Chapitre d’ouvrage

Conflits d'identification

Corps et dépression à l'adolescence

Pages 17 à 27

Citer ce chapitre


  • Jeammet, P.
(1999). Conflits d'identification Corps et dépression à l'adolescence. Dans
  • P. Gutton
Affliction : Monographie de la revue Adolescence (p. 17-27). Éditions GREUPP. https://doi.org/10.3917/greu.gutto.1999.01.0017.

  • Jeammet, Philippe.
« Conflits d'identification : Corps et dépression à l'adolescence ». Affliction Monographie de la revue Adolescence, Éditions GREUPP, 1999. p.17-27. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/affliction--2825706353-page-17?lang=fr.

  • JEAMMET, Philippe,
1999. Conflits d'identification Corps et dépression à l'adolescence. In :
  • GUTTON, Philippe,
Affliction Monographie de la revue Adolescence. Paris : Éditions GREUPP. Adolescence, p.17-27. DOI : 10.3917/greu.gutto.1999.01.0017. URL : https://shs.cairn.info/affliction--2825706353-page-17?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/greu.gutto.1999.01.0017


Anne est une jeune fille de dix-sept ans, grande, brune, plutôt attrayante et dont on pressent qu’elle pourrait être très jolie si une obésité certaine ne venait pas l’alourdir. Elle a une apparence plutôt contrastée, faite d’un mélange de recherche et de laisser-aller dans sa présentation, de chaleur et de brusquerie agressive dans son contact et son langage. De même, on est frappé par l’alliage d’une grande féminité sans sophistication qui la fait apparaître plus femme que jeune fille et d’une allure quelque peu masculine par sa lourdeur et sa brusquerie. Elle vient me voir poussée par ses parents parce qu’elle ne va pas bien et qu’elle est déprimée, surtout depuis deux-trois mois, juste après la réussite à son bac. Depuis cette date plus rien ne va, elle n’a goût à rien, ne sait absolument pas quoi faire ni vers quelles études s’orienter. Pour un rien elle pleure et la seule évocation de cette situation la fait pleurer à nouveau. Pendant près d’une année il ne se passera guère de séances sans qu’elle soit ainsi débordée par ses larmes et par des affects dépressifs.
Anne a un contact qui restera, même aux plus forts moments de dépression, toujours bon et chaleureux avec une grande qualité de présence et un regard vivant, droit et bien posé. Je sens qu’elle cherche en permanence à retenir ses larmes et qu’elle est humiliée et furieuse de ne pouvoir se contenir davantage. Ses pleurs resteront toujours bien inscrites dans la relation, mais sans qu’elle n’en tire aucune satisfaction ni bénéfice secondaire apparent…


Date de mise en ligne : 01/04/2012

https://doi.org/10.3917/greu.gutto.1999.01.0017

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