Chapitre d’ouvrage

Chapitre 6. Le gardien et l’ethnologue au palais de la Porte dorée. Regard ethnographique sur le parcours d’un agent de surveillance, gardien et passeur du lieu

Pages 129 à 144

Citer ce chapitre


  • Monjaret, A.
(2017). Chapitre 6. Le gardien et l’ethnologue au palais de la Porte dorée. Regard ethnographique sur le parcours d’un agent de surveillance, gardien et passeur du lieu. Dans
  • F. Mairesse
  • et A. Monjaret
Accueillir et surveiller : Les métiers du gardien de musée (p. 129-144). La Documentation française. https://doi.org/10.3917/ldf.maire.2017.01.0129.

  • Monjaret, Anne.
« Chapitre 6. Le gardien et l’ethnologue au palais de la Porte dorée. Regard ethnographique sur le parcours d’un agent de surveillance, gardien et passeur du lieu ». Accueillir et surveiller Les métiers du gardien de musée, La Documentation française, 2017. p.129-144. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/accueillir-et-surveiller--9782111454286-page-129?lang=fr.

  • MONJARET, Anne,
2017. Chapitre 6. Le gardien et l’ethnologue au palais de la Porte dorée. Regard ethnographique sur le parcours d’un agent de surveillance, gardien et passeur du lieu. In :
  • MAIRESSE, François
  • et MONJARET, Anne,
Accueillir et surveiller Les métiers du gardien de musée. Paris : La Documentation française. Musées-Mondes, p.129-144. DOI : 10.3917/ldf.maire.2017.01.0129. URL : https://shs.cairn.info/accueillir-et-surveiller--9782111454286-page-129?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ldf.maire.2017.01.0129


Notes

  • [1]
    Tous mes remerciements vont à Amédée Barakat pour son précieux témoignage et à Annick Arnaud pour la relecture éclairée de ce texte.
  • [2]
    C’est-à-dire au moment du passage du Musée national des arts d’Afrique et d’Océanie (MAAO) à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI).
  • [3]
    Une première enquête a été menée entre 2001 et 2002, à la veille de la fermeture du MAAO, avec Jacqueline Eidelman et Mélanie Roustan, dans le cadre des activités du Centre de recherches sur les liens sociaux (CERLIS) ; puis Mélanie Roustan et moi-même avons poursuivi le travail de recherche sur le palais, alors même que la CNHI avait ouvert ses portes, et c’est entre 2011 et 2012 que nous nous sommes attachées, dans le cadre d’un contrat pour le ministère de la Culture et de la Communication – Direction des patrimoines –, à étudier les métiers qui s’y exerçaient, et en particulier, celui de conservateur et celui de surveillant. Ces enquêtes ont donné lieu à plusieurs publications, citées au fil du texte.
  • [4]
    À ce sujet, voir notamment : Monjaret A., « Du bleu de chauffe au jean », art. cité.
  • [5]
    Eidelman J., Monjaret A. et Roustan M., « Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie, mémoire d’une organisation », Culture et musées, art. cité.
  • [6]
    Quand le Palais a accueilli dans ses murs la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, dédiée à la « mémoire de l’immigration », un renversement symbolique et narratif s’est opéré. Comment le Palais, héritage des colonies, pouvait-il avoir en charge la mémoire de ces hommes et femmes dont l’immigration est notamment une conséquence des politiques coloniales d’avant les indépendances. Un vif débat est alors amorcé autour de cette « incompatibilité ». C’est donc dans un climat de tension que la CHNI a ouvert ses portes. Pour plus d’information sur le sujet se reporter à « Vers un lieu de mémoire de l’immigration », Hommes et Migrations, n° 1247, 2004 ; Lafont-Couturier H. (dir.), « La Cité nationale de l’Histoire de l’immigration. Une collection en devenir », Hommes et Migrations, n° 1267, 2007 ; Bancel N. et Blanchard P., « Incompatibilité : la CNHI dans le sanctuaire du colonialisme français », Hommes et Migrations, n° 1267, 2007, p. 112-127 ; Green N., « Construire une collection, représenter l’immigration : la cité nationale de l’histoire de l’immigration », Hermès, n° 61, 2011, p. 131-137.
  • [7]
    Monjaret A., Roustan M. et Eidelman J., « Fin du MAAO : un patrimoine revisité », Ethnologie française, n° 4, 2005, p. 605-616.
  • [8]
    Fabre D. (dir.), Émotions patrimoniales, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2013.
  • [9]
    Monjaret A., « “Surveiller et transmettre” ? Être “gardien” au palais de la Porte dorée, histoire d’une transition », in Hottin C. et Voisenat C. (dir.), Le Tournant patrimonial. Mutations contemporaines des métiers du patrimoine, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2016, p. 159-181.
  • [10]
    Pour plus d’information sur cette histoire du palais, se reporter à Monjaret A. et Roustan M., « La repatrimonialisation du palais de la Porte dorée : du musée des Colonies à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration », in Mazé C., Poulard F. et Ventura C. (dir.), Les Musées d’ethnologie. Culture, politique et changement institutionnel, Paris, Éditions du CTHS, 2013, p. 101-126.
  • [11]
    Selon le titre du dossier coordonné par Anne Monjaret pour la revue Socio-anthropologie, n° 30, 2014.
  • [12]
    La muséographie de la CNHI repose sur ces trois volets.
  • [13]
    Depuis, le musée de l’Histoire de l’immigration a organisé une exposition sur les couturiers immigrés qui ont fait la renommée de la mode française : Saillard O., Fashion Mix. Mode d’ici, créateurs d’ailleurs, Paris, musée national de l’Histoire de l’immigration / Flammarion, 2014.
  • [14]
    Gruson L. (dir.), La Collection d’art contemporain, catalogue, SNEL, Cité nationale de l’histoire de l’immigration-Montag Éditions, 2011.
  • [15]
    Le groupe d’intérêt scientifique « Institutions patrimoniales et pratiques interculturelles », ministère de la Culture et de la Communication.
  • [16]
    GIS Ipapic, Visite-débat de l’exposition « J’ai deux Amours » présentée à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, le16 février 2012, compte rendu, 2013, p. 41.
  • [17]
    Rigaux E., « La place de l’art contemporain au sein du musée national de l’Histoire et des Cultures de l’immigration. Enjeux muséographiques et statutaires », mémoire de l’École du Louvre, 2010, p. 18.
  • [18]
    Cette dichotomie renvoie à la pluralité de figure de l’Autre (le colonisé et l’immigré) et à ses expressions muséales, en l’occurrence dans les deux établissements différents sinon opposés – le MAAO et la CNHI – hébergés au palais de la Porte dorée.
  • [19]
    L’Estoile (de) B., Le goût des Autres. De l’Exposition coloniale aux arts premiers, Paris, Flammarion, 2007.
  • [20]
    Fabre D. et Iuso A. (dir.), Les monuments sont habités, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2010.
  • [21]
    Foucault M., « Des espaces autres » (conférence au Cercle d’études architecturales, 14 mars 1967), Architecture, Mouvement, Continuité, n° 5, p. 46-49, in Dits et écrits, tome IV, texte n° 360, Paris, Gallimard, 1994 (1984), p. 760.
  • [22]
    Ces deux salons sont toujours meublés avec le mobilier d’origine, l’un est nommé salon « Lyautey » (ce maréchal l’ayant occupé) ou « d’Asie » (pour ses fresques), l’autre, salon « Paul Reynaud » (le ministre s’y étant installé alors) ou « d’Afrique » (pour ses fresques également).
  • [23]
    Ces salons sont une autre des traces de l’Exposition coloniale de 1931.
  • [24]
    Il s’agit de Jacques Chirac, à l’origine de la décision de transférer les collections du MAAO dans ce qui sera le musée du Quai Branly.
  • [25]
    Plusieurs panneaux laqués réalisés par Jean Dunand étaient présentés dans le hall du palais, ils seront retirés lors du chantier de la CNHI.
  • [26]
    Pour plus d’information sur cette occupation, se reporter à Monjaret A. et Roustan M., « Digestion patrimoniale. Contestations autour d’un ancien musée des Colonies à Paris », Civilisations. Revue internationale d ’anthropologie et de sciences humaines, n° 61-1, 2012, p. 23-42.

