1. Était-il possible d’éviter cette guerre ?
- Par Serge Michaïlof
Pages 20 à 37
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Notes
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[1]
Peu après le premier discours du président Bush appelant à une guerre contre le terrorisme, son épouse fit une déclaration expliquant que l’objectif était aussi de libérer la femme afghane…
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[2]
The Inter-Services Intelligence.
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[3]
Voir Imtiaz Gul, The Most Dangerous Place. Pakistan’s Lawless Frontier, New York, Viking, 2010.
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[4]
Événements qui sont développés dans divers ouvrages dont je fais ici la synthèse, notamment : James F. Dobbins, After the Taliban. Nation-Building in Afghanistan, Dulles (VA), Potomac Books, 2008 ; Ahmed Rashid, Descent into Chaos. The United States and the Failure of Nation Building in Pakistan, Afghanistan, and Central Asia, New York, Viking, 2008 ; Carlotta Gall, The Wrong Enemy. America in Afghanistan, 2001-2014, Boston, Houghton Mifflin Harcourt, 2014 ; Seth G. Jones, In the Graveyard of Empires. America’s War in Afghanistan, New York, Norton, 2009.
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[5]
A. Rashid, Descent into Chaos, op. cit.
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[6]
Théologiens sunnites fortement influencés par le Wahhabisme et largement financés par le Pakistan depuis la guerre contre les Soviétiques.
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[7]
La Khyber Pass est un passage clé entre Pakistan et Afghanistan, une zone de trafics en tous genres…
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[8]
Obama écrit dans ses mémoires : « Les généraux reconnurent que l’élimination des talibans en Afghanistan était irréaliste » (A Promised Land, New York, Crown, 2020, p. 442). Sauf indication contraire, toutes les citations empruntées à des ouvrages anglais ont été traduites par mes soins.
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[9]
Nous disposons des détails du processus de formulation de la politique américaine à cette période grâce au témoignage de Vali Nasr qui a publié un livre particulièrement amer sur son expérience : The Dispensable Nation. American Foreign Policy in Retreat (New York, Random House, 2013) dont un long extrait fut publié dans un numéro spécial de Foreign Policy (mars-avril 2013) consacré à un bilan critique de la guerre d’Afghanistan.
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[10]
La position française au Mali de refus de principe d’une négociation avec des « terroristes » n’est pas sans rappeler l’attitude américaine en Afghanistan à cette époque, si ce n’est que les militaires français savent déjà très bien qu’ils ne parviendront pas à ramener la sécurité dans la région. Tout au plus pourront-ils limiter la liberté de mouvement des principales katibas. Alors pourquoi refuser de négocier, au moins discrètement, et surtout pourquoi ne pas avoir laissé les Maliens négocier avec Iyad Ag Ghali et le GSIM dont les objectifs politiques ne sont pas totalement déraisonnables ?
L’échec de l’armée soviétique en Afghanistan après dix ans d’une guerre extrêmement brutale, marquée par des bombardements indiscriminés et un mépris pour les « dégâts collatéraux » et les victimes civiles, n’aurait-il pas dû faire réfléchir plus sérieusement le trio Bush, Cheney, Rumsfeld en cette fin septembre-début octobre 2001 ? Ils préparaient une intervention en Irak. Était-il réaliste d’intervenir simultanément dans un pays montagneux, enclavé, compliqué, aux traditions guerrières bien établies ? Les États-Unis, alors seule hyperpuissance depuis la chute du mur de Berlin, mais frappés au cœur de Manhattan, n’ont-ils pas été victimes d’une sorte d’hubris ? Bref, cette décision d’intervention dans un pays déjà connu pour être le « cimetière des empires » n’a-t-elle pas été précipitée ?
La réponse est claire : cette décision a été manifestement précipitée pour deux raisons. En premier lieu, il y a eu une blessure d’orgueil. L’Amérique a été frappée et s’est retrouvée à terre devant les télévisions du monde entier. Nous avions un Président texan et le public demandait du sang. Dans une telle circonstance, le shérif doit non seulement se relever mais abattre son adversaire. Il y va du maintien de son rôle dans le monde et du respect qu’on lui doit. Mais il y a aussi eu une autre dimension qui est de nature climatique : mi-septembre 2001 nous sommes déjà presque en automne. Si l’on veut intervenir sans tarder comme le réclame l’opinion publique, donc avant la fin du printemps 2002, il faut le faire avant que les neiges ne bloquent les principaux cols…
Date de mise en ligne : 09/01/2023
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