant la notion de retour. Retour comme restitution, certes, mais aussi comme aller-retour et comme retour de bâton, comme refus radical de se plier aux règles qu’imposent de longue date les disciplines eurocentrées de l’anthropologie et de l’histoire de l’art, ainsi que le marché de l’art auquel elles s’articulent.
Le travail dont il est question ici a pour titre Visages de masques. Il se déploie sur plusieurs années. Initié en 2013, il donnait lieu en 2015 à une première exposition, au Cameroun. On y découvrait une architecture éphémère faite de caisses en bois, du genre de celles qu’emploient les musées pour transporter les objets précieux. Certaines étaient debout, d’autres couchées au sol. Collée sur chacune, une photo d’un masque célèbre aujourd’hui conservé dans les collections du Quai Branly, du Metropolitan ou du Brooklyn Museum et reconnu comme chef-d’œuvre par les historiens de ce qu’il est convenu d’appeler l’art classique africain…


Date de mise en ligne : 21/04/2026

https://doi.org/10.3917/ldf.cousi.2026.01.0193

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