Chapitre IV. Les réformateurs ?
Pages 101 à 138
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- CERQUIGLINI, Bernard,
- Cerquiglini, Bernard.
- Cerquiglini, B.
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- Cerquiglini, B.
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Poursuivant dans l’audace, nous allons maintenant mettre en examen l’innocence elle-même : la réforme. Il est osé de rendre coupables de l’inertie graphique ceux qui s’emploient à la rompre : qui oserait imputer le conservatisme au mouvement ? Depuis toujours, les réformateurs sont animés des meilleures intentions. Ils se soucient de la langue française, qu’ils entendent munir d’une transcription fidèle et conforme à son idéal de rigueur et de clarté, confortant son rayonnement mondial ; ils se préoccupent de ses usagers, à qui il importe d’enseigner aisément la graphie simple et pratique que leur vie professionnelle et civique requiert. Portée par des idées généreuses de partage, de raison et de progrès, la réforme est dans l’esprit des Lumières ; on ne saurait donc l’accuser de seconder, même involontairement, les forces obscures de l’immobilisme.
Et pourtant… Tout inspirés qu’ils fussent des plus nobles desseins, les rénovateurs n’ont pas manqué de joindre à leurs impasses théoriques bien des erreurs stratégiques. Si la réforme connaît l’échec depuis des siècles, cela ne tient pas seulement aux divers conservatismes, luttes de pouvoir et conflits politiques ; la réforme elle-même, dans sa philosophie, ses objectifs, sa démarche, doit être mise en cause. Il nous revient de le faire.
Nous l’avons dit, Louis Meigret est le père de la linguistique française : il a publié en 1550 la première grammaire du français rédigée dans cette langue. Il est également et d’abord le père de la réforme orthographique, qu’il inventa, pourrait-on dire, dans son ampleur…
Date de mise en ligne : 04/03/2026
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