Les agents de surveillance, femmes et hommes, appartiennent à ces figures indissociables des musées. Ce lien leur vaut encore communément l’appellation de gardien de musée, bien qu’elle soit obsolète aujourd’hui. Et on peut même dire que les gardiens de musée concurrencent, dans les imaginaires, les conservateurs. Pourtant, bien souvent, pour le visiteur, ils apparaissent transparents. J’ai moi-même fait preuve d’indifférence à leur égard, les ignorant donc, avant d’intégrer un musée au début des années 1980, en l’occurrence le musée national des Arts et des Traditions populaires (MNATP), d’abord comme étudiante, puis vacataire et enfin chercheur. Dans le hall d’entrée, au détour des galeries d’exposition, dans les couloirs, il m’arrivait de les saluer. Mais, étonnamment, il ne me reste que des souvenirs flous et impersonnels de ces agents qui, en dehors de quelques-uns, ne semblaient se distinguer que par le port de l’uniforme. Sans doute était-ce l’effet de leur discrétion mais surtout de l’environnement dans lequel ils évoluaient – la scénographie des galeries culturelles privilégiait une atmosphère sombre pour valoriser les écrins lumineux des vitrines, et le parcours muséal se présentait comme une sorte de labyrinthe. Ainsi, les surveillants se fondaient dans le décor, invisibles et pourtant si présents. Il a fallu que je quitte ce « musée-laboratoire » en 2001, que je m’intéresse aux musées avec un regard davantage distancié, et non plus personnel, pour que cette catégorie d’agents prenne progressivement, aux yeux de l’anthropologue du travail que je suis devenue, une autre dimension et se mue en objet de recherche à part entière…


Date de mise en ligne : 04/04/2024

https://doi.org/10.3917/ldf.maire.2017.01.0129

Ce chapitre est en accès conditionnel

Cairn Pro Gestion - Ouvrages + Revues

380 € par an

10 000 ouvrages et 300 revues au cœur de votre métier

Acheter cet ouvrage

15,99 €

234 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)

Acheter ce chapitre

5,00 €

16 pages format électronique (HTML, PDF et feuilletage)
Déjà abonné(e) à Cairn Pro ? Membre d'une institution cliente ?